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Posts Tagged ‘Solstice d’hiver’

Mes plus fidèles visiteurs du soir, et les lecteurs de mes chroniques penseront peut-être que je radote. Il est possible que certains aillent jusqu’à m’attribuer une sorte de penchant obsessionnel pour le « solstice d’hiver », en observant – non sans motif – que déjà l’an dernier, j’avais déjà abordé cette question…J’espère cependant qu’ils conviendront que c’est présentement sous un angle différent. En effet, il ne s’agit plus désormais de caler mon propos sur l’anniversaire de la naissance d’un lointain ancêtre, maître coutelier châtelleraudais, mais de m’intéresser plus spécifiquement au phénomène physique et à sa signification.

Auparavant, je n’avais pas cru bon préciser la définition – d’ailleurs conventionnelle – de ce fameux « solstice d’hiver », phénomène fondamentalement inconnu du plus grand nombre, et que, pourtant, les hommes fêtent avec constance chaque année depuis la nuit des temps…

Depuis toujours, le solstice d’hiver est perçu comme le début de la reconquête du jour sur la nuit à l’aube de l’hiver. C’est donc le jour de l’année où la nuit est la plus longue et la durée d’ensoleillement théorique la plus courte. Dans l’hémisphère nord, ce phénomène se produit autour du 20 ou 21 décembre.

En général, on s’en tient là en termes d’explications scientifique ou astrophysiques. Ça suffit d’ailleurs largement pour se réjouir de cette « renaissance » de la lumière, car s’il y a bien un invariant jubilatoire auquel l’espèce humaine semble adhérer sans restriction depuis l’homme de Cro-Magnon jusqu’à l’Homo Sapiens, c’est la satisfaction de voir les jours  » rallonger » après une interminable phase de décroissance! Perceptible depuis la fin des vacances d’été!

Du plus rustre des hominidés – sans doute peu enclin à la réflexion existentielle – jusqu’au plus abouti des abrutis modernes, qui, en toutes circonstances, tapotent avec fébrilité des SMS sur leurs smartphones, tout le monde apprécie qu’à un moment précis de l’année, la nuit dominatrice en rabatte et commence à perdre du terrain sur le jour…

Même les religions – du moins celles qui ne font pas de l’obscurantisme moyenâgeux le fondement de leur révélation – ont vu le parti qu’elles pouvaient tirer de cette heureuse conjoncture. Elles se sont engouffrées dans ce renouveau annoncé de la lumière pour y voir la réincarnation de leur divinité. Et une occasion de l’honorer dans l’allégresse! Disent-elles! Bien joué ! Une tradition que déjà les druides celtiques avaient faite leur.

Du coup, devant un tel unanimisme, les indécrottables mécréants dans mon genre auraient mauvaise grâce à dédaigner les fêtes en l’honneur du dieu solaire, de nouveau dominateur et conquérant, et à bouder les agapes qui vont avec. Y compris, celles organisées par les croyants au beau milieu de cette « Heilige Nacht »de la Nativité christique. De même, ils se réjouissent à la vue de leurs petits-enfants s’agiter tout heureux autour d’un « Tannenbaum » enguirlandé !  Et comme tous, ils sacrifient à la tradition des jouets chinois achetés sur Internet ou dans les grandes surfaces de gadgets spécialisés pour enfants sages. De préférence en bois, en oubliant que les bas prix pratiqués correspondent à l’injuste contrepartie de l’esclavage enfantin dans l’Empire du Milieu…

On attend donc avec impatience le solstice d’hiver et les jours de fête qui l’entourent.

Mais l’explication scientifique de cet événement, dont chacun peut aisément observer les effets, est relativement complexe. Evidemment, il n’est pas dans mon propos ici d’entrer dans le détail. On se contentera juste de souligner que les  solstices – d’hiver et d’été – comme d’ailleurs les équinoxes sont liés à la position relative du plan de l’orbite de la terre (plan de l’écliptique) gravitant en un an autour du soleil  et celle du plan équatorial de la terre, laquelle – c’est bien connu – fait sa révolution en une journée autour d’un axe « oblique » par rapport au plan de l’écliptique.

La combinaison de ces mouvements implique qu’à chaque jour de l’année, la position « apparente » du soleil, vu de la terre est différente.  On conçoit aisément que cette vision dite « géocentique » ou anthropocentrique sera la nôtre – es qualité de terrien – car elle est conforme et cohérente avec notre perception du monde. Mais, on doit aussi admettre qu’elle est relative et qu’une autre vision devrait être possible en prenant beaucoup plus de recul, c’est-à-dire, en analysant la trajectoire de la terre à partir d’un siège qu’on aurait installé sur le soleil. Au risque, bien sûr, de se les chauffer gravement.

Cette relativisation nous rendrait raisonnable et nous conduirait à cette définition désormais classique du « solstice d’hiver », qui figure presque à l‘identique dans tous les dictionnaires des sciences : « Le solstice d’hiver est un événement astronomique qui se produit lorsque la position apparente du Soleil vu de la Terre atteint son extrême septentrional (boréal) en fonction du plan de l’équateur céleste ou terrestre ». Dur, dur!

Le terme important de la phrase précédente est la qualité « apparente », affectant la position du soleil. Il montre que cette nuit qui se prolonge et qui descend sur nous aux environs de 18 heures dans les jours précédant le solstice d’hiver, ne rend pas compte d’une réalité absolue, mais simplement de notre positionnement sur une pseudo sphère inclinée d’environ 23°, qui tourne sur elle-même en 24 heures, dans le même temps où elle gravite autour de son étoile en 365 jours et des broutilles…

Ça rend forcement modeste ! Sauf les religieux qui dans l’histoire du monde n’ont jamais su voir au-delà de leurs livres prétendument sacrés, et qui ont toujours cherché à coller de « l’universel divin » là où un Galilée n’observait qu’une illusion d’optique… Ils ont failli le brûler. Alors il s’est heureusement rétracté… »Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente… » chantait le grand Georges.

Et pourtant elle tourne !

De même, moi, j’aime bien les sapins décorés et les rues illuminées à Noël. J’aime aussi les crèches dans les églises. Seulement dans les églises en principe! Mais si d’aventure, quelqu’un, par provocation ou pour répondre au souhait de ses administrés en place une dans une mairie : je ne m’en soucie guère… Disons que je m’en moque car l’affaire ne me concerne pas, surtout lorsque j’observe que les effarouchés – pas souvent vierges – qui se disent révulsés par cette « attaque indigne contre la laïcité » sont précisément ceux qui passent leur temps à étaler leurs superstitions liberticides et anachroniques sur l’espace public …En outre, que ça plaise ou non, que ça « stigmatise » ou non les intolérants venus d’ailleurs, il faut bien convenir, même s’il est de bon ton de le taire aujourd’hui, que la civilisation européenne puise pour l’essentiel sa spécificité dans une tradition judéo-chrétienne millénaire. Même les impies militants et fiers de l’être – dont je suis – apprécient que Notre-Dame de Paris ne soit pas (encore) Sainte Sophie!

Alors, chers visiteurs et visiteuses, je vous souhaite un Joyeux Noël 2014 … avec ou sans crèche, mais avec une bonne « bouffe » et … un père Noël généreux! Avec des enfants heureux.

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Photo de sapin « piqué » sur Internet: le miracle de Noël

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