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Archive for the ‘Objets de mémoire’ Category

Admirer la Dordogne des rives de La Roche Gageac, c’est un rituel auquel on ne saurait se dérober! Mais ce ne fut jamais une routine. On a beau, depuis plus de quarante ans, repasser sans cesse à cet endroit, en toutes saisons, le panorama suscite toujours le même émerveillement, éveille toujours de nouveaux rêves et désormais ressuscite, mieux (au moins autant) qu’en tout autre lieu du Périgord Noir, le souvenir de ceux qui ne sont plus!

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Le gitan qui vendait ses paniers sur le quai dans les années quatre-vingt, jusqu’à parfois accrocher sa production aux grilles du monument aux morts, n’est plus là depuis longtemps. Et, non plus Mimi, notre demoiselle, tantine sautillante à talons hauts qui portait un béret pastel à la manière d’un chasseur alpin, et qui l’interpellait familièrement! Mais, au cœur de l’hiver, ils continuent de hanter l’esplanade surplombant la rivière, profitant sans nul doute du calme et du silence de la nature pour reprendre leurs quartiers d’antan. C’est le temps où les souvenirs peuvent s’épancher et se manifester sans entrave avant la furie touristique de l’été.

Les anglais d’avant le Brexit viendront sans doute encore. Progressivement ils prendront de l’âge et se presseront moins nombreux…Ceux d’après en auront désormais moins l’occasion! Mais, à la belle saison, les eaux de la Dordogne continueront néanmoins d’accueillir des aventuriers en sandales pour une croisière en gabarres jusqu’à Castelnaud-la Chapelle ou Beynac à la recherche improbable de la légendaire carpe, qui narguait les pêcheurs de l’avant dernier siècle…

Des nuées de canoës descendront la rivière, tandis que leurs occupants distrairont le temps concédé par une navigation facile, en mitraillant avec leurs Iphones ou Smartphones à tout faire, y compris et surtout des selfies, leurs propres bobines hilares dans le décor des collines riveraines coiffées de leurs châteaux féodaux, dont ils diffuseront immédiatement les images dans l’Europe entière. D’autres, moins aventureux ou plus botanistes musarderont à travers les ruelles à flan de rocher de la Roque, admiratifs du jardin tropical, éteint à la morte saison, avant d’aller se restaurer à la Plume d’Oie d’un menu périgourdin rapporté des brumes nordiques mais plus vrai que nature! A moins qu’ils ne préfèrent un autre bistrot moins coûteux.

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A coup sûr, l’imperturbable Dordogne continuera de rouler ses ondes impétueuses, sans se soucier de nos états d’âme… Immuable et irremplaçable reliquaire, elle évoque pourtant tant de moments précieux de notre jeunesse, et de joies simples et familiales dans ce lieu aujourd’hui déserté, si propice à la nostalgie…

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Il est encore temps d’en profiter avant que des ruées de touristes ne viennent troubler la quiétude de l’endroit dès les premiers vols d’hirondelles dans les charmilles des cafés du bord de l’eau. Pour l’heure, j’aime regarder vers l’amont, plus secret et sauvage.

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Il suffit parfois d’un rien pour réveiller la nostalgie : un tapis de marrons d’Inde à l’automne dans un square pour ressusciter une cour d’école primaire juste avant la Toussaint … Par exemple, ma « petite école » de Saint-Augustin, sise chemin du Colombier à Angers dans les années cinquante… avec ses instits laïcs en blouse grise et les frères de Saint-Gabriel en soutane discutant près du préau en nous surveillant du coin de l’œil!

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De simples feuilles mortes jonchant le sol font revivre les copains d’alors aux noms désormais oubliés! On se revoit échangeant des calots contre des images de joueurs de foot, qu’on se procurait à la boulangerie du Moulin rue Saumuroise en achetant des chewing-gum à cinq francs! Tous les footballeurs étaient convoités, mais ceux, français, de la coupe du monde 1958 en Suède, jouissaient de la cote la plus élevée. Des clichés de Raymond Kopa, la balle au pied ou de Just Fontaine le meilleur buteur  se troquaient « à prix d’or », sans compter celle du sélectionné angevin, Stéphane Bruey, l’avant-centre du SCO, qui nous signait des autographes à la sortie du stade Bessonneau…

L’âge venu, et avec lui, les désagréments qui lui font cortège, ces visions de circonstance ont même tendance à se multiplier dangereusement comme si toute occasion était bonne pour pleurer un passé définitivement révolu…Un passé magnifié qui, à l’aune de l’ère crépusculaire actuelle, apparaît comme un recours ultime pour apporter un peu de sérénité et de courage contre les affres du temps qui passe ! Au risque d’ailleurs de nous brouiller l’horizon et d’obscurcir l’avenir en nous faisant oublier que nous sommes toujours là! Bien vivants…

Le passé ne fut pourtant pas toujours aussi paradisiaque que nos souvenirs sélectifs ne le laissent entendre, et le futur ne sera probablement pas aussi catastrophique qu’on le redoute… Enfin on peut l’espérer, même si, trop souvent, une actualité oppressante et tragique – parfois tragi-comique et présidentielle – nous donne à penser que ceux qui devraient nous fixer le cap semblent l’avoir perdu quelque part du côté de la rue du Faubourg-Saint-Honoré ou sur les rives de la Méditerranée, berceau de notre civilisation.

Face aux menaces et à l’expression d’une certaine modernité qui nous déstabilise, la réminiscence du passé nous semble – bien qu’à tort – être une valeur refuge… Comment, par exemple, ne pas être interloqué lorsqu’on nous serine aujourd’hui que c’est l’éducation « rétrograde » de nos parents qui nous aurait privés d’une liberté fondamentale et réprimée, celle de choisir notre sexe… Comment, pauvres ignorants que nous fûmes, avons-nous pu nous accommoder jusqu’à ce jour d’un statut de fille ou de garçon, qui nous aurait été autoritairement attribué à la naissance sur la base d’observations physiologiques présentés dorénavant comme de second ordre? On conviendra qu’il y a de quoi être troublé lorsqu’on nous présente comme un diktat culturel et idéologique ce qui nous apparaissait jusqu’à présent résulter de l’évidence et/ou du seul caprice de la nature.

On frémit et on culpabiliserait presque à l’idée qu’on ait pu naïvement avoir été conçus « garçons » sans s’en plaindre ni s’interroger, alors que de doctes savants du genre nous enseignent désormais que la présence d’un appendice externe n’est qu’un attribut tout à fait secondaire de l’identité sexuelle! Si nous sommes ce que nous sommes, ce ne serait pas tant du fait d’un déterminisme biologique que par une sorte d’abrutissement culturel inculqué par nos aînés! Lesquels auraient imprudemment mis entre nos petites menottes des voitures Norev, des épées en bois ou des frondes en sureau, plutôt que des poupées Barbie! Ou nous auraient conduits à préférer la mécanique à la couture…

Dans ce contexte, les vespasiennes – attribuées abusivement à l’empereur Vespasien – installées dans les villes au dix-neuvième siècle, font figure de preuve à charge contre les obscurantistes machistes que nous étions sans le savoir. Ces urinoirs publics n’étaient en effet, destinés – par conception – qu’à la gent masculine… Mieux que tout, ils symbolisaient donc, aux yeux de ceux qui nous accablent, cette tendance culturelle ségrégationniste, franchouillarde  et inégalitaire, dénoncée avec force par les manitous et les suffragettes,  inspirés de la « théorie du genre ». Ce mobilier urbain, pourtant si utile aux buveurs invétérés, aux piliers de zincs, aux incontinents et autres prostatiques, était – selon ses censeurs – l’incarnation même de l’infamie méprisante de ceux qui ignorent délibérément les besoins de l’autre sexe qu’on qualifiait à l’époque de « faible ».

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Durant des décennies, ces « pissotières » républicaines – ouvertes à tous à défaut de toutes – ont agrémenté notre environnement urbain et habillé nos rues. Leur présence nous était aussi familière que notre sexe, sans que leur caractère profondément « injuste » nous ait jamais incommodé, pas plus d’ailleurs que l’odeur âcre d’ammoniac qui s’en dégageait lorsqu’on croisait dans leurs parages, a fortiori lorsqu’on en faisait usage…

Jamais, face à l’urgence, leur hygiène souvent douteuse et leur fréquentation « mal famée » à certaines heures de la nuit, ne nous ont fait reculer! Jamais, nous ne nous sommes plaints des difficultés d’évacuation imputables à l’entretien parfois défaillant de l’alimentation en eau et au débouchage hasardeux des bondes et siphons de vidange!

Un jour, dans les années soixante ou soixante-dix du siècle dernier, elles ont disparu de l’espace public, sans qu’on y prenne garde, rouillées par des milliers d’arrosages convulsifs, vaincues par l’explosion ininterrompue des règlements encadrant l’hygiène publique et disqualifiées par leur anachronisme sexiste provoquant! Leur présence n’était plus supportable en vertu du principe indiscutable de l’égalité des sexes et d’un service public approprié à tous les besoins.

Toutes les vespasiennes – ou presque – furent donc remplacées par des sanisettes unisexes, nettoyées après chaque usage. Ou remplacées, par rien du tout! On a même fini par les oublier! Et on a appris, en sautillant d’un pied sur l’autre, lorsqu’il était impérieux de se soumettre aux nouveaux rites, à s’enfermer de mauvais gré, contre monnaie sonnante et trébuchante, dans ces cagibis aveugles concédés à des sociétés privées, et posés derechef sur les trottoirs! On s’est habitué à tolérer l’arrosage intempestif de nos bas de pantalons, lorsque, par mégarde ou par somnolence, on ne parvenait pas à quitter le lieu dans le délai requis… Malheur en outre aux claustrophobes!

A de rares exceptions près, apanages désormais exclusifs de campagnes rétives et reculées, les vespasiennes d’antan ne sont plus du tout à l’ordre du jour des plans de rénovation urbaine… Elles seraient d’ailleurs, demeurées enfouies à jamais, dans les méandres secrets de mes souvenirs, si le hasard d’une promenade dans le parc public « des Célestins » d’une commune francilienne – en l’occurrence Marcoussis – n’avait porté mes pas, en quête de châtaignes, vers un mur sur lequel était scellée une plaque d’ardoise, en tous points, identique à celles, collectrices d’urine, qui équipaient toutes les vespasiennes de mon enfance, y compris celles, familières, de mon école et du patronage. Un macaron en précisait l’origine angevine – trélazéenne – et en suggérait même l’usage en cet endroit insolite et champêtre, qui, à n’en pas douter, fut autrefois dédié au soulagement des vessies masculines!

Abandonné aux rigueurs des saisons, ce modeste badge commercial – craquelé par le gel – persiste pudiquement, et dans l’indifférence des rares promeneurs qui s’aventurent ici, à évoquer ces « petits coins » oubliés, et à rappeler la vocation « sanitaire » trop ignorée de la « Commission des Ardoisières d’Angers »… Il fallait que cet « ex voto » d’un nouveau genre fût honoré comme il se doit! C’est l’objet de ce billet.

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Cette étonnante apparition à deux pas d’une école de musique, réveilla immédiatement le souvenir des « pissotières » de quartier de mes tendres années et de ceux qui, en sifflotant de contentement, en faisaient un usage conforme! Je me remémore en particulier, celles qui se trouvaient, il y a un demi-siècle encore, à l’angle de la rue du Haut-Pressoir et de la rue Saumuroise, non loin de l’église-basilique de la Madeleine d’Angers.

Leur emplacement incongru, adossé au mur d’enceinte d’une communauté de « bonnes sœurs », juste en face l’entrée du presbytère de la paroisse, m’avait fourni l’occasion dans le passé de proférer quelques plaisanteries faciles sur le détournement possible de l’ouvrage…Ce souvenir là aussi avait été gommé de ma mémoire jusqu’à ma récente découverte, soixante lieues plus loin, d’un témoin survivant de cette époque!

Nos chères pissotières ont désormais disparu. Celles qui subsistent seront prochainement classées à l’inventaire des monuments historiques… Mais les mauvaises odeurs et les « bruits de chiottes » continuent néanmoins de foisonner! En période pré-électorale, ils sont même très nombreux à les diffuser!

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Certaines de mes petites chroniques historico-familiales – enregistrées ici – sont parfois bouclées « en deux coups de cuiller à pot », en trois louchées de « Mont-Blanc » et deux lampées, comme à l’abordage…D’autres au contraire nécessitent de pénibles et souvent fastidieuses recherches documentaires et une certaine réflexion préalable. Et même l’aide de certains de mes lecteurs ou lectrices. Enfin, il y a une dernière catégorie, où tout paraît simple a priori, où tout pourrait se prêter d’emblée à une narration aisée – car le sujet parle à tous – et qui pourtant se dérobe pendant des mois, voire des années, cheminant inlassablement dans ma tête, sans que je sache par quel bout le prendre ! Sans même oser l’aborder…

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Et lorsque je me résigne à l’affronter c’est presque à reculons ! Comme si une sorte d’indicible pudeur – venue d’on ne sait où – m’en interdisait l’accès ! Jeanne d’Arc (1412-1431), héroïne à la fois de l’Eglise catholique et romaine et de la République française appartient à cette famille de figures obsédantes qu’on aimerait bien « posséder » par le verbe – faute de mieux – mais qu’on explore avec réticence de peur que les divers camps qui s’en revendiquent ne nous reprochent une partialité militante et apologétique en faveur de leurs adversaires! Comme si écrire trois lignes sur Jeanne d’Arc c’était déjà prendre parti et instrumentaliser la Pucelle d’Orléans

Quelle Jeanne, faut-il donc évoquer pour ne pas être accusé de faire le lit de ceux qui depuis près de six siècles se sont accaparés ses mânes et appropriés sa mémoire ? Brûlée vive sur la place du Vieux Marché à Rouen le 30 mai 1431, alors qu’elle n’avait pas vingt ans, elle fut par la suite écartelée par l’Histoire, récupérée tantôt par l’Eglise catholique qui mit cinq siècles pour la canoniser – le 16 mai 1920 – après un très long procès en béatification, tantôt par les républicains des divers bords qui virent en elle, dès le milieu de dix-neuvième siècle, une sainte laïque et une icône de l’unité nationale!

L’historien anticlérical et républicain Jules Michelet (1798-1874) a largement contribué à la légende de Jeanne d’Arc, cette petite bergère de Lorraine, « transfigurée » en symbole de la résistance française à l’envahisseur étranger, en l’occurrence anglais. Mais, dans le même temps, le très prude et réactionnaire Monseigneur Félix Dupanloup (1802-1878) – celui de la chanson! – envoûté par le charme divin et orgasmique de la donzelle, milita dès 1869 pour la reconnaissance de sa chaste sainteté ! C’est donc peu dire que Jeanne d’Arc fut hardiment tiraillée post-mortem par les uns et par les autres, qui d’ailleurs continuent toujours de se disputer ses cendres et les débris de sa cuirasse, en donnant aussi bien son nom à un navire-école de la marine nationale qu’à des institutions religieuses, à des lycées confessionnels ou à des écoles, voire à des mails ou à des avenues. Ma bonne ville d’Angers en a raffolé…

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De l’extrême droite nationaliste au socialiste Jean Jaurès, jusqu’aux modernes féministes et même aux apprentis fascistes des temps « modernes » – voire des endurcis criminels du passé – tous, à un moment où à un autre, se revendiquent de Jeanne d’Arc, s’en sont revendiqués ou s’en revendiqueront! Tout le monde l’aime en détestant ceux qui l’aiment! Sans doute, n’est-elle en effet qu’un mythe fédérateur – mais aussi clivant – de notre récit national, une illusion identitaire au même titre que nos pères, ces Gaulois de mon école primaire dont la moustache a inspiré celle des Communards et qui, à tort, sont tant décriés ces temps-ci, ou encore, d’autres figures peu ou prou chimériques qui colonisent nos mémoires, à mi-chemin de la réalité ou de la légende comme Clovis et Charlemagne ! Sans oublier les « rois fainéants » qui baladaient leurs lits sur les places publiques et appliquaient avant le lettre le principe des trente-cinq heures payées soixante-dix !

Dans ce fatras, Jeanne d’Arc – qui compte toujours parmi les grandes pointures de l’Histoire de France – fut-elle vraiment ce qu’on a dit d’elle, une jeune fille en proie aux affres de l’adolescence, qui entendait des voix en gardant ses moutons, la guerrière intrépide qui en imposait aux plus rudes soudards de son temps, une monarchiste fanatique qui voulait bouter les anglais hors du royaume et couronner un dauphin dépourvu de charisme, ou la séduisante sorcière, qui fit bander Monseigneur Dupanloup, dont les pairs, à la solde de l’ennemi, avaient ordonné l’exécution sur le bûcher, cinq siècles auparavant?

Elle ne fut sans doute rien de tout cela, et tout à la fois ! Elle demeurera à jamais l’énigme que soulignait avec éloquence de sa voix traînante et d’outre-tombe, André Malraux le 31 mai 1964 à Rouen – jour anniversaire de son supplice : « Ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants, n’importe tes vingt-mille statues sans compter celles des églises, à tout ce pour quoi la France fut aimée, tu as donné ton visage inconnu »!p1150894

Pour moi, Jeanne d’Arc, c’est d’abord cette statuette en bronze, réalisée à la fin du dix-neuvième par M. Reberg et fils, fabricants parisiens « d’articles de religion », qui trône depuis peu dans mon bureau aux côtés des bustes en plâtre de Victor Hugo et de Jean Jaurès…Cette proximité de rayonnage entre « mes » héros de chambrée, n’est pas le fruit du hasard. Elle fait sens comme une nécessité, en distinguant par son voisinage, celle, parmi les multiples reconstitutions de « Jeanne d’Arc », qui m’émeut le plus – l’incarnation de la Nation en armes – a contrario des autres! Ce faisant, je n’oublie pas, pour autant, les circonstances au cours desquelles elle fut offerte dans les années vingt du siècle dernier, à mon arrière-grand-père maternel Alexis Turbelier (1864-1942), un pilier de presbytère!

On peut supposer qu’elle lui fut octroyée en remerciement de l’ensemble de son oeuvre au service de la paroisse de La Madeleine d’Angers et de son clergé, en tant que titulaire des orgues de la basilique, en tant qu’acteur amateur dans la troupe théâtrale du « patronage  » et enfin en tant que sociétaire dès l’origine du « Cercle Jeanne d’Arc », créé sur l’initiative du chanoine Félix Fruchaud au printemps 1906, pour encadrer les loisirs de ses brebis mâles et éviter qu’elles ne s’égarent dans des chemins de traverse peu recommandables! (Plusieurs billets de ce blog évoquent ce Cercle catholique, qui s’est depuis longtemps sécularisé, qui existe toujours et continue d’accueillir une salle et un terrain de « boule de fort »)...

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Fabrique Reberg

Lors de l’inauguration du « Cercle », le 30 septembre 1906, le curé en confia la présidence à un militaire, le colonel Vouilleau et dans son discours, en présence de l’évêque du diocèse du Maine-et-Loire, souligna, que ce nom de Jeanne d’Arc, attribué à ce cercle forcément vertueux visait à glorifier « à la fois la religion et le patriotisme »: c’était peu de temps après la loi de séparation des églises et de l’Etat et douze ans avant la première guerre mondiale, le ton était donné! Presque une réconciliation entre le sabre et le goupillon!

Chaque année, par la suite, l’habitude fut prise de « célébrer la fête de Jeanne d’Arc en grande pompe »

Mon grand-père Louis hérita de cette statuette de « notre » Jeanne androgyne en tenue de chevalier, l’épée serrée sur sa poitrine. Puis elle devint la propriété de ma mère, aujourd’hui nonagénaire, qui me l’a concédée récemment!

Une occasion pour moi d’évoquer cette grande dame de notre histoire nationale et aussi régionale, qui m’a suivi comme une ombre depuis l’école primaire confessionnelle chez les « bons » frères de Saint Gabriel jusqu’au Lycée d’Etat David d’Angers! Plusieurs regards, plusieurs images pertinentes et impertinentes pour une seule et même femme! Une femme, certainement attachante et volontaire, en supposant qu’elle ait réellement existé! Peu importe d’ailleurs, l’important c’est d’y croire! Le mécréant que je suis, pense qu’il est sûrement de notre intérêt de croire en l’héroïne, sans pour autant se prosterner devant la Sainte « politique » que la papauté a voulu imposer au début du vingtième siècle, encore moins devant celle, perchée au dessus des bénitiers dans certains oratoires néo-sulpiciens de la fin de l’avant-dernier siècle! Inutile d’y brûler des cierges, je présume, compte tenu de sa fin tragique, qu’elle n’aimerait guère!

Cercle Jeanne D'Arc -Angers. Photo Maurice Pasquier

Cercle Angers. Photo Maurice Pasquier

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Un de mes anciens collègues, « ami Facebook » et néanmoins ami, a récemment mis en ligne – « partagé »  comme on dit désormais – l’étonnante photographie qui suit, d’un panneau d’affichage officiel de la municipalité de Péribonka au Québec, informant le « chaland » que le cimetière allait être aménagé…Probablement « réaménagé » car depuis la fondation du village en 1888, certainement que de nombreux défunts y reposent déjà et y coulent des « jours heureux » !

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Cette alléchante annonce est, en fait, un exercice classique de communication institutionnelle, à laquelle se livrent avec délice tous les édiles municipaux du monde dès lors qu’ils investissent trois francs six sous dans un projet quelconque à usage public; et ce, dans le dessein de montrer à leurs administrés qu’ils travaillent pour leur bien-être -versus – leur sécurité et que leurs impôts sont employés avec discernement.

En soi donc, cette pratique qui s’apparente à de la pub, n’est ni étonnante, ni exceptionnelle. On peut même affirmer que cette ficelle est tellement grosse et usée, qu’elle peine généralement à détourner l’attention ou ralentir la marche du badaud qui préfère vaquer à ses occupations plutôt que de s’attarder dans la lecture d’une indigeste langue de bois sur planche en aggloméré!

A Péribonka, l’opération d’aménagement du cimetière ne semble pas financée par d’autres partenaires que la municipalité elle-même, via son délégataire, son propre service des sports et des loisirs. En France, l’occurrence d’un opérateur unique pour de tels travaux de confort mortuaire serait rarissime, en raison du mille-feuilles territorial qu’aucun pouvoir central n’est jamais parvenu à diagonaliser (au sens matriciel du terme) ni même à simplifier depuis des décennies. Dans l’hexagone, un citoyen, un peu fouille-merde, qui d’aventure s’aviserait d’identifier les commanditaires d’un projet « aussi ambitieux » – ne serait-ce que pour les féliciter de la pertinence de leurs priorités – devrait sans doute s’attacher les services d’un secrétariat particulier pour décliner la longue litanie des bienfaiteurs administratifs qui œuvrent avec un remarquable dévouement au bien public! Et il s’apercevrait in fine, qu’il est le seul financeur !

Dans notre petit village, où vivent moins de six-cent âmes, près du lac Saint-Jean à deux-cent kilomètres au nord de Québec, on se préoccupe de la vie des morts et des vivants à la bonne franquette! Entre soi, sans faire appel à l’extérieur. Et sûrement que les trépassés ne manquent pas d’alerter les vivants sur leurs besoins post-mortem… Et vice versa, conformément à la tradition des oraisons privées.

En fait, ce qui enchante et surprend un tantinet de la part de nos amis québécois de ce sympathique hameau de notre Belle Province, qui a servi de cadre au roman « Maria Chapdelaine », ce n’est pas tant le principe de l’affichage que la motivation du projet.

Selon cette municipalité du bout du monde, l’aménagement programmé du cimetière est justifié par la volonté d’améliorer la « qualité de vie »!  Cette formulation, dont on ne sait au juste si elle s’adresse aux occupants du lieu ou à leurs visiteurs, flirte avec l’oxymore. « Au-delà », elle consomme même et peut prêter à sourire. On peut d’ailleurs supposer que c’est dans le but de dérider les zygomatiques de ses amis que mon jeune collègue de jadis a diffusé la photographie de ce curieux panneau… Ce fut effectivement mon premier réflexe. Et celui de beaucoup d’autres internautes qui ne manquèrent pas d’assortir leurs commentaires d’un smiley rigolard!

Et pourtant, est-ce si ridicule de rendre un cimetière agréable à vivre? Evidemment non, si l’on songe aux veuves éplorées qui viennent fleurir les tombes de leurs défunts époux, chasseurs de fourrure et parés de toutes les vertus des coureurs de bois. Au nom de quoi devraient-elles, en plus de leur deuil et de leurs voilettes désormais virtuelles, piétiner dans la gadoue d’allées mal entretenues d’un cimetière? Evidemment non si l’on pense à ces petits-enfants qu’on traîne dans les nécropoles pour honorer la mémoire d’aïeux dont ils se gaussent comme d’une guigne en pianotant sur leurs tablettes, et qui trouveraient la balade encore plus insupportable si les lieux suintaient la déchéance de la vie, face à des stèles enfoncées, des sépulcres craquelés et des caveaux à « ciel ouvert »! Quoique.

Evidemment non, si l’on veut bien se rappeler avec un brin de nostalgie des petits cimetières de campagne, lieux de convivialité, implicitement évoqués par Georges Brassens dans les « Funérailles d’antan » … Lieux de vie, finalement, dont le chanteur déplore qu’ils disparaissent, engloutis comme et avec les défunts. Faute de temps et d’envie pour les soustraire par le souvenir au néant éternel qui nous aspire aussi, les modernes macchabées ne sont plus guère exfiltrés « dans les formes » du monde des vivants. C’est-à-dire, rituellement sans précipiter le retour en poussières, avec un brun de causette et une petite sauterie après l’inhumation… Mais, cela nécessite aussi que les cimetières ne nous cassent pas le moral.

Loin d’être un slogan aguicheur et « facile », l’apostrophe de la municipalité de Péribonka est donc une invitation à mieux vivre entre nous tous, à philosopher sur la mort avec ceux qui sont partis. C’est en réalité un hymne à la civilisation auquel ne peut être insensible le gamin que je fus, qui prenait plaisir autrefois à commenter les tombes du cimetière de l’Est à Angers en compagnie de sa grand-mère maternelle. Autant alors que le décor s’y prête et favorise cette errance dans le temps!

Dans le cimetière de Péribonka, qu’il m’étonnerait que j’arpente un jour, se trouvent peut-être encore les sépultures d’Edouard Niquet (1845 -1936) et de son épouse Mélanie Boisvert qui, les premiers, firent souche ici à la fin du dix-neuvième siècle!

Edouard en fut le premier maire!  Ayant moi-même pour aïeux au début du dix-neuvième siècle, une lignée de « Niquet », j’ai nourris, un instant, le futile espoir d’un lointain cousinage. Las! Les miens étaient tous originaires d’Anjou depuis (au moins) le milieu du dix-septième siècle, alors que le premier émigrant – ancêtre d’Edouard – René-Pierre Niquet (1642-1722) était né à Brizambourg en Charente-Maritime. De sa Saintonge natale, il partit pour le Canada vers 1663 et débarqua à Trois-Rivières. Nos aïeux sont certes homonymes, mais juste reliés par l’homme de Cro Magnon! C’est déjà ça. Dommage quand même …

Regrets éternels!

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Le Jardin du Luxembourg, c’est comme un livre d’histoire…Comme un boulingrin de verdure en plein cœur de Paris, qui nous renvoie au détour de chaque bosquet, à notre histoire, celle intime de nos émois étudiants, de nos amours perdues à peine entrevues, de nos réconciliations sans lendemain et des serments qui durent par la force des choses, mais c’est aussi celle de Jules Michelet (1798-1874), apprise sur les bancs de l’école primaire, dans les années cinquante du siècle dernier. Celle qui nous a appris que Paris fut Lutèce, et que, par convention librement consentie, notre signe de ralliement était la moustache de nos aïeux gaulois!

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Ainsi, pénétrer dans le Jardin, c’est sautiller à pieds joints dans un univers préservé du temps, qui nous raconte la France de la vieille Europe des rois et des reines, ainsi que ses gloires immortelles et parfois fanées des anciennes républiques…C’est aussi s’imprégner de l’esprit de Lutèce et du Paris des Misérables, du romantisme du quartier latin tout proche, et même prendre le risque de croiser non loin du bassin central, l’ultime regard de fusillés de la Commune. Il serait possible, dit-on, d’identifier sur la muret du supplice, les traces désormais ténues des balles sur les pierres éclatées…

C’est enfin l’occasion de retrouver les délicieux poètes parnassiens de la Belle Epoque, dont nous autres, petits écoliers de la province angevine, nous apprenions par cœur, des strophes dans les années cinquante!

Ce sont les rimes riches d’un François Coppée (1842-1908), poète buissonnier du quartier, qui traversait chaque matin le Jardin pour se rendre en classe, qui nous firent découvrir l’âme et l’air de la « capitale »! Étrange parfum à l’image de la France, et qui, notre imagination aidant, constitue encore le socle de notre passion pour ces lieux! Un mélange composite, fruit de notre délire, d’odeur de craie poussiéreuse, de sueur de soutane d’instit’ mulotin du Bas Poitou, d’âcreté douceâtre d’une éponge mouillée sur un tableau noir maculé de barbouilles et d’effluves suaves de feuilles mortes de marronniers d’Inde, humidifiées par la rosée… Et d’humus nourricier annonciateur des prochaines floraisons. Il suffit de franchir la grille pour raviver ces lointains souvenirs d’un Paris chimérique qui fait toujours rêver.

T’en souviens-tu, vieux banc sur qui j’allais l’attendre,
La petite blondine au regard fin et tendre
Par qui mon coeur naïf voulait se croire aimé?
Quand je passe par là, dans certains jours de mai
Où l’haleine des fleurs semble plus odorante,
Je revis les bons jours de notre idylle errante.

(extrait de « au Jardin du Luxembourg de François Coppée)

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Plus qu’un « jardin des plantes », plus encore qu’un « parc d’attraction ou de loisir », c’est un jardin primordial, édénique et vivant, qui s’adresse à toutes les générations d’où qu’elles proviennent! Un patrimoine commun qui nous parle de musique, de poésie, de littérature et de botanique – ou même de « rien » si l’humeur nous prescrit de ne rien en attendre, sauf d’être là – mais toujours avec la même élégance et la même délicatesse, dans le respect de tous ses hôtes, promeneurs solitaires, sportifs ou vieillards chenus, amoureux transis, employés pressés ou nostalgiques du passé, et touristes pressés de Cochinchine ou réfugiés d’Afrique équatoriale.

La magie réside pour partie dans l’alchimie de cette cohabitation pacifique – pacifiée – de populations multiples qui communient à la beauté et à la sérénité des lieux. Mais le jardin est aussi un conservatoire à ciel ouvert de l’art de vivre à la française, imprégné de l’esprit de sa ville et loin de ses tumultes… Refuge privilégié des oiseaux parisiens et de leurs idylles, havre de paix et de respiration pour tout ce qui vit, il se présente, à l’image du Sénat dont il dépend, tout en mesure et pondération, en égale harmonie avec le monde d’aujourd’hui et celui d’hier, à la fois inutile et indispensable, simple et sophistiqué, populaire et précieux, comme une parenthèse ou comme des guillemets d’authenticité!

A l’automne, plus qu’en toute autre saison, flâner dans les allées jonchées de feuilles chamarrées du Jardin du Luxembourg est un plaisir subtil, presque hédoniste et en tout cas, un bonheur d’esthète, fût-il seulement du dimanche! C’est le temps où les jardiniers du Sénat s’affairent pour protéger la végétation tropicale et la diversité botanique des rigueurs redoutées de l’hiver, et pour préparer la flore au repos hivernal. La ramure mordorée des arbres, dont les feuilles s’éparpillent à chaque rafale de vent, dessine par petites touches un autre paysage que celui qui, durant l’été saturait notre regard de parterres de fleurs aux couleurs chatoyantes, de haies taillées au cordeau et de pelouses verdoyantes…L’art topiaire ne s’efface pas sous les frimas et la richesse de la palette est encore présente dans cette arrière-saison ensoleillée. Les pétunias semblent même persister à braver le rythme des saisons, mais déjà les premiers signes du repos hivernal s’annoncent dans la coloration des frondaisons et le pâlissement des fleurs de dahlias, moins denses !

Dans l’enclos protégé du verger, authentique galerie des variétés fruitières rares ou anciennes, les pommes d’automne sont à maturité, tandis que dans les ruches toute proches, cachées dans leur bosquet, le ballet bourdonnant des abeilles s’apaise…C’est le temps où les apiculteurs font de la pédagogie et où les jardiniers font déguster leurs pommes dans l’orangerie aux côtés des bigaradiers et des palmiers-dattiers séculaires.

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Un peu plus loin, à proximité des tennis, le petit théâtre de marionnettes ne fait pas encore relâche, pas plus que le jardin d’enfants, noir de monde, mais bientôt, les facéties de Guignol ne divertiront plus leur public juvénile que le weekend ou le mercredi. Sous peu, lorsque le soleil se fera plus discret, le même sort sera probablement réservé au loueur de petites frégates à voile du bassin central. L’hiver venu, il rangera sagement dans leurs cales, ses inoubliables « Paudeau » et leurs cannes de guidage! Pour l’heure, c’est toujours l’affluence des grands jours de cabotage!

Tandis que moi, vieil écolier de l’autre siècle, j’aime à m’attarder au pied de la statue de mon infortunée payse, Marguerite d’Anjou (1429-1482) reine d’Angleterre et fille du bon roi René d’Anjou ! Depuis la fin du 19ième siècle, sa sculpture en marbre est installée sur la terrasse des souveraines qui surplombe le bassin.

Marguerite d'Anjou

                Marguerite d’Anjou

Représentée en majesté et défiant ses ennemis sur le point de trucider son fils lors de la guerre des Deux Roses, on prétend qu’elle les apostropha : « Si vous ne respectez pas une Reine proscrite, respectez une mère malheureuse ». Ils n’honorèrent ni l’une, ni l’autre, et tuèrent, sous ses yeux, Edouard, le prince de Galles (1453-1471), avant de l’embastiller!

Mais la balade serait incomplète sans un détour vers ces stèles et ces bustes d’écrivains sous les ombrages des allées ou dans les clairières du jardin, camouflées derrière un marronnier, un hêtre pourpre ou un cèdre de l’Atlas, à moins que ce ne soit à proximité d’un thuya de Californie ou d’un saule pleureur!

Pour tout vieux lycéen nostalgique de sa jeunesse, c’est l’anthologie du « Lagarde et Michard » qui défile, colonisé, selon les saisons par les mousses et les lichens ou maculés de chiures d’oiseaux !

Finalement, si j’apprécie tant d’errer, l’automne venu dans le Jardin du Luxembourg, ce n’est pas tant pour la beauté de la végétation bigarrée, c’est plutôt pour y simuler chaque année la même rentrée des classes au Lycée David d’Angers dans les années soixante, pour y retrouver la verve de Jean Pihin notre prof de français disparu, racontant Gustave Flaubert (1814-1883) sans Emma mais avec une moustache gauloise, Sainte-Beuve (1804-1869) dont je n’ai jamais lu que des extraits choisis et Georges Sand (1804-1876), les cheveux défaits, songeuse et romantique ! Belle comme on l’imagine au bord de la Mare aux Diables !

Bien d’autres poètes et romanciers surgissent au détour d’un buisson. Tel ce médaillon de bronze plaqué sur une colonne tronconique, représentant Stendal de profil (1783-1842), exécuté par Auguste Rodin (1840-1917) inspiré par mon compatriote David d’Angers (1788-1858)…

Dans ce panthéon de pierre, chacun a ses petits préférés : pour ma part, je m’en voudrais de négliger la stèle aux allures funéraires qui abrite ici depuis 1925, un buste du poète parnassien José-Maria de Heredia (1842-1905) !

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Mon histoire avec lui remonte en fait à l’époque où je fréquentais l’école primaire Saint-Augustin d’Angers. M’est souvenir à cet instant de son « Soleil couchant » – loin du jardin du Luxembourg, dont j’entends toujours la, musique:

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit … »

Et j’allais oublier la Comtesse de Ségur – née Rostopchine -, ses  » malheurs de Sophie » et son « pauvre Blaise »! Elle est présente aussi dans le Jardin…

Comtesse de Ségur

                    Comtesse de Ségur

Énigmatique et inquiétante dans son châle de pierre, en partie masquée par la végétation! Et pourtant, elle enchanta ma jeunesse de sa littérature rose…

Que conclure de cette ballade de septembre? Que dire de plus juste, de plus vrai que ce que François Coppée, s’adressant au Jardin, écrivait au soir de sa vie, il y a plus d’un siècle:

A toi je suis lié par un secret arcane.
Et quand je reviendrai, vieillard traînant ma canne,
Par quelque doux matin d’un automne attiédi,
Sur tes bancs, au soleil, me chauffer à midi,
Promets-moi, vieux jardin, témoin de mon aurore,
Quelque déception que me réserve encore
La volupté qui blase ou la gloire qui ment,
Que, devant une amante au bras de son amant,
Ou devant un rêveur qui va lisant un livre,
Le souvenir encor me rendra le cœur ivre
De ce qui l’enivrait en son doux floréal,
Et que je bénirai l’amour et l’idéal!

Mais, c’est comme en politique, il faut juger sur pièce! Il faut y aller avant de croire sur paroles un vieux radoteur!

 

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L’épopée du radium au cours du 20ième siècle, depuis sa découverte en 1898 par le couple Curie jusqu’à son exploitation dans de nombreux secteurs de l’industrie et de la médecine, pour aboutir à son discrédit actuel en raison des risques réels (et parfois supposés) qu’il fait courir aux quidams, ont été suffisamment décrits dans la littérature scientifique et de vulgarisation depuis plusieurs décennies, pour qu’il ne soit pas utile de m’appesantir à mon tour sur cette affaire…D’ailleurs, moi-même, dans un passé qui n’est pas antédiluvien, j’ai commis quelques lignes sur ce sujet dans le cadre de mon activité professionnelle désormais presque oubliée…Mes studieuses rédactions aussi du reste!

Edité chez Hachette en 1924

Edité en 1924 – chiné par M. Paulat

La question se pose donc de savoir si je dois persister à m’intéresser au radium? D’autant, que le temps a fait son œuvre et qu’avec une constance jamais démentie, il a érodé les quelques connaissances techniques que j’avais péniblement acquises à propos de cet atome étrange intrinsèquement énergétique – radioactif naturel – qui a défrayé la chronique pendant plus d’un demi-siècle, avant que la fission nucléaire – versus radioactivité artificielle – ne prenne le relais et ne le surpasse en « notoriété » après la seconde guerre mondiale …

Je ne me risquerais plus dorénavant à disserter avec autorité sur les propriétés physico-chimiques ou radioactives de ce métal très peu abondant dans l’écorce terrestre de même que je ne saurais discourir, sans l’aide bienveillante de Wikipédia, sur la famille chimique des « alcalino-terreux » à laquelle il appartient avec le calcium, son cousin éloigné de la classification périodique des éléments, établie au 19ième siècle par Mendeleïev et qu’il a rejoint plus tardivement ! Tout juste oserai-je observer que la « consanguinité » chimique et électronique » entre le radium et le calcium contribue certainement à expliquer certains aspects de la dangerosité du « bébé » de Marie Curie, qui tel le coucou des forêts se fixe volontiers dans les niches écologiques du calcium, en particulier dans les tissus osseux!

Mais là n’est pas mon propos !

Si je me permets de qualifier le radium de « cher », ce n’est pas tant par pulsion affective, ni en raison d’une résilience nostalgique d’un passé, qui m’a fourni l’occasion de croiser à plusieurs reprises la route des familles Curie et Joliot-Curie, à l’origine de cette aventure scientifique magnifique de la radioactivité dans tous ses états et développements. C’est tout simplement parce que la valeur marchande du radium au cours du vingtième siècle était exorbitante ! Et, par conséquent, le radium fut une source de placement financier et de rentes pour ceux qui investissaient sur lui ! Moins toutefois que le « transfert » de nos jours d’un joueur de foot analphabète.

Sa rareté dans l’écorce terrestre, associée aux nombreuses applications industrielles (luminescence des peintures, paratonnerres), artisanales et médicales qu’on imagina dès le début du siècle dernier, notamment pour soigner certaines maladies de peaux et certains cancers, contribua à cette montée des prix. Laquelle était en permanence alimentée par la légende vivante de sa géniale inventrice, et accentuée par un engouement qui croissait au fur et à mesure que les chercheurs, les ingénieurs et les médecins radiologues et même des cosmétologues, y compris des charlatans, concevaient de nouvelles utilisations ou mettaient en évidence de nouvelles propriétés notamment thérapeutiques…

Jusqu’à la mort de Marie Curie en 1934, la demande de radium fut en constante augmentation et toujours très largement supérieure à l’offre disponible sur le marché français…La rareté fit la cherté! Puis elle déclina progressivement jusqu’au début des années 70, où elle finit par s’éteindre définitivement, le radium ayant été remplacé – avec autant de bonheur – par d’autres substances moins pénalisantes d’un point de vue sanitaire ou environnemental…

Quoiqu’il en soit, à partir de 1904, avec l’aval et l’aide de Pierre et Marie Curie, des installations de production de radium furent créées en France par des industriels comme Emile Armet de Lisle (1853-1928) à Nogent-sur-Marne ou par d’anciens collaborateurs ou élèves des époux  Curie, comme Jacques Danne (1882-1919) ou son frère Gaston Danne, ingénieur ESPCI- mort d’une leucémie en 1926 – à Gif-sur-Yvette (91)…

Usine de Nogent-sur-Marne en 1904 (Musée Curie)

Usine de Nogent-sur-Marne en 1904 (Musée Curie)

Ainsi en 1914, quatre usines de raffinage du radium existaient en France, toutes concentrées en Ile de France…Ultérieurement, d’autres furent construites en province, dédiées à des usages particuliers, comme l’unité de production de Bandol (83) qui, de 1945 à 1960, fabriqua des sels radio-luminescents pour les peintures « fluo » des tableaux de bord des timoneries de navires ou des cabines de pilotage d’avions, pour des aiguilles de montres …

Comme pour toute filière industrielle et technologique, de nombreux sous-traitants, conditionneurs, revendeurs et même loueurs  prospérèrent en aval de cette production, à laquelle s’ajoutait une part d’importation, pour aboutir à l’utilisateur final, le médecin radiologue, l’oncologue, le fabriquant de paratonnerre (patron putatif du vendeur de Brassens) ou l’horloger bijoutier fabriquant de réveils de luxe à façon…

Cette manne financière providentielle ne profita pas directement à Marie Curie qui ne fit jamais breveter le procédé d’extraction du radium de la pechblende, ce minerai uranifère qu’elle faisait venir de Bohême! Et pourtant, c’est en s’en inspirant que les industriels procédaient au raffinage. En contrepartie cependant, le Laboratoire de l’Institut du Radium était rémunéré comme centre de référence pour le dosage du radium, auquel les vendeurs d’objets chargés au radium se soumettaient pour attester de leur bonne foi vis-à-vis de leurs clients! Et l’argent ainsi gagné était entièrement investi dans la recherche.

Fréquemment, c’est Marie Curie elle-même, en sa qualité de « directeur » du Laboratoire qui signait les certificats correspondant… Ainsi cette attestation « émouvante » du 18 août 1933, délivrée pour cinq aiguilles de radium à usage médical, conditionnées dans du platine.

(Archives personnelles)

     (Archives personnelles)

Il y a quelques années, lorsque je planchais face à des amphis d’étudiants ou de stagiaires dans le cadre d’enseignements de radioprotection, il m’arrivait pour détendre l’atmosphère de demander à la cantonade si d’aucuns dans l’assistance avaient une petite idée de la quantité de radium (sels de radium) raffinée au cours des soixante-dix premières années du siècle dernier!

Invariablement, compte de la diversité des applications que je venais de décrire et surtout de la sensibilisation de mon auditoire aux articles de presse « accablants » dénonçant « l’incurie » et l’inertie des pouvoirs publics face aux déchets radifères, qui étaient censés massivement polluer l’environnement jusqu’au cœur même de Paris, les réponses fusaient autour de milliers de tonnes!

Face à mon sourire énigmatique, certains sentant le piège consentaient à abaisser leur estimation à quelques milliers de kilogrammes. Mais aucun n’a jamais approché l’ordre de grandeur réel…

En fait, entre 1904 et la fin des années soixante, on a raffiné industriellement en France, quelques 150 grammes de radium! A plein régime avant les années trente, les quatre installations de la région parisienne produisaient ensemble environ 3 grammes de radium par an…

Ce sont ces 150 grammes qui valaient initialement une fortune, puis moins que le poids d’une plume de moineau après l’abandon de l’usage du radium, qui firent l’objet depuis une quarantaine d’années de nombreuses campagnes de récupération initiées par les pouvoirs publics pour les stocker en toute sécurité! Et ce pour une éternité avoisinant un petit millénaire! Malgré la menace et les cris d’orfraies des écologistes accusateurs, seule une petite moitié fut effectivement collectée, le reste demeurant dans la nature, enfoui dans des malles entreposées dans des greniers inviolés de radiologues disparus, ou anonymement parmi les objets hétéroclites des brocantes dominicales!

Ce fut le cas lorsque furent découverts, il y quelques années, par des chineurs de vide-greniers, des « paratonnerres radioactifs » ou des « fontaines à radon » chargées de pastilles de radium! Fontaines, dont les vertus curatives  évidentes autrefois restent à démontrer de nos jours pour les maladies pulmonaires!

Du fait de la faible teneur en radium – de l’ordre de quelques milligrammes (à une vingtaine de milligrammes)  de radium par tonne de roche – il fallait traiter des milliers de tonnes de minerais pour obtenir des broutilles – versus quelques grammes – de ce précieux métal! Et ce, selon des processus chimiques lents, éprouvants et parfois dangereux en raison des acides mis en oeuvre… ainsi que de la radioactivité croissante au rythme des « distillations »!

Dans ces conditions, on comprend le coût très élevé du radium du temps de sa grandeur, et la déception qui s’ensuivit dans le camp de ses détenteurs et des spéculateurs, lorsque son cours fut réduit à néant, par suite de l’annulation de la demande!

A titre d’exemple, il est possible, à partir de documents issus de mes archives personnelles, d’esquisser le circuit économique du radium dans les années trente:

  • Tout d’abord, une transaction du 2 juin 1937  par laquelle des « Etablissements B.O.D.  » de Paris  – en liaison probable et directe avec les producteurs – honorèrent une commande du 21 décembre 1936 de livraison d’un lot de 73 milligrammes de radium, composé de tubes et aiguilles de platine à usage médical à un certain Monsieur Rohr demeurant à Avenay (51) pour un montant de 53900 francs (1937)…
(Archives personnelles)

         (Archives personnelles)

  • Monsieur Rohr, certainement un riche investisseur en fit le dépôt, le même jour, à la Société Radiologique du Nord spécialisée dans les appareils et accessoires de radiologie. Charge à elle de procéder ensuite à la location de ces tubes et de ces aiguilles auprès des utilisateurs médicaux!
Archives personnelles

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Ramené au gramme de radium, le barème de l’achat initial s’élevait à 738456 francs (1937), correspondant approximativement aujourd’hui à 350000 euros le gramme (aux incertitudes près) !  On n’a malheureusement aucune idée du rendement de l’investissement!

Si le radium fut gratifié à bon droit de propriétés radioactives favorables au progrès dans le traitement des cancers par curiethérapie et que par conséquent, il a ouvert une nouvelle voie pour la médecine curative, on peut aussi raisonnablement suggérer qu’il fut aussi une source appréciable de profit pour quelques-uns! Comme toujours…

Il n’était pas dans mes intentions de faire état ici de la radiotoxicité avérée du radium (226). Mais, pour éviter toute ambiguïté, et surtout tout mauvais procès en sorcellerie à mon encontre, je crois néanmoins utile de rappeler que la dangerosité du radium à très courte distance, a fortiori si on l’ingère, n’est pas une fable. Un gramme de radium émet 37 milliards d’émissions par seconde de particules « alpha » fortement énergétiques!

Le radium est certes apte à tuer des cellules malignes mais capable aussi de causer des dommages à des cellules saines! Son retrait du secteur de la radiologie médicale depuis deux ou trois décennies est donc justifié. Et ce d’autant que sa relativement longue « période radioactive » de 1600 ans rend nécessaire le stockage des déchets radifères dans des installations adaptées pendant de longs siècles…Je n’en écrirai pas plus sur cet aspect, largement et convenablement développé sur les sites des grands opérateurs officiels et experts publics en ce domaine.

Affirmant que le radium n’était « cher » qu’en raison de son coût – dans le passé  du fait de sa rareté et dans le présent pour s’en débarrasser – je n’ai dit la vérité qu’à moitié…

Il est probable que je ne me serais peut-être pas saisi de ce sujet un peu exotique en ces temps de précampagne présidentielle – où l’enjeu énergétique se situe plutôt au niveau de l’existence de l’EPR de Flamanville et de la survie de Fessenheim, couplés aux énergies renouvelables – si je ne nourrissais une indiscutable tendresse et une quasi-vénération pour les pionniers du nucléaire civil! En particulier pour cette illustre lignée franco-polonaise, incarnée par les très républicains Curie, qui ont trusté les prix Nobel!

Ce penchant que je confesse volontiers est évidemment du à mon admiration pour la hardiesse conceptuelle de ces titans de la pensée et pour l’œuvre scientifique réalisée, mais elle est imputable également au fait d’avoir eu le privilège d’assister, il y a une vingtaine d’années, à l’exhumation des dépouilles de Pierre et Marie Curie du cimetière de Sceaux avant leur transfert au Panthéon…(Voir bon billet à ce propos dans ce blog)… Pénétrer le secret des cercueils crée forcément des liens qui ne s’estompent pas d’un trait de crayon!

 

 

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Comme beaucoup, j’ai un problème avec le temps. Ainsi, il m’arrive parfois, pensant lire la presse du jour de me tromper de jour! Précisément, ce fut le cas tout récemment, où pensant m’informer de l’actualité, le hasard de mes recherches, au milieu des paperasses sédimentées de mon « cabinet de travail » m’a propulsé dans un passé lointain… Très lointain même! Bien avant l’aube de mes jours…

De la sorte, le journal que je m’apprêtais à compulser – un journal du soir bien connu – devint facétieusement un « journal du matin »! Au lieu d’une livraison du « Monde »  du mois d’avril 2016, j’étais en train de lire l’édition du jeudi 1er mars 1906 du  « Petit Courrier » – Organe Républicain Quotidien », sis 28 rue de la Roë à Angers, Maine-et-Loire…

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Las! Alors que je m’apprêtais, à peu de frais, à me délecter de méchants commentaires émis à la suite de la médiocre performance télévisuelle du prétendu plus haut gradé du régime, et que j’allais, ce faisant, commettre, dans le secret de mon boudoir, une sorte de crime de lèse-majesté, je fus évidemment un peu surpris du mutisme des journalistes sur la prestation de « mon » président! Par la force des choses, aucune manchette ne faisait la moindre allusion à l’événement de 2016 dans la publication de 1906 …

Encore qu’en y réfléchissant un peu, on observe très souvent que le passé – fût-il antérieur – est toujours plein de surprises et qu’après tout,  eu égard à la permanence des mêmes inepties et à leur caractère cyclique dans l’histoire du monde, il n’y aurait peut-être rien d’étonnant à ce qu’un événement survenu en 2016 résonne, comme en écho en 1906!  A tout le moins, qu’il reproduise, avant l’heure et à peine modernisées, les mêmes niaiseries énoncées en appui des mêmes ambitions subalternes! Il n’y aurait donc pas lieu de s’émouvoir qu’à rebours du principe de causalité et à un siècle de distance, la copie des scénographies d’antan suscite toujours la même herméneutique! Jacques Brel, en son temps, ne rappelait-il pas que le duc d’Elbeuf prétendait que c’est « avec du vieux qu’on fait du neuf ».

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En fait, ce qui m’a leurré, ce n’est pas tant la glose du journal de 1906 sur le discours des hommes politiques en haut de forme, mais certains des thèmes abordés en première page, qui demeurent d’une ardente et éternelle actualité, quelles que soient les républiques… Il en est ainsi du sempiternel thème de la « décentralisation »! Il portait dans le cas d’espèce, sur l’amélioration de la santé publique, un classique du genre, le but étant, rituellement, d’assurer un meilleur encadrement sanitaire de « nos » concitoyens et d’engager une nécessaire simplification administrative (sic)! A peu près aussi convaincant qu’une moderne communication ministérielle et presque dans les mêmes termes!

Il en était également de ce « surprenant » débat quasi-surréaliste sur la laïcité – curieusement titré « libéralisme » – et qui consistait à se quereller pour savoir si les soldats « décédés dans les hôpitaux » devaient bénéficier d’obsèques civiles ou religieuses!  L’actualité de ces échanges d’un autre âge est, à tous égards, confondante!  Nos pères étaient-ils des visionnaires en matière d’affrontements stériles, ou sommes-nous en phase de totale régression sur ces questions religieuses? A savoir! Je crains le pire.

J’ai cependant nourri un léger doute sur la datation du document, quand j’ai lu que le lord-maire de Londres avait  » donné un déjeuner en l’honneur de l’éminent sculpteur français Auguste Rodin« … Cet « anachronisme » qui n’en était pas un, m’a un instant troublé! Sans plus…

Et, j’ai donc failli confondre les deux époques! D’ailleurs, j’aurais probablement succombé à ce curieux travers, si un fait divers ne m’avait réveillé, et n’avait attiré mon attention sur une conclusion inimaginable de nos jours! En ces temps d’indifférence quasi-institutionnalisée, où « tout le monde se moque de tout », en particulier de la « chose publique », l’épilogue « responsable » de cette affaire – très triste – apparaîtrait, « par trop », exotique… Bien que foncièrement tragique, la fin – si j’ose dire – fait honneur au « sens civique » de son principal et malheureux protagoniste, un pauvre désespéré qui s’était donné la mort, un mois auparavant, le 20 janvier 1906 en « se précipitant dans la Maine (à Angers) du haut du pont du Centre »

Le Petit Courrier du 1er mars 1906

Le Petit Courrier du 1er mars 1906

Le drame est malheureusement banal! Il le demeurerait à l’identique aujourd’hui…Ce qu’il l’est moins, c’est la suite.

Le cadavre de ce pauvre hère fut récupéré en état de « putréfaction » du côté de la Baumette en aval d’Angers, le dernier mardi du mois de février 1906… Son nom, Louis Jaussaume, mérite d’être livré à la postérité, car l’homme avait pris soin de garder avec lui « une certaine somme » d’argent qui servit à payer les commissionnaires chargés de le transporter à l’amphithéâtre », autrement dit à la morgue, en vue probablement de son autopsie…

Nul doute qu’un tel individu, aussi soucieux des deniers publics jusque dans la mort et poussant la délicatesse jusqu’à songer aux modestes fonctionnaires s’occupant de sa dépouille, serait honoré, de nos jours, comme un zombi, ou si l’on préfère, comme un « citoyen d’exception ». Il serait probablement décoré – à titre posthume – de la Légion d’honneur au titre de l’administration des finances, en récompense d’un comportement aussi désintéressé qu’exemplaire.

Cependant le « Petit Courrier » ne précise pas si cet infortuné suicidé a laissé, en plus, une provision pour rémunérer comme il sied, le commissaire de police, et s’il s’est enquis de la fiscalité post-mortem… Cet éventuel oubli, s’il n’est pas imputable à l’indigence, pourrait laisser planer un soupçon d’ombre sur cet édifiant tableau! Je crains qu’on n’ait jamais le fin mot de cette histoire!

Voilà certainement quelqu’un qui désespérait de tout, sauf de la nécessité de contribuer à sa mesure à la dépense publique! Un exemple à suivre… mais pas trop.

 

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