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Posts Tagged ‘Union européenne’

D’une manière générale, j’hésite à faire ma propre pub! Du moins, de façon trop visible…

Aujourd’hui, je déroge à cette règle car je me dis que si je ne m’y mets pas, en m’affranchissant de toute fausse modestie, personne ne se coltinera cette tâche à ma place! Personne n’y trouvera évidemment intérêt, sauf au jour plus ou moins éloigné, où tout le monde converti à ma cause ne tarira plus d’éloges sur mon compte… Mais ce jour-là, ce revirement soudain aura son explication. Définitivement dégriffé, je serai devenu l’homme, que, selon les cas, on pleurera ou on regrettera, et qu’on ne critiquera plus qu’à voix basse. L’hommage sera alors « officiellement » quasi-unanime, comme toujours en pareilles circonstances … Et les généalogistes ajouteront une date sur mon arbre!

En attendant, je me vois contraint de faire ma pub moi-même, bien que cette autopromotion ne relève d’aucune urgence.. En outre, je suis conscient qu’elle pourrait être interprétée par mes détracteurs comme une inconvenante manifestation narcissique. Et à ce titre, apparaître au plus grand nombre, comme superfétatoire et injustifiée, et surtout imméritée!

Tant pis, l’un dans l’autre, je m’en moque. A la limite, je serais même flatté qu’on réprouve cette innocente démarche!

L’exercice est cependant délicat, car si l’on tolère sans trop barguigner, que je m’intéresse aux exploits de mes aïeux, l’on admettra plus difficilement que je déborde des lignes autorisées de la bienséance discrète jusqu’à me mettre en scène, surtout si c’est à mon avantage. Un second, troisième couteau ou quatrième ne doit jamais revendiquer la lumière.

Pourtant, si aujourd’hui je ne résiste pas à cette « réclame pro domo » – sans néanmoins me fendre d’un plaidoyer trop tapageur – c’est d’une part, parce que je n’en attends rien, et d’autre part, que c’est au hasard d’un « tri sélectif » de documents – dont je m’encombre depuis tant d’années – que j’ai redécouvert cet exemplaire de 1989 du journal mensuel de documentation politique, édité par la Ligue des Droits de l’Homme! Je crois au hasard.

 

Et là, je m’autorise avec une certaine fierté rétrospective non dissimulée à en rendre public le sommaire. Je n’en reviens pas! J’y figure aux côtés d’une prestigieuse brochette de personnalités.

Clairement, parmi les auteurs de ce numéro, je suis probablement le seul à n’avoir pas été, ultérieurement, au-delà, de cette furtive incursion dans la cour des grands. Obscur gratte-papier, je  suis retourné rapidement dans ma niche…

Mon article que j’ai relu pour l’occasion, était d’ailleurs assez technique, puisqu’il traitait de la place du droit du travail dans les « textes communautaires »! Il se situait après l’Acte Unique européen qui modifiait les traités de 1957 dans le sens d’une plus grande intégration, et, quelques années avant Maastricht…. Mais c’était surtout une période où l’on croyait encore à une Europe intégrée, une Europe des peuples, porteuse de paix et de prospérité, et régulatrice des rapports de force à l’échelle mondiale…Et ce, quelle que soit la place que l’on occupait dans l’échelle sociale, fût-elle modeste!

C’était l’époque où la construction de l’Union européenne ne se confondait pas encore avec le cours d’un euro qui n’existait pas encore. C’était un temps où toutes les politiques ne se résumaient pas à l’économie et à l’observation vigilante des places boursières. C’était encore le temps de l’enthousiasme européen et des utopies d’après-guerre!

C’était enfin l’année du bicentenaire de la Révolution Française.

Ça n’a pas duré.

La conclusion de mon article était la suivante:

 » A l’évidence le modèle social à construire devra se fonder sur celui existant en évitant le dumping social mais aussi l’uniformisation des droits du travail… Un écueil devra également être évité: vider la concertation nationale de son contenu; c’est pourquoi, il est nécessaire d’envisager la mise en place au niveau national comme au niveau communautaire des structures adaptées de consultation des partenaires sociaux »

Et de fait aujourd’hui, le droit européen du travail a tendance à s’uniformiser dans une Union européenne technocratique et pléthorique… mais plutôt par le bas, sans que l’écueil du dumping ait pu réellement être évité!

Du coup, ça rend l’ego nostalgique! Et je me dis que j’ai du rater une marche. Ou une aubaine.

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Les peuples du Royaume Uni viennent de se prononcer majoritairement pour sortir de l’Union européenne, à laquelle ils avaient adhéré en 1973. On parlait alors de « Communautés européennes »…Ainsi arrivent-ils – du moins le croient-ils – au bout d’un processus engagé dès 1979 au sommet de « neuf » Etats membres à Dublin, par la très conservatrice Première ministre britannique, Margaret Thatcher (1925-2013), lorsqu’elle répondait à un journaliste : « I want my money back » (Je veux récupérer mon argent !).  De mauvaise foi, elle a fini par gagner!

Photo Peter Marlow/Magnum -Le Monde

Photo Peter Marlow/Magnum -Le Monde

La défection – aujourd’hui – des britanniques est effectivement une victoire posthume de la Dame de fer, mais aussi un échec des fondateurs de l’Europe qui pensaient après-guerre que la mise en place sur un continent, dévasté par le nazisme et le fascisme, d’un grand marché intérieur serait le moteur non seulement de la reconstruction mais aussi du progrès et d’une union « politique » potentielle ainsi que d’une paix durable pour tous les peuples européens…

Je ne vais pas ajouter ici un commentaire de plus à tous ceux, multiples, autorisés et certainement, bien plus avisés que le mien, qui vont s’exprimer dès aujourd’hui pour se réjouir ou pour déplorer le résultat de ce référendum anglais – plus anglais que britannique d’ailleurs. Sans être un grand clerc, je voudrais simplement dire qu’il était prévisible : il ne sanctionne pas nécessairement l’idée généreuse initiale des pères de l’Europe, mais certainement le comportement « depuis lors » d’une technocratie européenne, relayée et souvent précédée par les technocraties nationales…Une gouvernance européenne aux antipodes de la démocratie qui s’est progressivement détournée – débarrassée – des aspirations des peuples européens et même du bon sens « populaire »…

La frénésie normative de l’Europe dans tous les domaines, y compris dans certains touchant à nos traditions séculaires a profondément écorné notre enthousiasme initial, surtout lorsque le prétexte de ces bouleversements est l’ouverture à la concurrence et au marché mondial de secteurs qui ont été ainsi sacrifiés – car désarmés et désormais sinistrés! Des secteurs qui pourtant faisaient notre fierté, qui contribuaient parfois à notre indépendance dans des domaines stratégiques, et qui, en tout cas, étaient à l’origine de notre développement et de notre richesse industrielle et culturelle. Et même de notre art de vivre!

Le mépris affiché pour le suffrage populaire de nos propres gouvernants ainsi que leurs reniements respectifs n’y sont pas pour rien dans ce discrédit de l’Europe auprès de l’opinion citoyenne… Il est à la hauteur des espoirs que cette Union avait suscités et qui sont aujourd’hui déçus…Le cynisme aussi de ces mêmes dirigeants « élus ou nommés », qui invoquent en permanence de grandes valeurs universelles – dont manifestement ils se moquent – pour accuser ou discréditer ceux qui doutent…

L’Union européenne a grandi trop vite : c’est une évidence… L’Union européenne n’a pas su faire face au défi de la mondialisation et garantir la prospérité globale du vieux continent : c’est également patent lorsqu’on parcourt les banlieues en friche des grandes métropoles européennes… L’Union européenne n’a pas su, en outre, faire face aux vagues d’émigration successives, qu’elle n’a jamais accueillies avec un dessein d’assimilation et d’adhésion à notre projet de civilisation, et qui déstabilisent déjà de très nombreux territoires devenus des ghettos de communautés antagonistes et violentes… Les défaillances de l’Union européenne constituent enfin le prétexte et le marche-pied des partis extrêmes, qui sont désormais aux marches du pouvoir dans de nombreux pays…

On comprend dans ces conditions que les citoyens, lorsqu’ils sont consultés soient plutôt critiques…On est si loin de l’Europe conviviale et enthousiaste que je fréquentais de près dans les années 1980, dans le cadre du Groupe des Questions Sociales à Luxembourg ou à Bruxelles…J’avais le sentiment de participer – très modestement – à une aventure collective de peuples qui s’appréciaient et qui, globalement – sans qu’il soit besoin de se référer à des textes « sacrés » – partageaient les mêmes valeurs sur la culture, sur l’égalité des sexes, sur l’antiracisme, sur la fraternité, sur la paix, sur la place à ne pas accorder au religieux dans la vie publique… Des peuples qui étaient prêts à accueillir chaleureusement tous les pourchassés du délit d’opinion et à se solidariser avec tous les « damnés de la terre » ou les victimes authentiques de persécutions raciales ou ethniques, mais à la condition qu’on ne les prenne pas pour des gogos! Des peuples adhérant sans réserve à l’idée de contribuer au développement économique des « pays du tiers monde », mais pour l’essentiel « in situ » …

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas… Les technos de la bien-pensance, de l’esquive institutionnelle et du politiquement correct n’ont pas su, au-delà des mots, assurer la prospérité ou nous protéger du terrorisme. Depuis qu’ils se sont emparés des commandes, ils nous ont abusés et même parfois de bonne foi, en se prenant pour des visionnaires de l’avenir alors qu’ils n’ont réussi en fait qu’à gérer leurs propres carrières (plutôt bien) : il n’y a donc pas lieu de s’étonner que les peuples finissent par se révolter, même si le sens de l’histoire s’en trouve ainsi bousculé…La crédulité a ses limites de même que l’usage de la menace…

Je suis certain que dans les jours qui viennent des milliers de pages et de commentaires, émanant des mêmes têtes d’œuf, vont nous dire comment il faut « refonder » une Europe qu’ils n’ont pas su défendre ! N’empêche qu’il faut continuer d’y croire, car l’idée demeure… Il faudra donc changer de méthode…

PS : Même le mot « Brexit » est un anglicisme de jargon technocratique

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Sans remonter aux calendes grecques, l’Europe – péninsule occidentale de l’Asie – a payé un lourd tribut humain au cours des deux derniers siècles, du fait de ses divisions, c’est-à-dire de l’exacerbation des nationalismes et de l’éclosion en son sein d’idéologies mortifères particulièrement perverses. Le comble de l’horreur étant atteint au cours de la dernière guerre mondiale de 1939-1945 avec le fascisme et le nazisme.

Le bilan quantitatif de ces conflits est effrayant : rien qu’en 1870, sur les six mois que dura la guerre franco-prussienne, près de 40000 morts et 90000 blessés furent déplorés chez les vainqueurs, alors que du côté français, le conflit coûta la vie à  139 000 combattants. Plus de 450000 personnes furent blessées ou contractèrent des maladies opportunistes dues à la guerre…

Mais ce n’était qu’un hors d’œuvre, presque un amuse-gueule, car moins d’un demi-siècle plus tard, près de 19 millions de personnes périrent dans la tourmente de la Première guerre Mondiale. Guerre déclenchée sottement par le jeu d’alliances imbéciles. L’Europe, tailladée de toute part en fut durablement affaiblie. Mais ce lourd tribut en annonçait une autre, encore plus horrible.

Vingt ans plus tard, celle qu’on pensait être la « der des der » est surpassée dans le registre de la barbarie par un autre conflit mondial. Celui-là, épouvantable, dépassa largement le précédent en atrocités de toutes natures. Il fut le plus meurtrier que l’humanité eut à connaitre jusqu’à ce jour. Excusez du peu!  Plus de 60 millions de morts soit 3 % de la population mondiale disparurent dans la tourmente, dont près de 6 millions de juifs victimes de la Shoah…

Depuis 1945, l’Europe a connu d’autres conflits épouvantables, fratricides qui l’ont saignée, comme la guerre dans l’ex-Yougoslavie au cours de la décennie 1990, mais jamais dans l’espace communautaire créé en 1957 par le traité de RomeQuoiqu’on en dise, cette fragile accalmie meurtrière dont ma génération, celle du baby-boom, a bénéficié depuis soixante-dix ans et que l’Europe communautaire a confortée n’est pas à rejeter d’un revers de meeting!

L’Union européenne a donc partiellement réussi à faire en sorte que se réalise l’utopie de ses pères fondateurs, ces visionnaires traumatisés par les dégâts de la guerre, que furent respectivement l’allemand Konrad Adenauer (1876-1967), les français Jean Monnet (1888-1979) et Robert Schuman (1886-1963) et même Charles de Gaulle (1890-1970), mais également tous ceux qu’on a aujourd’hui oubliés en France comme le belge Paul-Henri Spaak (1899-1972), l’italien Alcide de Gasperi (1881-1954), le luxembourgeois Joseph Bech (1887-1975), le néerlandais Johan Willem Beyen (1897-1976), Winston Churchill (1874-1965), l’allemand Walter Hallstein (1901-1982) qui fut le premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967 et enfin le créateur de la Politique Agricole Commune, le hollandais Sicco Mansholt (1908 -1885).

Mais quelle était donc cette utopie  qui habitait ces hommes pragmatiques, pétris d’humanisme classique, presque tous rescapés des guerres, tous ou presque issus du 19ième siècle ?

Tout simplement de construire un espace économique communautaire, incarné par un grand marché et par la libre circulation des hommes. Ils pariaient que la multiplication des échanges rapprocherait les anciens ennemis et amarrerait durablement la paix sur le continent européen, induisant mécaniquement la prospérité. Cependant, en période de guerre froide, ils n’abordèrent pas la question de la sécurité collective européenne, assurée de facto par le parapluie américain. Elle continue donc de se poser!

En outre, échaudés par les dérives mortifères des nationalismes européens, les fondateurs de l’Europe communautaire n’évoquèrent  jamais autrement que de manière allusive ou indirecte, les questions d’identité et de spécificité de la civilisation européenne…Aujourd’hui, elles s’imposent comme incontournables, bien que le « Politiquement correct en vogue » exige de les évacuer.

C’est ainsi qu’on se refusa, il y a quelques années, de mentionner dans les traités ou d’inscrire dans le projet avorté de constitution, les racines et l’héritage judéo-chrétiens de la civilisation européenne, pour éviter de heurter la sensibilité de populations migrantes venues d’ailleurs et récemment implantées en Europe…Reconnaître la réalité n’est pourtant pas exclure. Sur ce point l’Europe s’est montrée timorée et impuissante, craignant de réveiller de vieux démons, comme le racisme, qu’elle croyait avoir définitivement éradiqués après la prise du bunker berlinois d’Hitler en 1945!

Reconnaître l’apport de la civilisation gréco-latine, puis judéo-chrétienne sur la pensée européenne ne devrait d’ailleurs pas avoir pour effet de nier l’influence ottomane en Europe centrale ou arabo-andalouse en Espagne!

 » Les droits de l’homme » ne sont pas tombés du ciel!  Justement si, un peu, même si le ciel est vide!

Contournant cette difficulté existentielle – métaphysique parfois – les concepteurs de l’Europe communautaire misaient sur le marché pour assurer la paix, et en leur temps, ils n’avaient pas tort. L’urgence était alors de reconstruire un continent dévasté et affamé, en se coltinant au quotidien les problèmes d’industrialisation, d’approvisionnement énergétique et alimentaire, sans s’écharper une nouvelle fois, dans un monde dangereux, interdépendant et, donc, de plus en plus complexe… On n’en était pas vraiment encore à imaginer un « ordre public européen » auquel il faudrait cependant songer dorénavant…

L’époque des pionniers est en effet révolue. Et l’Europe a besoin aujourd’hui de s’affirmer sans complexe comme un espace de civilisation! C’est peut-être même une des conditions de sa survie, préalable à toute forme d’élargissement futur…S’affirmer pour ce que l’on est et en être fier! Ne serait-ce que pour mieux accueillir un monde qui la convoite et qui, poussé par la misère, continuera de frapper à sa porte, qu’on s’en réjouisse ou non. Est-il vraiment déraisonnable, tout en le recevant dignement, de lui demander d’abandonner sa burqa, contraire à notre conception de la liberté de la femme ?

Faute d’avoir ce courage d’être soi-même, il est à craindre que l’Europe ne se dilue jusqu’à disparaître irréversiblement en tant qu’entité politiquement, moralement, culturellement et intellectuellement autonome! Au-delà de l’emprise de la finance sur l’économie européenne, du chômage massif qui touche presque tous les Etats de l’Union, au delà même de la médiocrité des dirigeants actuels des Etats qui, à de rares exceptions près, se montrent incapables d’être à la hauteur de leurs illustres prédécesseurs, le citoyen européen s’inquiète de ce refus identitaire qu’on lui oppose en le culpabilisant, alors qu’on lui fait sans cesse miroiter des fuites en avant vers des horizons indéfinis et sans repères… L’avenir toujours incertain, devient franchement improbable…et est perçu comme une menace.

Faut-il pour autant se désintéresser d’un projet européen chancelant, victime de l’inconsistance politique? Assurément non! Le scepticisme démobilisateur n’a jamais aidé à surmonter le moindre problème! L’enjeu, c’est donc de ne pas perdre le Nord sans oublier le pôle sud. Et de ne pas être trop à l’ouest, lorsque les nuages s’accumulent à l’est !

J’irai voter dimanche pour l’Europe! En me souvenant de Gaby, la petite juive autrichienne rencontrée du côté de Klagenfurt en Carinthie dans les années soixante, dont la famille avait, en grande partie, péri à Auschwitz… L’Union européenne, même très imparfaite, énervante, bureaucratique à l’excès, et abusivement intrusive jusque dans la normalisation de nos camemberts ou des agrès et jeux d’enfants de nos squares, a au moins évité depuis plus d’un demi-siècle, ces tragédies de notre passé récent! Là est malgré tout l’espoir d’un futur meilleur!

Surtout ne jamais jeter le bébé avec l’eau du bain, même quand c’est une blonde pulpeuse, quadragénaire et braillarde qui nous y invite…Il faut faire front face à la facilité de solutions « clés en main » qui annoncent toujours des lendemains qui déchantent!

 

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