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Posts Tagged ‘vitesse limite’

Tout citoyen responsable, soucieux de l’équilibre des comptes publics et de la réduction du déficit budgétaire, devrait se féliciter de la multiplication des radars fixes et mobiles sur nos routes et autoroutes…

Il s’agit en effet d’une manne providentielle, d’autant plus efficace, qu’elle neutralise moralement le contribuable, par nature, râleur et récalcitrant, en le plaçant en position d’accusé, de délinquant, voire d’ennemi public, affameur de la veuve et de l’orphelin…

Chacun sait en effet que les radars fixes sont en principe annoncés sur la route par un panneau indiquant qu’ils sont là exclusivement pour assurer « notre sécurité ». Malvenu dans ces conditions, celui, qui, au prétexte qu’un opportuniste radar est installé, hors de tout hameau, sur une ligne droite de plusieurs kilomètres sans intersection, contesterait le bien-fondé d’une soudaine limitation de vitesse à 50km/h justement à cet endroit-là , et qui douterait de la bienveillance altruiste des fonctionnaires du fisc qui l’ont placé là !

Le doute tant vanté par les philosophes et les raisonneurs de tout poil, serait ici hautement condamnable…

Tout contrevenant à la vitesse maximale tolérée doit être sanctionné comme il se doit. Au mieux, il doit être considéré comme un inconscient qui porte atteinte à la sécurité collective et, au pire, comme un individu dangereux ou un criminel potentiel, qu’il faut absolument empêcher de nuire en le taxant douloureusement.

En plus, c’est tout bénef pour le budget de l’Etat, qui, pour une fois, peut prétendre mettre la morale de son côté !

Compte tenu du délabrement des finances publiques, la question se pose donc de savoir comment ce mécanisme astucieux de taxation pourrait être rendu encore plus performant, sans trop multiplier les investissements sur le matériel…

La première idée – la plus simple – consisterait à ne plus prévenir de l’existence d’un radar fixe au bord de la route : l’effet serait immédiat, mais cela suppose sûrement de modifier la réglementation en vigueur… Or ce bricolage juridique ne passerait pas inaperçu, même en pleine période de Sapin de Noël !
En dépit des précautions oratoires prises et des campagnes de com’ savamment orchestrées par les escouades de hauts-fonctionnaires passés maîtres dans l’art de l’esquive et de l’euphémisme, ou encore de la litote et de la compassion larmoyante, la manip’ risquerait d’être contre-productive à l’aube d’élections cruciales pour les bobos au pouvoir qui se déplacent avec chauffeurs…

Il faut donc chercher ailleurs, notamment en améliorant le rendement financier des contrôles de vitesse à législation constante, et de ce point de vue, les radars en mouvement installés dans des voitures banalisées peuvent constituer une véritable aubaine!

Le principe est simple et peut facilement être expliqué à partir d’un exemple : sur une route sur laquelle la vitesse est limitée à 90 km/heure, la tolérance sur la mesure d’un radar mobile étant de 10km/h (elle n’est que de 5 km/h pour un radar fixe), la vitesse mesurée « déclenchante » est donc de 101km/h, pour imputer à l’automobiliste une vitesse excessive donc infractionnelle et juteuse de 91km/h !

L’objectif pour les agents du fisc occupants de la voiture banalisée – qu’on appelle aussi parfois « gendarmerie » ou « police nationale » – est donc de pousser l’automobiliste – contribuable putatif – à la faute… Autrement dit de l’« énerver » suffisamment en lambinant sur la route pour qu’au moment du dépassement, la vitesse de son véhicule excède ou soit égale aux 101km/h fatidiques

S’il faut, certes, « lambiner », il faut le faire avec méthode !

Les fonctionnaires ne doivent en effet rouler, ni trop vite, ni trop lentement, au risque soit de décourager tout dépassement, soit de le provoquer sans délit, donc sans conséquence positive pour le budget l’Etat… « Juste ce qu’il faut, pour que la pêche soit bonne ». Tel est l’enjeu

Partant de l’idée que l’automobiliste lorsqu’il passe devant le radar mobile et qu’il le dépasse, roule à 101km/h. Et qu’en outre, il ne met pas plus de 20 secondes pour franchir la voiture de police, depuis son point de départ à l’arrière jusqu’à son point d’arrivée … ( Pour des motifs évidents de sécurité, le dépassement ne doit pas durer trop longtemps)

Supposant enfin que le brave homme, scrupuleux ou naïf, respecte les distances de sécurité réglementaires à l’avant de la voiture de police comme à l’arrière – soit, selon le code la route, la distance parcourue (en l’occurrence deux fois) en 2 secondes à la vitesse de la voiture de police Vp – il est possible d’en déduire une valeur approchée de la vitesse optimale stabilisée du véhicule policier (Vpo) pour choper un maximum de gibiers.

« Approchée » si l’on néglige la variation temporelle de l’accélération de l’insouciant assujetti pour passer de la vitesse Vpo à la vitesse de dépassement Vd

A rebrousse-poil, le calcul est le suivant :

La distance que franchit l’automobiliste en 20 secondes à la vitesse de 101km/h est de : 0,56111 kilomètre. Cette distance doit correspondre à celle parcourue à la vitesse Vpo pendant vingt secondes, augmentée des deux distances de sécurité, soit :
0,56111 = (Vpo x 20)/ 3600 + 2×2 Vpo/3600 …
D’où la valeur de Vpo= (0,56111x 3600)/ 24 = 84,1km/h arrondis à 85km/h

Conclusions :

En roulant à 85 km/h sur une route limitée à 90, vous emmerdez tout le monde. Et, à coup sûr -ou presque – on vous doublera à une vitesse égale ou supérieure à 101km/h. On peut penser que l’énervement de l’automobiliste atteindra son comble lorsque le véhicule des flics roulera en vitesse stabilisée aux alentours de 80 km/heure… En outre, cerise sur le gâteau, on est alors en droit d’espérer que, de rage, le malheureux conducteur appuiera comme un malade sur l’accélérateur lorsque le dépassement deviendra techniquement possible, et qu’avec un peu de chance, il insultera au passage les pandores du fisc! Ce qui occasionnerait d’appréciables rentrées supplémentaires pour la trésorerie nationale…

Aussi, si j’étais responsable de Bercy (ministère du budget), je me pencherais sérieusement sur le sujet et  j’améliorerais le modèle de calcul ci-dessus, en introduisant – peut-être – une équation différentielle pour tenir compte de l’accélération de l’automobiliste au moment du dépassement, puis de la décélération. J’en ferai enfin une note interne de consignes impératives aux fonctionnaires chargés des contrôles de vitesse, de telle sorte que le rendement de cet impôt hautement « moral » ou même carrément vertueux, soit maximal !

Une autre solution serait de flasher ceux qui doublent, par l’avant plutôt que par derrière: c’est moins jouissif et c’est une autre affaire… Là, pour être plus efficaces, il vaudrait mieux que les fonctionnaires musardent dans la campagne à des vitesses ridicules et jouent sur l’effet de surprise juste après un virage précédant une ligne droite … C’est à étudier, car ça peut rapporter gros!

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