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Premier acte

Le 1er octobre 1731 naissait dans une métairie du hameau de Chauvon – qui dépendait alors de la « paroisse de Thorigné (d’Anjou) – Renée Prézelin (1731-1791), fille de Jean Prézelin et de son épouse Marie Rougé. Comme il était d’usage alors, la petite fille fut baptisée dès le lendemain en l’église Saint-Martin par l’abbé Pierre Letourneux, vicaire et futur curé du village, en présence de Jean Prézelin son oncle paternel et de Mathurine Rougé, sa tante maternelle, devenus en la circonstance, « parrain et marraine ». Hormis le prêtre, il est précisé qu’aucun ne sait signer!

RPB

AD 49

Les parents et les témoins sont tous résidents de la « paroisse ». En réalité, ils appartiennent à des familles anciennement implantées dans le Haut Anjou. Le berceau familial se situant dans différentes paroisses avoisinantes du Lion d’Angers…

Au gré des mariages – fréquemment croisés et  « intercommunaux » – dont font état les archives paroissiales, leur présence est attestée depuis, au moins la fin du 16ième siècle dans les communes de Thorigné, mais aussi – dans des proportions comparables – à Montreuil-sur-Maine, Grez-Neuville ou Champteussé-sur-Baconne, et même jusqu’à la Chapelle-sur-Oudon, quelques kilomètres plus à l’ouest…Sans oublier le bourg le plus important, où tous se rencontrent lors des foires et fêtes votives: le Lion d’Angers.

Les rivières d’Oudon et de la Mayenne, dont la confluence se situe au Bec d’Oudon à la pointe de l’Isle-Briand en aval du Lion, sont les deux axes autour desquels se fixèrent, se marièrent, naquirent puis moururent toutes ces familles au cours des siècles.

S’agissant de la petite Renée Prézelin, il faut croire que toutes les fées de la « procréation sans filet » se penchèrent avec bonheur sur son berceau, car elle eut une descendance à ce point prolifique qu’elle aurait aisément pu figurer dans un «livre royal des records de prodigalité ou de fécondité», à supposer qu’un tel document pût être imaginé sous Louis XV, le bien aimé ! Même dans un 18ième siècle, où les familles nombreuses étaient pléthores, le score des maternités de Renée devait impressionner le populo! Mariée en 1755 à Jean Pasquier, elle mit en effet au monde pas moins de dix-sept enfants entre 1756 et 1776. A n’en pas douter, si Fellini avait été son contemporain, il l’aurait « casté » pour Satyricon!

Tous ses enfants naquirent à la ferme de Charray  qui dépendait alors de Montreuil-sur-Maine, à une lieue de Thorigné. Faute d’hygiène plusieurs des enfants décédèrent d’infections en bas âge…Mais la plupart survécut et fit souche localement. Rarement à Thorigné cependant. Sous la Révolution française, un des fils de Renée, Charles Pasquier (1758-1811) devint closier à la Bellauderie sur la commune du Lion d’Angers. Ce Charles est l’arrière-grand-père de mon arrière-grand-père Charles Pierre Pasquier (1855-1931), ainsi que de celui de mes sœurs.

En outre, de tous nos ascendants directs, issus de Renée Prézelin, aucun ne fut après elle, originaire, stricto sensu, de Thorigné d’Anjou…

Syndicat du bassin de l'Oudon

Photo syndicat du bassin de l’Oudon

Deuxième acte …

Presque trois siècles plus tard, ce fil « thorignéen » du temps est renoué. Il aura fallu patienter mais ce fut chose faite, ce 18 octobre 2014  avec la naissance d’Abel F., petit-fils d’une de mes sœurs Françoise et mon (dix-septième) petit-neveu, lointain descendant de Renée Prézelin et résident, dès sa naissance, de Thorigné, village de charme en Haut Anjou…

Ce constat n’est en rien un déterminant de l’avenir. Ni d’Abel, ni de personne. Juste un fait amusant relevant de l’anecdote car Renée Prézelin n’est qu’une parmi les cinq-cent-douze aïeules ou aïeux à la neuvième génération du nouveau-né.  François F. son grand-père, picton de cœur, invoquera sûrement, et à bon droit, ses ascendances poitevines et vendéennes. D’autres chercheront d’autres influences et ressemblances… A tort et à raison, car Abel sera d’abord lui-même! Génétique et épigénétique obligent. Là est sa liberté d’être!

La rumeur dit que le petit garçon si pressé de découvrir les ondes placides de l’Oudon et de la Mayenne aurait anticipé – voire, presque précipité – sa venue sur terre angevine. Juste de quelques semaines « syndicales » sans conséquence, qui eurent néanmoins l’heur de surprendre ses propres parents Xavier et Marie-Charlotte. Sûrement impatient d’en découdre avec la vie aérienne et de saluer sa « désormais » grande sœur, il n’aurait en effet daigné les alerter que quelques heures avant de prendre son premier souffle. Pas le temps de laisser les parents respirer ! Quasiment sur le parking de l’hôpital ! Heureusement qu’en dépit d’un goût précoce pour la facétie, il se soit abstenu de le faire, car l’odeur du bitume n’a certainement pas la même saveur que la douceur angevine du bocage pour s’approprier l’air du temps …

Une seule petite ombre au tableau: voilà qu’à peine né, il doit apprendre qu’en vertu d’une sorte d’égalitarisme de façade, le principe d’égalité universelle des enfants, héritage de la Résistance, n’est désormais plus de mise en France. Il doit par conséquent se prendre à espérer que ses chers parents perçoivent moins de 6000 euros de revenus cumulés mensuels, pour ne pas subir la décote des allocations familiales, décidée par les autorités du pays – prétendument progressistes – mais inféodées aux appétits financiers des investisseurs! Dur, dur de souhaiter si jeune, la pauvreté de ceux qui vous aiment, pour éviter qu’ils ne soient taxés…Cornélien!

Bienvenue en tout cas à ce nouveau petit lecteur putatif de mes innocentes chroniques…et beaucoup de bonheur.

 

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