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 » La solidarité est passée de mode » : c’est ainsi que pourrait être résumée la réforme des systèmes de retraite. En remettant en cause la nature du système actuel de retraite du régime général, qui postule la solidarité entre les générations, et en voulant instaurer un « régime universel » fondé sur l’accumulation individuelle de points, le président de la République a clairement choisi le camp des « premiers de cordée » qui engrangeront un maximum de points et bénéficieront des meilleures pensions.

Comme au début de son quinquennat, il continue – mais cette fois sans le crier à la cantonade – de parier sur leur enrichissement et d’espérer que, par ruissellement ou par une sorte d’effet d’entrainement vertueux, tout le monde en profiterait.

La réalité lui a jusqu’à présent donné tort.

Bien entendu, cette réforme des retraites par essence inégalitaire, n’est pas présentée comme telle : au contraire, son slogan initial « à cotisation identique, retraite identique » a pu paraître séduisant à certains. Une centrale syndicale, jadis autogestionnaire, désormais « réformiste » et avide d’être aimée des pouvoirs en place, en approuve l’économie…

Mais, ça n’a pas suffi pour convaincre la majorité des salariés et plus généralement des français du bien-fondé de la démarche. Alors, les ministres du gouvernement, surtout ceux issus de la société dite « civile », dont la légitimité ne procède que du bon vouloir présidentiel, ont été mis à contribution pour tenter d’expliquer que ce changement de système était dicté par un seul souci, celui de l’équité, et que les opposants n’étaient que de médiocres défenseurs de corporatismes désuets.

Ça n’a pas encore suffi. Le déminage est une pratique qui ne s’improvise pas! Alors l’accent a été mis sur « l’insupportable » injustice des régimes spéciaux dont la justification ne serait qu’historique, aux yeux des réformateurs du nouveau monde. Leur coût brut présenté comme exorbitant par les ministres « compétents » serait supporté indûment par la Nation toute entière au travers d’une fiscalité qui a mieux à faire que de rémunérer des nantis!

L’exemple le plus frappant de ce pilonnage dévastateur et le plus ressassé fut celui de la SNCF, présenté de manière très tendancieuse, hors toute analyse contextuelle comme le type même de l’injustice aboutie…L’argument – je veux dire, le rideau de fumée – a d’ailleurs failli porter ses fruits puisqu’un certain nombre de personnes honorables, y compris des intellectuels amis éprouvèrent un touchant sentiment de révolte à l’idée que leurs propres enfants pourraient un jour financer des retraites de personnes « déjà trop payées », à des montants inespérés pour des actifs besogneux comme leur progéniture !

Mais là encore, la mise en avant de « l’insoutenable » injustice des régimes spéciaux et la mise en branle de tous les organes de communication du gouvernement ne sont pas parvenues à convaincre les français.

Elles sont « en train » de faire long feu, les travailleurs persistant majoritairement à soutenir les mouvements sociaux dans le pays; et ce, en dépit des perturbations des désagréments et des inconvénients qu’ils entraînent dans leur vie quotidienne…

Du coup c’est au Premier ministre – le premier des serviteurs du Président – de monter en ligne, en s’efforçant de prendre un peu de hauteur. Concrètement cela a consisté à délivrer trois messages : :

  1. Le premier relève presque de l’évidence consensuelle: une réforme du système des retraites est nécessaire pour tenir compte de modifications démographiques entre les actifs et les retraités, intervenues au cours des dernières décennies, du fait notamment de l’allongement de l’espérance de vie;
  2. Le second message/ argument, dicté par l’Elysée, postule que la seule réforme possible, est celle décidée par le Président, à savoir, l’instauration d’un régime « universel » par points. Un argument, dont même le ¨Premier ministre sait probablement dans son for intérieur qu’il est non seulement moralement discutable. mais qu’en outre il est mensonger. Rien ne permet en effet de prétendre que le système de retraite envisagé par le Président soit le seul possible pour assurer un équilibre durable entre le flux entrant des cotisations et ceux sortant des versements de pensions ;
  3. Le troisième message s’apparente à une menace : si cette réforme n’aboutit pas aujourd’hui, et que le corps social n’y consent pas de bonne grâce, elle se fera tout de même, mais dans la brutalité.

Néanmoins, pour adoucir son propos et soigner sa cote de popularité, le Premier ministre s’est déclaré prêt à négocier des concessions à la marge sur, par exemple, les échéances d’entrée en vigueur de tel ou tel aspect de la réforme ou sur les compensations accordées à telle catégorie professionnelle ou à tels métiers pénibles. Mais, en restant implacable sur le principe de la retraite par points, car le postulat est qu’il faut se débarrasser dans une sorte d’autodafé étatique, de la retraite par répartition .

A noter que le système par points qui n’est en rien comparable à un système par répartition, est déjà d’application dans le cadre des retraites « complémentaires ». Mais dans ce cas, sa vocation – et surtout sa signification – ne sont pas celles du régime général de base actuel …

Bref, c’est bien la question des retraites à points qui est au cœur de la crise actuelle, l’enfumage sur les régimes spéciaux n’étant qu’une manœuvre de diversion.

Et s’il y a crise avec tous les désordres qu’elle provoque dans le pays, c’est bien du fait de la volonté narcissique d’un seul homme élu par défaut, il y a un peu plus de deux ans. Cette question de la retraite à points excède donc très largement les interrogations légitimes que chacun peut formuler sur l’équilibre financier à long terme des caisses d’assurance vieillesse.

Au-delà d’un problème comptable, c’est d’abord et avant tout une question de société.

En matière de retraite, deux options principales peuvent effectivement être convoquées. La première « par points » privilégiée par le Président de la République, dispose que chaque travailleur s’occupe de son propre jardin sans trop se préoccuper du sort des autres.

La seconde option, la retraite « par répartition » considère au contraire que la collectivité de travail forme un tout indissociable de la collectivité nationale, au sein de laquelle doit s’exercer la solidarité entre les jeunes et les vieux. Cette seconde option porteuse d’un projet de civilisation auquel chacun est invité à contribuer par son travail, au moins pour une partie des richesses qu’il produit ou des services qu’il rend, doit en permanence être déclinée en fonction des contraintes sociologiques, démographiques ou économiques.

Si elle laisse apparaître certaines imperfections conjoncturelles nécessitant des adaptations et des ajustements, elle demeure pertinente pour tout humaniste et correspond, dans l’esprit comme dans la forme, au système mis en place après la Libération à l’instigation du Conseil National de la Résistance.

Concrètement, la retraite par répartition se définit comme un mécanisme de financement des caisses de retraite, alimenté par les cotisations des salariés actifs, au profit des pensions des retraités. Mais, avec leurs versements (les leurs et ceux versés par leurs employeurs en leur nom) les travailleurs actifs acquièrent ainsi des droits qui, le moment venu, leur permettent de bénéficier à leur tour d’une pension de retraite, financée par les actifs du moment. Le facteur primordial pour percevoir une retraite est la durée cumulée des cotisations et non spécifiquement leur montant. Il en résulte qu’à durée égale de trimestres validés, la pension de base « sécurité sociale » du régime général est en principe la même pour un cadre et pour un ouvrier…

D’un point de vue plus politique au sens noble du terme – gestion de la cité – le système de retraite par répartition prend acte du fait que la République est constituée de citoyens partageant, à travers le temps, un destin commun autour des trois principes de liberté, d’égalité et de fraternité…Aucune de ces valeurs n’ayant vocation à prendre le pas sur une autre.

Pour bien mesurer le changement de cap fondamental que le système par points opère, il convient de rappeler qu’en matière de retraite, les deux systèmes précités sont fondamentalement antagonistes ( on exclut ici de l’analyse le système assurantiel privé ou l’épargne laissée à l’initiative de chacun). Par nature, ces deux systèmes n’interfèrent pas, même si des variantes ou des métissages complexes imaginés par des esprits créatifs peuvent, sous certaines conditions, les rendre compatibles.

En réalité, l’un et l’autre manifestent des conceptions très différentes et même contradictoires de l’Ordre Public, et témoignent d’interprétations idéologiquement orientées des valeurs républicaines, notamment en ce qui concerne la cohabitation de générations contemporaines mais successives.

Tenter de substituer au système actuel par répartition un système par points n’est donc pas neutre !

Sous prétexte de modernité, détruire un système fondé sur la solidarité entre les générations apparaît inconvenant et est perçu comme un authentique recul de l’humanisme républicain à la française…

Et de surcroît le faire dans une période de notre histoire où la communauté nationale est en proie au doute et au questionnement sur sa propre identité, est non seulement une faute morale mais cela atteste d’une insigne maladresse. Alors que l’objectif devrait être de resserrer les liens entre les citoyens, de renforcer leur cohésion, le projet présidentiel préconise, de facto, le contraire, leur distension par la promotion d’un individualisme agressif et d’une individualisation outrancière. Et à ce titre, cette réforme est non seulement malvenue, elle est néfaste et rétrograde, la fraternité n’apparaissant plus que comme un mot à vocation cosmétique juste bon à figurer comme lettres mortes au fronton de nos mairies.

C’est la raison principale pour laquelle, le retrait du projet est un préalable pour les organisations syndicales qui entendent encore défendre une certaine idée de la solidarité. C’est la raison pour laquelle son adoption serait considérée comme une déclaration de guerre sociale.

Hormis la volonté narcissique de celui qui a imaginé cette « réforme du siècle », sans que personne ni probablement lui-même n’en ait véritablement mesuré la portée dévastatrice, force est de reconnaître que le système actuel combinant une retraite de base par répartition et des retraites complémentaires à points, donne satisfaction au plus grand nombre. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas le conserver,quitte à procéder aux aménagements indispensables pour assurer sa pérennité et corriger certaines dérives ou anachronismes, voire même des injustices flagrantes?

Pourquoi renoncer à un système conforme à nos valeurs au profit d’un autre qui manifestement ne l’est pas ?

Regrettable que, par la faute d’un ego présidentiel démesuré, il faille mettre le désordre dans le pays pour parvenir à cette conclusion de bon sens.

En attendant, il n’y a guère d’autre alternative que de soutenir la grève !

_____

PS : A l’inverse du système par répartition, le système universel de retraite par points, est fondé sur un cumul de points acquis à un salarié par ses cotisations. Chaque année un total de points lui serait alloué, qui cumulés sur sa vie professionnelle, détermine le montant de la pension, compte tenu de la valeur monétaire du point. Parmi les nombreux reproches qui lui sont faits, l’un porte sur les conditions de fixation de la valeur monétaire de ce fameux point qui, pour l’heure, ne sont pas connues en ce qui concerne le nouveau système. Eu égard au flou entretenu à ce sujet par le gouvernement, certains, à bon droit, nourrissent quelque inquiétude, car une variation autoritaire de la valeur du point pourrait plonger des populations entières dans la misère. Mais au-delà de cette interrogation, le bât blesse surtout sur le fait que ce système prétendument universel laisse délibérément tomber la solidarité entre les générations et même entre les différentes catégories sociales de travailleurs.

Notre père Maurice Pasquier (1926-2017) est décédé le 7 novembre 2017 dans le service des soins palliatifs du Centre hospitalier de Bligny dans l’Essonne. Conformément à son vœu réitéré à plusieurs reprises dans les derniers mois de sa vie, et formalisé par une carte qu’il portait sur lui, il fut transporté dès le lendemain matin au Centre du Don des Corps de l’Université Paris-Descartes à Paris dans le Quartier Latin non loin de l’église Saint-Germain-des-Prés.

Notre père était un altruiste, un humaniste philanthrope et de surcroît c’était un fervent catholique qui croyait en la survie des âmes et à la résurrection des corps… Mais en attendant, son souhait le plus cher était que ce corps décharné, affaibli et torturé par la maladie puisse encore être utile aux autres, et qu’il serve de support aux recherches conduites par les scientifiques, les médecins et les étudiants pour mieux appréhender et soigner les pathologies dont souffrent nos semblables… Et à travers ce don, contribuer à soulager l’humanité toute entière!

Telle était son utopie au moment où il est parti. Elle s’inscrivait logiquement dans la continuité de ses engagements passés de mari aimant, de père attentif, de copain et d’ami, de chrétien et enfin de militant syndicaliste et politique épris de justice sociale…

Il a été trahi, post mortem, par les mandarins de la médecine, ceux-là mêmes auxquels il faisait confiance en faisant don de son corps. Pour lui, ces désormais sinistres personnages représentaient la science désintéressée au service du progrès humain… La science telle qu’il l’aimait, porteuse de tous les espoirs de libération de l’homme des maux qui l’assaillent.

Pour nous, ses enfants, il est mort une deuxième fois ce 29 novembre 2019 lorsqu’on a appris l’innommable, la profanation probable de ses restes dans une salle de dissection ou dans un couloir nauséeux de l’Université Paris Descartes! Et nous n’aurions rien su de cet assassinat posthume par négligence ou perversion si une journaliste d’investigation de l’hebdomadaire l’Express (n°3569 semaine du 27 novembre au 3 décembre 2019), n’avait pas fait la lumière sur ce « charnier vivant au cœur de Paris » dans lequel notre père avait été certainement « entreposé » dans des conditions indicibles, deux ans auparavant!

Depuis des décennies, les responsables successifs de l’Université Paris Descartes, les présidents et les professeurs de la faculté de médecine savaient le sort réservé à la plupart des donateurs défunts. Tous savaient, y compris les plus prestigieux d’entre eux, les plus médiatiques, les plus éminents et souvent les plus moralisants des professeurs de médecine!

Ils connaissaient cette scandaleuse situation, mais ils détournaient pudiquement le regard… Ils se taisaient, complices ou artisans de ce crime odieux contre la morale. Contre l’idée même qu’en tant que gens civilisés on se fait du respect dû aux morts!

 » J’ai honte pour eux » écrit une de mes sœurs! Je partage ce sentiment. J’y ajoute la colère et j’enrage en réclamant justice au nom des miens contre ces gens méprisables qui ont abusé de nos morts, les ont démembrés sans état d’âme et ont même monnayé leurs organes.

Ils se moquaient de notre détresse et naïvement on gobait 

Ils nous ont en outre cocufiés lorsque, comble de cynisme, ils organisèrent une grandiloquente et rituelle  cérémonie du souvenir et d’hommage au cimetière du Père Lachaise pour nous vanter l’héroïsme, la beauté et l’utilité du geste de nos généreux défunts… Dans le même temps, ils laissaient pourrir leurs cadavres dans les locaux insalubres de l’Université, bouffés par les rats!

Ils ont violé ceux qu’on aimait en nous gavant de leur hypocrisie.

Ils prétendent aujourd’hui s’excuser… Nous nous en moquons et ne retrouverons la sérénité pour poursuivre notre travail de deuil, que lorsqu’ils auront été punis par la Justice de la République!

C’est le moins qu’on puisse attendre pour rendre hommage à la mémoire de notre père… dont on ne sait même plus où se trouvent aujourd’hui ses cendres, si tant est qu’il ait effectivement été incinéré!

On ne les croit plus. Ils ont avili la médecine qu’ils disent servir et pratiquer…

 

L’effondrement du pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn en Haute Garonne au petit matin du lundi 18 novembre 2019 est un drame qui ne laisse personne indifférent, tout d’abord parce qu’il a provoqué la mort de deux personnes, mais aussi, parce qu’il fait écho à notre propre expérience! En effet, qui n’a pas, un jour, éprouvé des frissons en ressentant les vibrations suspectes d’un tablier de pont suspendu au dessus du vide? Qui n’a pas frémi en circulant sur un pont chahuté par les bourrasques d’un vent violent?

En outre, un tel accident, insolite et effrayant, réveille nécessairement en nous le souvenir d’événements tragiques similaires, vécus par nous mêmes dans un passé lointain ou par nos anciens dans les siècles qui nous précèdent. Comme si, face à son exceptionnelle gravité et à ses conséquences, se rappelait à nous, surgissant du plus profond de nos inconscients, une sorte de traumatisme résilient se transmettant de générations en générations.

Ainsi, dans le drame de Mirepoix, au-delà de l’explication apparemment rationnelle et sans appel, qui, dès sa survenue, a mobilisé les antennes des médias d’information continue dans l’attente d’un autre « scoop » sensationnel, ce qui prime c’est notre compassion sincère et spontanée pour les victimes, auxquelles on s’identifie forcément un peu. Et bien sûr, notre empathie pour leurs proches!

Ces victimes nous ressemblent, tant par leur malchance, leur maladresse ou même par leur insouciance. Voire par leur imprudence coupable. Et peut-être plus encore!

En effet, il s’en est sûrement fallu d’un rien au cours de notre vie, pour que la fatalité ne nous ait mis, un jour, à la place de ces infortunés sacrifiés du hasard, et quelle nous ait broyé, comme eux, sans préavis et sans sommation, dans l’enchaînement tragique et infernal d’un cycle de circonstances, devenu soudainement mortifères.

C’est la raison pour laquelle le chauffeur sans doute fautif, parce qu’il a tenté le diable en franchissant le Tarn avec un camion trop lourdement lesté, mérite finalement autant notre apitoiement, en dépit de sa probable responsabilité, que la jeune adolescente qui, au seuil de sa vie, a péri dans une rivière en crue, prisonnière de la voiture de sa mère qui la conduisait au lycée. Sans même comprendre ce qu’il lui arrivait, elle allait impitoyablement mourir du fait de l’égarement passager et irresponsable d’un conducteur de camion, qui aurait cherché à gagner quelques secondes pour rejoindre un chantier. Tel fut le premier et le seul élément déclenchant invoqué officiellement pour expliquer cet inconcevable drame. N’empêche que les deux victimes sont désormais liées à jamais par la mort qui les a terrassées au même endroit au même moment dans les eaux tumultueuses du Tarn. Elle les a définitivement et prématurément réunies dans la souffrance et par l’impossible travail de deuil que leur disparition a infligé à leurs familles.

Mais, dans le même temps, alors que les autorités publiques venaient de déclarer doctement avec la mine affligée appropriée, que le facteur humain était très certainement à l’origine de la tragédie, elles assuraient, sans doute timorées à l’idée d’être accusées de négligence, que, comme en août 2018 après la rupture du viaduc du Polcevera à Gênes, tous les ouvrages routiers à risque seraient de nouveau contrôlés afin de vérifier leur état de vieillissement.

 

Pont de Mirepoix-sur-Tarn

Les enquêtes judiciaires et administratives ainsi que les expertises techniques détermineront les causes exactes et les responsabilités des différents protagonistes de cette tragédie. Ce n’est pas ici mon propos. D’ailleurs, l’enseignement du passé doit nous inciter à la prudence, car dans ce type d’accidents où l’émotion prend naturellement le dessus dans les toutes premières heures, l’affirmation trop hâtive de causes considérées comme évidentes et univoques, ne constitue généralement pas la seule explication possible.

Près de cent-soixante dix ans après, on ne connait toujours pas avec certitude la cause principale de la catastrophe du pont suspendu de la Basse Chaîne dans ma bonne ville d’Angers, le 16 avril 1850. Était-elle imputable au phénomène de résonance mécanique initiée par le passage au pas cadencé, musique en tête, d’un régiment d’infanterie, ou à l’oxydation des câbles porteurs entraînant la défaillance de leur amarrage au niveau des culées adossées aux berges de la rivière?

En fait, ces deux facteurs se sont certainement conjugués! L’un comme étant la cause première de la moindre résistance du pont, l’autre comme élément précurseur immédiat de ce désastre matériel et humain, au cours duquel deux-cent vingt trois fantassins du troisième bataillon du onzième régiment d’infanterie légère, et deux civils périrent dans la Maine dans des conditions atroces. Selon les témoins, après que les câbles eurent lâché à partir des piles de la rive droite (côté Doutre de ville d’Angers) et que le tablier se fut effondré, les soldats tombèrent les uns sur les autres, dans la rivière, au milieu des gravats et des pavés, en s’embrochant mutuellement avec leurs baïonnettes.

Un troisième facteur doit être aussi être regardé: la fatalité.  Pourquoi ce bataillon basé à Rennes et se dirigeant sur Marseille avant d’embarquer pour l’Algérie est-il passé par Angers plutôt que par Le Mans?

En outre, une fois parvenu à Angers en venant probablement de Segré et du Lion d’Angers, pourquoi a-t’il emprunté le pont de la Basse Chaîne au lieu du pont du centre – actuel pont de Verdun  – qui avait été entièrement reconstruit après la crue dévastatrice de la Maine de 1843…Ce choix du pont de Verdun aurait été plausible parce qu’il se situait dans le prolongement naturel de la rue venant du Lion d’Angers – la rue LIonnaise – et qu’en outre, le pont de la Basse Chaîne, bien que relativement récent (1839) avait déjà subi de sérieux avatars dès 1841 qui avaient entraîné son interdiction au public pendant deux ans.

Cet exemple montre que « l’arbre des causes » de ces catastrophes présente souvent de multiples arborescences et qu’il est donc beaucoup plus complexe que ne le suggèrent les médias dans les instants qui suivent un drame.

 

Le fait d’incriminer l’élément le plus aisément identifiable comme étant la seule cause d’un effroyable accident permet en général d’atténuer le sentiment d’irrationalité et d’impuissance qui s’empare des témoins sidérés, et par conséquent de canaliser la fureur populaire vers des présomptions de responsabilité prétendument irréfutables. Pour le pont d’Angers en 1850, c’est le passage au pas cadencé des soldats sur le pont et l’entrée en résonance de l’ouvrage qui servirent d’exutoire momentané.

L’explication paraissait en effet « logique ». Elle fut d’ailleurs la seule pendant longtemps à être retenue. Elle fut même confortée dans l’esprit de la population par une semi-vérité abondement répétée et qui consistait à affirmer que le drame de la Basse Chaîne eut pour conséquence directe l’interdiction pour les armées de défiler au pas sur un pont ! Dans la réalité, cette règle était déjà d’application depuis quelques années. elle fut juste rappelée avec force après l’accident.

Mais les idées reçues ont parfois la vie dure. Je peux, à cet égard témoigner du fait que dans les années soixante du siècle dernier, les professeurs de physique du lycée David d’Angers concluaient leur introduction à la mécanique vibratoire en évoquant le phénomène de résonance et qu’ils illustraient leur propos en citant la tragédie du pont suspendu de la Basse Chaîne. L’exemple local par excellence d’un objet matériel – en l’occurrence un pont suspendu sinistré – excité sur sa « fréquence propre ». En revanche, quand ils abordaient en chimie les questions d’oxydo-réduction, ils ne leur venaient pas à l’idée de faire allusion à la corrosion des ouvrages métalliques, et surtout de prendre un exemple particulièrement suggestif des dégâts que peuvent provoquer l’oxydation et la corrosion…

Disant cela, je ne dis rien car Dieu sait si je les ai appréciés, ces profs de physique-chimie du lycée David, qui ont orienté en grande partie mon destin!

En fin de compte, la mémoire collective n’a retenu de cet épisode douloureux de la Basse Chaîne, que le pas cadencé des militaires faisant vibrer le tablier du pont jusqu’à sa rupture, en oubliant que les câbles ont probablement lâché au niveau des culées d’amarrage oxydées du fait d’un entretien défaillant, avant que le tablier ne fut affecté de soubresauts d’amplitude croissante.

Plus d’un siècle après, ce drame demeurait immanent à Angers.

Pour ma part, c’est ma grand-mère maternelle (Adrienne Turbelier née Venault) qui m’y a sensibilisé et m’en a fait, la première, un récit circonstancié, sans d’ailleurs s’encombrer de considérations techniques qu’elle ignorait. Et ce, dès ma petite enfance alors que je l’accompagnais et que nous déambulions côte à côte à travers les allées du cimetière de l’Est,  » le Père Lachaise angevin » (selon la belle expression de Sylvain Bertoldi, conservateur des archives de la ville). Je sus ainsi, très tôt, que nombre de ces malheureux soldats avaient été inhumés ici le 18 avril 1850 en présence de Louis Napoléon Bonaparte.

Bien que n’étant pas elle-même, angevine de naissance, ma grand-mère ne manquait jamais – quand elle allait fleurir la tombe de son époux, mon grand-père – de faire un détour par la colonne commémorative de cette catastrophe érigée en 1852 ou 1853.  Je ressentais alors à son écoute un peu de cette émotion éprouvée par les Angevins, mes compatriotes en 1850!

Photo JLP

Le drame de Mirepoix-sur-Tarn intervient dans une autre époque.

Les moyens d’investigation pour comprendre ce qui s’est réellement passé, ont considérablement évolué… Demeurent malgré tout des interrogations de même nature sur les causes directes et indirectes de ce drame et sur les motifs de privilégier les unes au détriment des autres…Ou les intérêts de certains à brouiller les cartes!

Demeure également la question de la résonance et de la résilience de ces catastrophes dans notre cœur! Celle aussi du temps long pour accéder à une certaine vérité dans la sérénité et enfin celle de la rémanence et de la persistance des drames dans notre inconscient collectif!

Celle de la justice également… Mais là, il ne s’agit sans doute que d’une illusion, ou à la rigueur d’une utopie!

 

Le Boléro de Ravel

Nous ne savions presque rien de ses intentions pour « l’après » de ce jour où il nous quitterait.

Ce qu’on savait, c’est ce qu’on avait appris au cours de l’été 2017: on lui avait diagnostiqué un cancer incurable, auquel il s’attendait, disait-il! Dès lors, il se douta – et nous aussi – que le compte à rebours était désormais enclenché et que nécessairement le terme serait proche! Une affaire de semaines ou au mieux de quelques mois.

Chaque jour, on mesurait avec angoisse et une sorte de voyeurisme bienveillant et filial, l’évolution de ce mal dont avait été aussi victime son propre père, soixante ans auparavant. La maladie, sournoisement, alternait des phases de répit et donc d’espoir, de plus en plus brèves et d’autres de plus en plus fréquentes, où la souffrance et la fatigue, progressivement intolérables, demeuraient rétives à toute médication.

Tous, nous redoutions le jour où cette impitoyable échéance prendrait fin, cultivant, malgré tout, l’idée folle qu’il pourrait fêter en décembre avec toute la famille le soixante dixième anniversaire de son mariage avec notre mère.

Lui, parce qu’il était habité d’une foi de charbonnier, disait aborder sans crainte cette ultime étape de son existence, qu’il interprétait comme la promesse d’une renaissance éternelle dans les bras de son créateur. Nous, plus prosaïquement, nous n’y voyions qu’un basculement dans un incompréhensible néant sans doute infiniment plus complexe et inattendu que l’amour divin auquel il n’avait cesse de se référer!

L’heure n’était cependant plus aux controverses ou aux embrouilles métaphysiques; aussi, lorsque, sur son initiative, on évoquait sa mort prochaine, c’était plutôt sous forme de litote apaisante et complice, en nous efforçant de valoriser le bilan de sa vie, d’une vie qui, certes s’achevait mais qui, en dépit de ses dénégations, de ses regrets et peut-être de ses remords secrets avait été exemplaire et bien remplie.

On parlait donc de la mort avec légèreté, mais sans trop s’attarder comme s’il s’agissait d’un élément de décor, d’un prérequis contractuel ou d’une condition initiale et finale de l’existence, chacun gardant pour soi, son questionnement, ses certitudes ou ses incertitudes sur la transcendance: lui s’en tenait à la révélation divine, et nous à l’hypothèse parmi d’autres d’une chute sans fin dans un des insondables précipices, pleins de vide, de notre espace-temps!

Mais sur les modalités précises de la suite immédiate, sur les rites de passage dans l’autre monde, Maurice Pasquier (1926-2017), notre père, ne s’était confié à personne, sauf pour dire que c’est sa foi en Dieu qui avait orienté sa vie et qu’il souhaitait, par conséquent, que le jour venu soit organisée une célébration religieuse d’adieu, ou plutôt d’au-revoir. Il nous avait aussi informé de sa décision de faire don de son corps à la science et nous avait même sollicité pour l’assister dans les démarches administratives nécessaires.

C’était il y a deux ans. Ce qui devait être accompli le fut. Au mieux, selon nous, en espérant que, diacre et curé en piste, témoignages à l’appui, c’était conforme à ce qu’il aurait souhaité! Au moins dans la forme, sinon sur le fond!

Notre surprise fut donc grande, lorsque, tout récemment, en tentant de classer les nombreux manuscrits qu’il avait laissés, on découvrit des « directives » que l’on ne connaissait pas pour l’organisation de ses obsèques…

Il souhaitait en particulier que soit « joué Le Boléro de Ravel », en guise d’ » Introibo » dans l’église saint Fiacre de Massy! Il souhaitait également que soit lu, ce jour-là un ultime message qu’il avait rédigé à l’adresse de sa famille et de ses amis.

Par la force des choses, ces souhaits qu’il n’avait pas exprimés, n’ont pu être respectés à la lettre.

Ils ne les avaient pas formulés auprès de l’un de nous, et pour autant, il ne s’agissait pas d’une idée fugace, hâtivement inscrite sur le papier et ensuite abandonnée. Sur plusieurs versions ou réécritures, il reprenait la même trame pour cette cérémonie religieuse, et dans tous les cas, le Boléro de Ravel apparaissait en premier.

Ce choix d’une musique profane en préambule de la messe des morts pouvait d’ailleurs étonner de la part de quelqu’un de profondément croyant, militant chrétien assidu, et qui, en outre, ne passait pas pour un mélomane averti et compulsif. La suggestion d’un Requiem ne nous aurait en revanche pas étonnés! Non plus que nous aurions été surpris s’il nous avait demandé de ressusciter le répertoire du Père Duval (1918-1984), « la calotte chantante » de Georges Brassens et star des cercles angevins de l’Action catholique ouvrière dans les années soixante.

Combien de fois, l’ai-je en effet entendu chantonner le succès du jésuite à la guitare,  » Le ciel est rouge, il fera beau » les dimanches matin rue de Messine, concurremment avec le premier couplet du Chant des Partisans de Kessel et Druon!

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines …

Mais « Le Boléro de Ravel » ! C’est à peine si l’on se souvient que cette musique de ballet, envoûtante et lancinante, obsédante et répétitive, figurait parmi celles que notre père et notre mère écoutaient régulièrement à Angers sur leur électrophone Ducretet-Thomson.

Et pourtant, c’est cette musique qui sûrement évoquait un moment important de sa vie ou un émoi esthétique particulier et inoubliable, qu’il avait choisie comme préambule pour le rite de ses adieux…

Le « Ducretet-Thomson » de la rue de Messine

 

Nous l’ignorions lorsqu’il décéda le 7 novembre 2017.

Il avait formulé cette demande par écrit en espérant peut-être qu’on mettrait rapidement la main sur son manuscrit!

Ce ne fut pas le cas et ce n’est qu’en septembre 2019, que je pris connaissance, avec émotion, de cette requête, plusieurs fois réitérée dans les documents épars qu’il avait rangés en vrac dans une pochette.

Non seulement, il y faisait part de ses vœux pour ses obsèques, mais il y dressait aussi une sorte de bilan succinct de son existence, dans le même temps où il réaffirmait ses convictions de toujours et justifiait certains de ses choix.

Ces textes dont un seul est daté (du 2 juillet 2014) pourraient passer pour des brouillons si l’on prenait le parti de méconnaître les difficultés visuelles dont il souffrait depuis près d’une dizaine d’années. Ces bouts de texte, notamment les plus récents, font sens ensemble. A l’exception de celui de 2014, ils ont probablement été écrits dans les mois précédents son décès, d’une main qui n’était plus guidée par l’œil. En effet, quand il les rédigea, Maurice ne disposait manifestement plus que d’une vision périphérique, en raison d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge, en phase terminale.

Entravé dans la formation de ses lettres, de ses mots et de ses phrases, il ne discernait pas vraiment ce qu’il écrivait et était, par conséquent dans l’incapacité de retrouver spontanément où il en était si d’aventure, il levait la plume pour introduire une accentuation. Pour éviter de surcharger de gribouillis des pages déjà en partie rédigées, il aérait ses textes en recourant le plus possible à des pages vierges. Et in fine, ligne par ligne, il vérifiait la lisibilité de ce qu’il écrivait sur l’écran d’un lecteur grossissant couplé à une caméra!

L’ajusteur-outilleur, qu’il se targua d’être avec fierté jusqu’à son ultime souffle, vécut cette perte d’acuité visuelle comme une authentique mutilation. Jadis lecteur assidu, il ne pouvait plus lire à son rythme. Sa cécité partielle le priva en outre de la facilité et du plaisir d’écrire. Homme de meeting, peut porté sur la confidence intime, l’écriture était pourtant son mode d’expression favori.

Stoïquement il assuma.

En dépit de son infirmité, ses lignes, à l’écriture torturée, constituent un récit cohérent qui se situe à mi chemin entre un « testament moral » que Maurice voulait transmettre à sa descendance et une leçon de tolérance de la part de quelqu’un qui confesse s’être parfois trompé et qui se dit toujours en recherche de vérité! Il s’adressait aussi bien à ceux qui croient au ciel qu’à ceux qui n’y croient pas!

Malheureusement, rien de ce qu’il avait envisagé ne fut réalisé, le jour dit!

Hormis les prières ou les chants religieux qu’il recommandait spécifiquement pour la liturgie de la cérémonie mémorielle, certains de ces textes présentent un caractère intemporel…

Par fidélité filiale ou pour honorer une dette d’affection, dont nous ne sommes cependant que des débiteurs par héritage tardif, il m’est apparu nécessaire et même utile de les faire figurer ici, comme témoignages par lui-même, de ce qu’il fut et de ce qu’on lui inspirait.

 » A ma cérémonie religieuse, j’aimerais qu’à l’entrée on joue le Boléro de Ravel » 

Plus loin, il cite un autre chant, qui vérification faite, était celui des apprentis de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne pendant la seconde guerre mondiale.  

Peuple debout, il faut briser tes chaines et que l’argent ne fasse plus la loi. Il a engendré trop de haine. Peuple debout tu es fort, défends toi 

Enfin, sur une autre page, figure le message dont il aurait souhaité que je fasse la lecture au cours de la cérémonie à sa mémoire:

Pour la dernière fois, je m’adresse à vous, Famille et Amis.

Avec Adrienne, mon objectif a toujours été de maintenir l’unité de la famille.

Malgré nos divergences religieuses, politiques et de situation. vous avez toujours fait, avec Adrienne, notre fierté, notre joie, notre bonheur! Enfants, petits-enfants, arrière-petits enfants, vous avez tous participé à la réussite de notre vie. Gardez cette unité, gardez cette formidable vie de famille. Qu’il n’existe aucune rupture!

Vous en avez tous la responsabilité désormais.

« Aux amis! Beaucoup m’ont précédé dans l’éternité. Je vais les retrouver.

« Je vous remercie tous, car, tous, vous aussi, vous avez participé à notre bonheur et à nos engagements divers. Tous vous crurent en la personne humaine. Tous vous avez espéré dans un monde meilleur.

« Il faut briser nos chaines et que l’argent ne fasse plus la loi ». Voilà ce que nous chantions d’une même voix ensemble lorsque nous étions apprentis et jocistes.

« Merci à vous tous qui êtes présents.

« Et surtout, que personne n’oublie que la vie d’un homme, d’une femme vaut plus que tout l’or du monde… Que personne ne soit triste

Dans un autre document antérieur ou postérieur au précédent, Maurice précise:

« La cérémonie religieuse se fera au moment opportun, avant ou après la restitution de mes restes (qui d’ailleurs ne pourra pas avoir lieu, du fait du règlement sur le don des corps qui ne prévoit pas cette procédure).

« Cette cérémonie devra s’adresser autant à ceux qui ne croient pas qu’à ceux qui croient. L’important est de croire en la personne humaine, en sa dignité, et de se battre pour plus de justice. Si moi, je crois en l’éternité, tous nous croyons que les hommes et les femmes qui nous ont précédés, ont participé à la construction du monde dans lequel nous sommes, et qu’ils demeurent vivants dans les souvenirs.

« Avec Adrienne, nous nous sommes beaucoup attachés à ces valeurs et à l’unité de la famille dans sa diversité. Ma foi m’a toujours aidé (…) pour respecter ces valeurs de justice et d’amitié.

« (…) Que ceux qui seront présents ce jour-là, famille ou amis, n’hésitent pas à intervenir dans ce sens.

« Si cérémonie, il y a, qu’elle ne soit pas triste. Qu’elle se termine par une rencontre amicale avec famille et amis »

Après avoir lu et relu ces messages d’Outre Tombe, j’ai pensé que le moment était venu d’écouter vraiment le Boléro de Ravel! A tue-tête ou à plein pot jusqu’à atteindre, si c’est possible, les confins de l’Univers

L’écouter, le diffuser certes, mais l’entendre aussi d’une autre oreille qu’auparavant. Ce fut en effet la dernière musique sélectionnée par mon père, disc-jockey improvisé et inattendu de l’Au delà !

En attendant la suite, forcément crépusculaire et que j’espère éloignée, je sais, à l’exemple du regretté Pierre Dac qu’en dépit des vicissitudes de la condition humaine, je préfère sans barguigner, es qualité d’incorrigible mécréant, le vin d’ici à l’au-delà!

Papa ne m’en voudra pas! « Je t’aimais bien, tu sais » (Léo Ferré) …

Adrienne et Maurice – 10 octobre 2017 à Massy

 

Laïcité

Il y a cinquante ans, personne n’aurait imaginé que la question de la laïcité ferait encore débat quelques décennies plus tard, et qu’en outre elle diviserait à ce point la société française, jusqu’à lui faire douter d’elle-même. La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat semblait être un acquis indiscutable de civilisation à porter au crédit de la France, tel un précieux patrimoine national, marqueur identitaire de la République…

Désormais, ces temps paraissent malheureusement révolus, sous l’effet des coups de boutoir répétés et des provocations incessantes, émanant de dérives obscurantistes imputables à des doctrines religieuses sectaires, conquérantes et agressives, massivement implantées en France au cours de ces quarante dernières années.

Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur les détournements que l’on observe actuellement de la loi de 1905 et sur les interprétations tendancieuses qui en sont faites par des éléments extrémistes issus de populations qui se croient exclues du récit national. En tout cas, qui se refusent à le partager.

Alors que cette loi avait été conçue comme un acte de tolérance garantissant, à titre individuel, la liberté religieuse, et affirmant, à titre collectif, la primauté des valeurs et des principes de la République, certains hallucinés se réclamant de leur dieu ou d’écrits prétendument prophétiques, s’échinent malignement à en dévoyer le sens, pour en faire une arme politique destructrice au profit de leur folie cultuelle, et pour remettre en cause l’idée même de République. Laquelle, contrairement à leur prérequis idéologique pervers, accorde les mêmes droits et soumet aux mêmes devoirs, chaque citoyen ou citoyenne, sans interférer de quelque nature que ce soit, avec ses convictions philosophiques, métaphysiques ou sa perception de la transcendance, fût-elle naïve, pitoyable ou anachronique.

D’une certaine manière, la patrie – celle que nous chérissons – se retrouve ainsi en danger. En danger d’implosion, et avec elle, notre conception de la fraternité, de la liberté et de l’égalité citoyenne, notamment entre les sexes.

La controverse fait rage… Inutile par conséquent d’en rajouter… Par prudence, je m’abstiendrai même de le faire, car je sais que dans ce « nouveau monde » aux relents liberticides revendiqués, tout propos non conforme à la norme des « modernes » chasseurs de blasphèmes, peut valoir aux « profanateurs » livrés à la vindicte médiatique, une accusation infamante de xénophobie, de racisme et d’incitation à l’affrontement inter-communautaire.

Le soixante-huitard que sommeille toujours en moi et qui sommeillera jusqu’à mon terme, est évidemment effaré – effrayé même – par ces retournements spectaculaires et crépusculaires de l’histoire… Il comprend éberlué et nostalgique qu’il est désormais très loin le temps où il pouvait coller sur les murs de sa fac:  » Ne me libère pas , je m’en charge » ou encore:  » Je suis marxiste, tendance Groucho »…La causticité n’est plus dans l’air du temps! Ni même la lucidité…

Pourrait-il encore proclamer dans une assemblée générale, « Attention les cons nous cernent » sans encourir les foudres des modernes milices de la pensée, et sans être cloué au pilori pour délit de stigmatisation desdits cons?

Bref, je suis devenu précautionneux en matière de langage, surtout lorsqu’il s’agit de religion… ou de climatologie!

Dans ce contexte de peur où chacun, jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat pratique le déni de réalité et la complaisance mutique face aux menaces liberticides socialement mortifères de certaines pratiques confessionnelles délibérément séditieuses et attentatoires à la laïcité, il n’est pas inutile de rappeler – comme l’a fait récemment le Président du Sénat dans le journal du dimanche – cette belle formule d’Aristide Briand (1862-1932) ancien ministre et président du Conseil sous la troisième République, qui commentait en ces termes la loi de 1905:

 « La loi doit protéger la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dire la loi » 

Tout est dit… Il n’y a plus qu’à décliner…

Delacroix

Delacroix – La liberté guidant le peuple

Ce samedi 15 octobre 1938, les bruits de bottes de l’Allemagne nazie se faisaient de plus en plus menaçants. Les accords de Munich piteusement signés sous la pression d’Hitler – secondé par Mussolini, – quinze jours auparavant, le 30 septembre par la Grande Bretagne et la France, n’avaient évidemment rien résolu. Les deux grandes démocraties européennes représentées par le Premier ministre anglais, Arthur Neville Chamberlain (1869-1940) et le président du Conseil français, Edouard Daladier (1884-1970), ont rivalisé à la fois de fausse naïveté et de lâcheté.

Au nom d’une promesse fallacieuse de sauvegarde de la paix en Europe, la France et l’Angleterre ont ainsi abandonné la Tchécoslovaquie – les Sudètes dans un premier temps – à la sauvagerie nazie et aux appétits criminels et prédateurs d’Hitler, le führer démoniaque de l’Allemagne…

C’était il y a quatre-vingt un ans!

Winston Churchill (1874-1965), le vieux lion (successeur de Chamberlain) qui devint le héros de la résistance de la Grande Bretagne et de l’empire britannique, aurait dit à propos de cet épisode peu glorieux:

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. »

On connait la suite tragique de cet démission et ses funestes conséquences pour l’Europe et pour le monde…

Pourtant, il n’est malheureusement pas certain que toutes les leçons de cette pathétique farce diplomatique aient été comprises. Il semble même qu’elles été oubliées, lorsqu’on mesure l’impuissance aujourd’hui des démocraties, à faire entendre la voix de l’humanité, de la civilisation et de la morale face aux crimes de l’islamisme.

Les leçons du passé semblent vaines lorsque nos Etats, respectueux du droit, se limitent à de modestes réprimandes ou à des sanctions économiques qu’ils n’appliqueront qu’à reculons, à l’encontre d’un dictateur inflexible comme le président turc Erdogan. Lequel faisant fi du droit international, agresse et envahit le nord de la Syrie, son pays voisin, en vue d’y perpétrer un génocide presque revendiqué de la communauté kurde, que viscéralement il ne se cache pas d’exécrer!

Malgré tout, ce samedi 15 octobre 1938, ne fut pas qu’une journée annonciatrice de périls mortels.

Ce fut aussi une journée ordinaire qui, pour beaucoup, prit même le contre-pied du malheur en misant sur le bonheur et sur l’avenir. Ce fut le cas, en particulier, dans les familles, qui accueillirent, ce jour-là, un nouveau-né!

C’est précisément à cette date-là que dans ma bonne ville d’Angers, est née Marie-Thérèse Gallard, dernière d’une fratrie comportant déjà deux garçons, et plus connue par les lecteurs de ce blog, sous le pseudonyme de « Rose l’Angevine »!

Aujourd’hui, c’est son anniversaire et nous lui souhaitons le plus heureux et joyeux possible, entourée de l’affection de ses proches et avec ses amies.

Cousine germaine de ma mère, Rose est, depuis des décennies, une passionnée de généalogie, et à ce titre, elle est à l’origine de la plupart de mes billets sur l’histoire de notre famille…

Mais son horizon ne se limite pas à ses recherches sur nos aïeux communs. Il est et demeure beaucoup plus large, car elle cultive aussi avec soin ses relations avec nos lointains cousins d’Outre Atlantique, installés depuis des générations au Québec, qu’elle visita à plusieurs reprises…Et, elle est enfin une experte reconnue et talentueuse du patchwork!

Ce samedi 15 octobre 1938, quand elle ouvrit un œil curieux et interrogatif sur notre monde étrange et qu’elle prit pour la première fois son souffle, la météo angevine était – selon le Petit-Courrier, le quotidien local – semblable ( à peu près) à celle que l’on observe quatre-vingt et un ans plus tard…Ni chaud, ni froid, ni pluvieux, ni ensoleillé: automnal, avec le délire hystérique du « réchauffement climatique » en moins.

Hormis l’actualité internationale angoissante et les tensions en Europe et en Asie (déjà), rien de notable n’était à signaler à Angers… La ville vivait encore dans le calme d’avant la tempête, vaquant paisiblement à ses occupations habituelles, belle endormie provinciale à l’ombre de sa cathédrale, des tours de son château médiéval et de son tribunal, seulement distraite par les petits faits divers, les annonces légales, les nouvelles de l’état civil du chef-lieu et des cantons environnants, ainsi que des drames domestiques de chiens écrasés…

Sans omettre, les assemblées générales des amicales de jardiniers.

Le Petit Courrier de l’Anjou du 15 octobre 1938 -AD 49 – capture d’écran  

Un bonheur d’insouciance et d’inconscience du danger…

Rien de notable donc, si ce n’est, peut-être, parmi les événements sortant de l’ordinaire, un salon de la TSF qui ouvrit ses portes, ce jour-là. Salle Chemellier tout près de la mairie d’Angers. C’est justement là que le père de Rose dut se rendre, ce samedi, pour déclarer l’enfant à l’Etat civil! Il n’est pas douteux qu’à cette occasion Michel Joseph Gallard fit un « court » détour par le salon, car c’était un homme de progrès, fasciné par la radio et les transmissions par les ondes.

Ce n’est cependant que dans l’édition du Petit Courrier datée du lundi 17 octobre 1938 que la naissance de « Rose » fut mentionnée, mais de telle sorte que la méprise était permise sur la date exacte de l’accouchement…

En regard de la liste des bébés du jour, un encadré annonçait la projection au cinéma Le Vauban sur le boulevard Foch, d’un film Paramount de 1937 : « Une étoile est née ».

Juste et opportune observation!

Le Petit Courrier de l’Anjou du 17 octobre 1938 -AD 49 capture d’écran

Coïncidence?

En tout cas, une annonce en phase avec les circonstances, à moins que ce ne soit le vœu d’une fée bienveillante! Sûrement un présage sympathique et une perspective prémonitoire du destin de Rose !

Les étoiles scintillent!

 

PS: Pour moi qui suis parvenu à l’automne de ma vie, mais peut-être pas encore au crépuscule, ce jour du 15 octobre renvoie en outre à certains de mes plus lointains souvenirs, enfouis par un demi-siècle d’amnésie… Des souvenirs qui évoquent irrésistiblement  » les Passantes » de Georges Brassens…

Allez savoir pourquoi!

 

 

Selon le Petit Larousse, il y a coïncidence lorsque des faits surviennent simultanément. On évoque également la « coïncidence » lors d’une rencontre fortuite de circonstances sans relation apparente de causalité. La notion est donc beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. L’expression « point commun » n’est pas moins ambiguë puisqu’en tant que « qualificatif » elle renvoie à quelque chose de rare ou d’original et que comme « substantif », elle évoque une caractéristique ou une propriété « commune » entre des personnes, des événements, des lieux ou des objets.

Comme toujours, s’agissant de notions abstraites du langage courant, elles recèlent souvent aussi leur part de mystère (lequel, par hypothèse, échappe aux définitions dictées par le seul bon sens). En outre, elles sont souvent sources d’apories et ou de paradoxales contradictions… En effet, si d’aventure, on veut approfondir, on se trouve rapidement confronté à un univers de complexité. Lequel, tel une boîte de Pandore, n’offre guère d’autre alternative que de subir et d’espérer… Il n’est évidemment pas question ici d’ouvrir cette boite démoniaque.

On se contentera de noter de curieuses coïncidences et des points communs inattendus, sans trop philosopher à leur propos, ni chercher à se convaincre qu’ils pourraient être signifiants. En effet, pour éviter de se perdre dans d’hasardeuses conjectures, mieux vaut souvent – mais pas tout le temps – se contenter de constats amusants, que de vivre dans l’insatisfaction perpétuelle d’une recherche ontologique qui a peu de chance d’aboutir. On postulera donc a priori qu’ils sont « insignifiants ». autrement dit, qu’ils sont dépourvus de sens masqué.  Bien que…

Généralement, il semble en effet préférable de ne pas rechercher au-delà des apparences, bien que ce soit en se posant de « fausses bonnes » questions sur des faits triviaux n’intéressant que les curieux impénitents, que l’on découvre parfois des dimensions insoupçonnées de la réalité. Ainsi, c’est en s’interrogeant sur la meilleure façon de synchroniser des horloges géographiquement éloignées qu’Albert Einstein (1879-1955) s’intéressa, au début du siècle dernier, à la définition de la « simultanéité » de deux événements distants, et que, ce faisant, il fut conduit à remettre en cause l’idée d’un temps et d’un espace, absolus, dont pourtant on s’accommodait depuis la plus haute antiquité. Dans la foulée, il développa la théorie de la relativité « restreinte », puis « générale »! Et depuis, grâce à lui ou par sa faute, on se sait plus guère s’il faut distinguer l’espace et le temps, et surtout, on si l’un et l’autre ne sont que des « illusions tenaces », comme il le constatait amèrement à la fin de son existence!

Notre quotidien fourmille d’expériences simples de « coïncidences » provoquées comme la synchronisation saisonnière de la pendule comtoise de nos arrières-grands parents avec l’heure numérique de notre smartphone. On n’a bien sûr pas le moins du monde, conscience qu’en se livrant à ce petit exercice dans notre salon, on effectue une manipulation, dont l’explication la plus aboutie devrait s’appuyer sur les théories les plus récentes de la physique contemporaine…Cette ingénuité nous préserve de tout regret ou remord. Il est heureux que la connaissance de ces théories qui défient notre perception sensible ne soit pas un prérequis exigé pour mettre nos montres à l’heure. Sinon, nous serions plongé, à chaque fois, dans des abîmes inconfortables de perplexité!

Au jour le jour, la vie n’est cependant pas faite que d’itérations et de répétitions recelant les secrets de l’univers… Il arrive aussi que des « coïncidences » ou des « points communs » attirent opportunément notre attention sans qu’il soit nécessairement besoin d’en rechercher d’autre explication que dans le pur hasard… Quoique!

Notre expérience commune est riche de ces concours de circonstances, insolites, qui généralement agrémentent les anecdotes de fin de banquet, un peu à la manière des « anagrammes renversantes » citées par le philosophe et physicien Etienne Klein et par le pianiste, compositeur et poète Jacques Perry-Salkow dans un merveilleux petit fascicule (publié en novembre 2011) dédié à ce « jeu savant et loufoque qui consiste à mélanger les lettres d’un mot pour en former un autre »! Et peut-être par ce biais, de révéler le « sens caché des noms et des expressions »!

Que penser par exemple de l’anagramme de « Etre ou ne pas être, voilà la question » qui devient « Oui et la poser n’est que vanité orale » ? Ou de celle-là, plus troublante encore (parmi mille autres):  » L’origine du monde » et la « Religion du démon« !  »

Enfin, cette dernière anagramme, réconciliatrice de la science et de la poésie, mais aussi – espérons-le – prophétique:

 » La courbure de l’espace-temps… »  et « Superbe spectacle de l’amour« !  

L’émotion « esthétique » est de même nature lorsque nous sommes témoins directs d’étranges rencontres spatio-temporelles!  Ainsi en fut-il, lorsque j’appris que j’étais né le même jour calendaire que Jules Vernes, mais cent-vingt et un ans plus tard! Ce qui est remarquable, ce n’est pas tant la concordance des temps, en soi banale, qui procède d’une évidence statistique (nous naissons tous le même jour que beaucoup d’autres), mais l’émotion ressentie à l’annonce de cette coïncidence.

Comme si, en soi, elle faisait sens, ce qui manifestement n’est pas le cas! Deviendrait-elle néanmoins « signifiante », si pour singer le célèbre écrivain – faute de pouvoir rédiger à sa manière – je m’éteignais le 24 mars 2026, strictement au même âge que l’illustre nantais?  Confronté au néant, pourrais-je alors m’abandonner au délice de ce point commun coïncidant?

Dans l’ordre de ces occurrences curieuses, la disparition récente de Jacques Chirac (1932-2019) – largement commentée par les médias, notamment par les manchettes et articles du journal Le Monde – m’a fourni l’occasion de découvrir un étonnant point commun entre le destin militaire de l’ancien Premier ministre et celui de mon grand-père paternel Marcel Pasquier (1892-1956).

Qu’on en juge!

A la fin de l’année 1910, mon grand-père s’engagea dans les chasseurs d’Afrique et dès janvier 1911, se retrouva à Blida en Algérie comme cavalier dans le 1er Régiment des chasseurs d’Afrique… Il y demeura jusqu’au mois d’août 1912, date à laquelle son escadron fut cantonné à Souk El Arba dans la montagne non loin de la frontière marocaine…

Souk el-Arba, c’est précisément le poste qu’a tenu l’officier Jacques Chirac en 1956 à la tête d’un escadron de trente-deux hommes du 1er régiment puis du 11ème régiment (aujourd’hui dissous) de chasseurs d’Afrique. Dans ses mémoires publiées en 2009, l’ancien Premier ministre décrit l’endroit comme  » une zone sauvage, désertique, réduite à quelques maisons en torchis posés sur un promontoire, au sommet duquel on dispose d’une vue très large sur les oueds au sud et les plaines au nord. La mer est proche, à quatre kilomètres à vol d’oiseau mais difficile d’accès en camion militaire… » Un paysage que mon grand-père contempla…

Dans la cour des Invalides, le 30 septembre 2019, parmi les corps d’armée venus lui rendre les honneurs militaires, c’est donc tout naturellement qu’il y avait un détachement du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique (1er RCA), celui de mon grand-père…

Cette simple coïncidence ne devrait susciter aucune observation particulière. Elle atteste juste du fait, qu’à un demi siècle de distance, les deux hommes avaient fait leurs classes au combat dans le même régiment et en partie au même endroit, l’un comme chasseur à cheval de première classe, l’autre comme officier d’une cavalerie de blindés!

On pourrait – devrait – d’ailleurs s’en tenir là, si ce « point commun » n’en avait appelé un autre en écho.

A partir de 1916, mon grand père rejoignit la France pour combattre sur le front français et, après l’armistice de 1918, participer à l’occupation de la Rhénanie. A cette occasion, il fut muté comme cavalier et infirmier au 6ème Régiment de Chasseurs d’Afrique, le même encore une fois, que celui au sein duquel Jacques Chirac termina son service militaire en Algérie!

Carnet de route de Marcel Pasquier

N’ayant accordé qu’une seule fois mon suffrage à Jacques Chirac, en 2002, mais m’inclinant respectueusement devant le Président qui eut le courage de ne pas engager la France dans une guerre imbécile en Irak, et devant celui qui reconnut officiellement la lourde responsabilité de l’Etat français dans les rafles des juifs pendant la seconde guerre mondiale, je fus heureux de découvrir qu’en dépit peut-être de désaccords politiques, des éléments plus personnels – des points communs avec un être cher –  me reliaient à lui… Fussent-ils dérisoires…

Ce fut aussi l’occasion d’évoquer – une fois de plus ici – la mémoire de mon grand-père, Marcel Pasquier.

Comme quoi, finalement, les coïncidences hasardeuses, et les convergences qui n’en sont pas, ne sont pas toujours dénuées d’intérêt, même si elles ne flirtent pas avec « l’Universel »…

Quand je dis cela, je ne dis rien! D’autant que je sais que ce type de « dissertation » a peu de chance de devenir viral et d’inonder les réseaux sociaux de la planète, mais ça peut quand même distraire quelques secondes les très nombreux descendants actuels à la quatrième ou cinquième génération de Marcel Pasquier, et agrémenter les discussions familiales à l’heure des anecdotes rigolotes!

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