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Posts Tagged ‘muguet’

On disait jadis que le muguet du 1er mai portait « bonheur ». Puisse ce bienveillant postulat se vérifier encore aujourd’hui, malgré les multiples menaces qui pèsent sur nous en ce printemps 2022 et les sombres augures qui nous parviennent de l’Est de l’Europe…

Faisons malgré tout comme si!

Comme si ce muguet du 1er mai possédait encore cette vertu apaisante d’arrêter la folie meurtrière des assassins qui ne rêvent que de nous engloutir sous le feu nucléaire, ou des malfaisants de toutes observances qui misent sur notre docilité et notre asservissement.

Allons donc à la manif après avoir acheté un brin de muguet aux étals du « Parti »!

Allons-y, sinon physiquement, bras dessus bras dessous, comme autrefois, sous les banderoles et calicots syndicaux, du moins par la pensée solidaire que nous autorisent toujours nos vieux os!

Tous mes souhaits de bonheur en ce printemps 2022 vont à mes proches, à ma famille et à mes copains ainsi qu’à tous ceux qui m’ont fait l’honneur de s’intéresser ici depuis onze ans, à mes petites chroniques et divagations oniriques, glanées ici ou là dans le grand livre des siècles et des générations. Rédigées également en m’inspirant d’une actualité, qui n’est jamais bien loin, inquiétante ou menaçante, plus rarement réjouissante! Une actualité qui n’est d’ailleurs que la conséquence des erreurs, des négligences ou des succès d’un passé qu’un hasard facétieux ressuscite tantôt à notre détriment lorsqu’il réveille de funestes démons, tantôt à notre avantage lorsqu’il nous contraint à la réflexion sur notre place dans une Nature dont nous ne sommes qu’une des composantes.

Chaque génération a apporté sa pierre, parfois glorieuse, parfois moins, à cet édifice fragile et quelquefois déprimant qu’on appelle la condition humaine.

Sans sombrer dans une sorte de moralisme larmoyant, le 1er mai et les clochettes de son muguet nous rappellent depuis la nuit des temps que l’aspiration au bonheur individuel et collectif n’est pas une grossièreté. Ils nous offrent surtout l’occasion d’espérer dans l’avenir, sous un soleil renaissant et militant, entre Bastille, République et Nation.

Ce n’est peut-être qu’une illusion! Tant pis car c’est bon pour le moral.

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Je comprends qu’on puisse se moquer gentiment de notre nostalgie revendiquée pour une époque désormais très lointaine, celle de notre jeunesse. Mai 1968…

N’empêche que cette mélancolie qui parfois nous submerge, a des raisons d’être. Non parce qu’on a pris de l’âge ou qu’il faille désormais accepter la finitude de notre existence et, en outre, s’accommoder avec fatalisme, de l’idée selon laquelle nous devrons, un jour ou l’autre, laisser la place. Ce qui nous irrite, ce n’est pas, non plus, de renoncer à être le centre du monde ou d’être poussé, hors de scène, conformément aux cycles immuables des espèces vivantes!

Non! Ce qui nous attriste, ce n’est même pas enfin une incompréhensible modernité qui nous accablerait et dont nous ne serions que les victimes sans en être partie prenante et encore moins bénéficiaire. Ce qui nous chagrine en réalité, c’est presque le contraire: c’est le sentiment d’avoir conservé l’enthousiasme de notre jeunesse et d’observer le vieillissement accéléré d’un environnement social, politique et moral, incapable d’imaginer une vision collective de l’avenir sans se référer aux archaïsmes les plus éculés.

Un avenir qui ne semble plus être conçu qu’étriqué et sécuritaire, et qui privilégie le retour en arrière sur le risque d’avancer!  Du moins si l’on se projette dans les schémas que développent ceux qui prétendent nous gouverner.

Entravés par des certitudes d’un autre âge, ils n’attestent par leurs propos, que de leur aboulie moralisante. Et tout se passe comme si leur impuissance ne recelait qu’une seule « vertu », celle d’inverser la marche du temps, leur action effective consistant juste à recycler de vieilles sornettes, rafistolées à coups de révolution numérique…

La France est en marche, certes, mais trop fréquemment en marche arrière! Tout se passe comme si ce bric-à-brac de bavardages stériles et idéologiquement réactionnaires prenait le pas sur l’idée de progrès, moteur de toutes nos utopies libératrices depuis deux siècles… Finis les idéaux qui nous animaient ainsi que le volontarisme et l’esprit de révolte de ceux qui nous ont précédés et qui ne se contentaient pas de courber l’échine face à la fatalité ou de se plier à un ordre établi profondément injuste!  

La génération actuellement au pouvoir – pourtant jeune d’apparence et qui l’est réellement si l’on considère sa date de naissance et celle de sa sortie de l’ENA – parait en effet, si vieille et surannée, à l’aune de ce qui nous faisait vibrer jadis! Que propose t’elle en dehors des antiennes dévaluées et inégalitaires du 19ième siècle, dans le genre « Enrichissez-vous », bréviaire du très monarchique et ultra-libéral François Guizot (1787-1874)?

Voilà une des raisons qui font que ce premier mai 2020 nous rend un peu tristes.  

En 2020 Muguet de Maurice et Adrienne

L’épidémie virale qui nous accable n’est qu’un des révélateurs récents, et sûrement le plus tragique, de cette crise de confiance d’une société qui s’aperçoit qu’elle régresse dans presque tous les domaines, depuis trois ou quatre décennies.  Une société gangrenée par le pessimisme, qui, ayant progressivement abandonné l’esprit des Lumières et ne croyant plus à son destin ni même à son identité, ne trouve plus guère d’autre échappatoire que de s’en remettre au monde merveilleux et à la philosophie de la comtesse de Ségur! Et à la pensée magique pour surmonter ses malheurs, réduire les inégalités et même éduquer ses enfants. 

Il y a belle lurette en revanche que l’insolence n’est plus tolérée. Plus personne n’oserait taguer – comme en mai 1968 – sur les murs de la Sorbonne une formule du type, « la liberté c’est la conscience de la nécessité ». On pouvait à l’époque griffonner de tels aphorismes un peu abscons dans un temple du savoir sans exiger de leurs auteurs qu’ils s’en expliquent, autrement que par leur rage d’exister et de s’approprier leur destin! 

Il y a longtemps en outre, que plus personne n’écrirait sur un amphi de Nanterre que « Manquer d’imagination, c’est ne pas imaginer le manque »… Même un slogan fédérateur comme  » En mai, fais ce qu’il te plait », clamé à l’encan, passerait actuellement pour une insupportable subversion. 

Ne parlons pas du  » il est interdire d’interdire » de mai 1968 qui, bientôt, relèvera, sans nul doute, du corpus d’injures à l’ordre public, pénalement sanctionnables…  

Dans ce contexte, la fête du travail n’est plus vraiment celle des travailleurs au sens de la lutte des classes et de l’Internationale Socialiste, mais plutôt celle du corporatisme et de la concorde pétainistes. Quant au muguet, il n’entretient plus aucune filiation romantique avec l’églantine rouge portée jadis à la boutonnière le jour du 1er mai!  

Cette grisaille idéologique nourrie aux peurs légitimes que suscite l’épidémie mortifère au coronavirus, révèle heureusement d’amusants paradoxes comme l’opération « mains propres » ressassée sans relâche par les responsables politiques – qui nous contraint forcément à sourire, savon de Marseille en main – ou encore la désignation d’une sous-ministre, ci-devant inspecteure des finances, désormais chargée de l’approvisionnement toujours improbable en masques de papier importés de Chine… comme d’ailleurs l’implacable virus…

Y aura-t’il prochainement une sous-ministre dédiée au gel hydroalcoolique, puis une autre à la distanciation sociale et enfin une, qu’on appelle avec impatience de nos vœux, missionnée par le Président pour trouver une thérapie efficace contre cette engeance mortifère? 

Dans l’attente, faisant fi cette année de l’absence sur les marchés de nos villes et villages, de vendeurs de l’Huma reconvertis rituellement en vendeurs de muguet, la magie du numérique permet malgré tout – en dépit des menaces qu’il fait peser sur nos libertés – d’offrir à tout un chacun, un brin virtuel de bonheur… En gageant qu’il se réalise au plus vite!

Vœu plutôt bienvenu et toujours apprécié en ces temps maussades!

Merci à tous les égarés du Net qui parfois lisent mes divagations oniriques témoignant à ma mesure d’époques désormais révolues! 

Mai 1968 – grève à Thomson Angers

Protégez-vous de tout et de tout le monde! 

 

 

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Juste un modeste bouquet de muguet, aujourd’hui transplanté de la terrasse massicoise de l’allée Albert Thomas, où il avait fait souche vers un autre « ailleurs » de banlieue, où il s’efforce de survivre…

Pour une fois encore, en ce premier jour de mai – celui d’une nouvelle époque où ils ne sont plus – il forme au nom d’Adrienne et de Maurice Pasquier, tous les vœux de bonheur qu’eux-mêmes n’auraient pas manqué de prodiguer dès potron-minet à tous ceux qu’ils aimaient…

Tant de souvenirs, de symboles et de ferments de notre culture collective et familiale, ainsi que de notre mémoire des luttes ouvrières d’antan, restent attachés à ces clochettes au parfum si spécifique, qu’il eût été injuste de les oublier définitivement dans un coin de jardin ou de terrasse.

Surtout cette année, où, témoins désormais orphelins d’un temps révolu, ces grappes de clochettes continuent d’incarner les combats pour la justice sociale, la solidarité et la démocratie, qu’ont conduits, depuis la nuit des temps tous ceux qui contestèrent l’ordre établi des puissants. Et parmi ces indomptables et utopiques militants d’un avenir « radieux », Adrienne et Maurice, jusqu’à leur dernier souffle.

Un demi-siècle après les « événements de mai 1968″, ces luttes sociales et désormais sociétales demeurent une exigence. Elles sont même plus d’actualité que jamais, avec le retour – sous les traits d’une fausse modernité – des vieilles rengaines conservatrices de l’avant-dernier siècle, dénoncées en leur temps par Jaurès et ses compagnons dont Albert Thomas (1878-1932)… Celui de l »Allée » et du Bureau International du Travail!

Les clochettes du muguet ne se contentent donc pas d’être l’écho de notre mélancolie ou de notre nostalgie face à un monde qui semble se déliter, et qui se déchire. Non plus qu’elles ambitionnent de se limiter à sonner le glas de notre jeunesse, mais le tocsin de la révolte salvatrice, en perspective d’un toujours espéré « Temps des cerises »!

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