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Posts Tagged ‘plage d’hiver’

Si, Si…

Si j’avais un chien pour fidèle compagnon, il est certain que les jours où « le temps s’y prête » je le promènerais sur la plage…Il pataugerait à sa guise en limite d’estran et imprimerait ses pattes en s’ébouriffant, dans les marnes et les sables gris ou blonds du rivage…

Et si, complice de mes pensées, mon chien souhaitait marquer son passage et le mien d’une trace éphémère, propre à ressusciter d’antiques souvenirs, je l’approuverais, tout en sachant qu’à chaque flux et reflux de la mer, d’incessantes petites vaguelettes, déferlant sur la grève, s’échineraient avec constance à noyer sous l’écume, les fétus d’un passé esquissé en rêve et à jamais révolu.

Sa promenade erratique et fouineuse serait la mienne, sur ce rivage soudainement épargné par le temps en plein cœur de l’hiver. Alors, je lui raconterais « l’histoire de ce roi mort de n’avoir pu te rencontrer »! Ce même souverain qu’un grand prince de la chanson chantait encore dans les jukebox des boites de nuit de la côte, à la charnière des années soixante

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Et si ce lieu dont on ne sait le nom – un nom qu’on a fini par oublier à force d’y songer – avait la singulière faculté d’inverser le cours des choses et de nos histoires! Ce serait si génial de rembobiner l’espace-temps de ce jardin secret à rebours des orbites planétaires et de rattraper tant de lustres perdus à s’étourdir dans une course éperdue vers un improbable et indomptable futur! Comment contrer cette croissance entropique de notre univers intime, qui a si souvent perverti – mué – nos pensées les plus folles en un présent banal à peine présentable? Grandeurs et misères du quotidien, dont le poids s’alourdit comme dorénavant notre démarche, comme s’épaissit aussi notre tour de taille au fur et à mesure du temps qui passe, alors que notre longue chevelure brune d’antan s’est clairsemée et qu’elle ne relève plus que de l’imaginaire.

Trop tard désormais pour regretter quoi que ce soit, sauf ici parfois – peut-être – dans une posture désormais gratuite, si l’occasion se présente, par procuration également… Seuls face à la mer sombre, et au soleil couchant, terrassés par l’horizon flamboyant du côté de la Catalogne, et épris d’une sourde inquiétude sous un ciel chargé et menaçant, oserons-nous raviver avec mélancolie tant de sentiments évanouis, il y a plus d’un demi-siècle…Oui, s’il s’agit d’entrevoir le bonheur à peine ébauché d’avoir été furtivement et virtuellement quelqu’un, sur ce littoral languedocien! Un rêve nostalgique d’autrefois, pour sourire de soi-même avec délice, avec compassion et douceur, en mesurant le chemin parcouru depuis lors… »Avec le temps, va, tout s’en va… »

Si elles s’en souviennent les vagues vous diront, Comment pour la Fanette s’arrêta la chanson…

 

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