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Posts Tagged ‘laïcité’

Le cercueil du professeur d’histoire et de géographie Samuel Paty, lâchement assassiné par un terroriste islamiste était à peine refermé, que déjà l’unité nationale face à la barbarie commençait à se fissurer.

Alors que le très bel hommage rendu par le chef de l’Etat à la Sorbonne le 21 octobre 2020 venait juste d’être prononcé et unanimement approuvé, des voix s’élevaient pour expliquer – sinon justifier – l’inconcevable, l’intolérable. Une fois de plus, oublieux de la tragédie, certains s’évertuaient au nom d’on ne sait quelle excuse sociale, à tergiverser sur les mesures d’autodéfense républicaine que les pouvoirs publics entendaient prendre pour contrer un obscurantisme agressif et mortifère, s’attaquant désormais à la plus symbolique des institutions républicaines, l’école et ses maitres. 

Comme à l’accoutumée, les alliés objectifs du camp des assassins fourbissaient leurs armes juridiques, procédurières, sémantiques, et même, plus pernicieuses encore, philosophiques, moralisantes ou métaphysiques, pour décourager toute tentative de répression préventive de cette abjection idéologique qu’est l’islamisme. Confondant l’accessoire et l’essentiel, ils se perdent, comme pour noyer le poisson, dans des débats rhétoriques hors sol, oubliant au passage que cette perversion idéologique mortifère – qui prend en otage une religion – colonise sournoisement le cerveau des enfants pris dans ses griffes, en les saturant de dogmes moyenâgeux et de rites liberticides.

On savait que l’objectif ultime de l’islamisme était clairement de porter atteinte à la démocratie et d’abattre la République. Mais on a fait comme si on l’ignorait, en dépit des alertes très explicites qui nous étaient adressées depuis au moins une vingtaine d’années. On peut craindre que les donneurs de leçon de maintien ne poursuivent dans cette dérive. Trop souvent, par paresse, par naïveté, par lâcheté ou simplement par cupidité et par clientélisme électoral, ils ont privilégié le déni de réalité sur la prise de conscience du problème et du danger.

Et irrémédiablement, l’islamisme s’est installé en France dans les terreaux sociaux qui lui étaient les plus favorables et les moins assimilés à l’épopée républicaine. Et ce faisant, il a discrédité voire injustement disqualifié la majorité des musulmans de France respectueux des lois de la République: il a porté atteinte à leur honneur et rendu vains leurs efforts d’intégration. Avançant d’abord à bas bruit, il s’est progressivement émancipé de sa discrétion initiale, et usant de harcèlements, de menaces, et si nécessaire, de violence physique, il est parvenu à instiller la peur et obtenir la soumission des plus récalcitrants à ses injonctions liberticides d’un autre âge. Petit à petit, en brandissant le spectre de la victimisation, de la culpabilisation à l’encontre des « français » tous indifféremment taxés d’anciens coloniaux et en jouant habilement sur l’islamophobie, l’islamisme a imposé sa loi – prétendument divine, en l’occurrence la charia – au détriment des règles républicaines.

Ainsi, il a placé sous coupe réglée une partie de la jeunesse en souffrance, issue de l’immigration, lui a dicté sa loi et s’est accaparé de cités entières dans certains quartiers de banlieues dites défavorisées et trop souvent délaissées par les services publics, hormis l’école. Ainsi, il a investi à son profit l’imaginaire de populations qui, depuis, confrontées aux difficultés sociales, ne se reconnaissent plus comme françaises à part entière!

Ce constat inquiétant qui a échappé au regard et à l’expertise de certaines bonnes âmes, parfois édiles locaux, qui de facto sont devenues, les complices malgré elles, des assassins. Aujourd’hui, elles découvrent ingénument la situation actuelle très préoccupante, tout en s’entêtant dans leurs euphémismes d’antan et leurs erreurs d’analyse du passé.

Ce constat explique aussi pourquoi l’école de la République est évidemment un des lieux privilégiés d’attaque de ces nouveaux fascistes. C’est en effet l’école qui apparait comme le dernier bastion de la République à conquérir dans ces territoires perdus. C’est elle qui, à leurs yeux, doit en priorité être mise au pas pour parfaire leur folle utopie de destruction de notre civilisation occidentale, car c’est sous sa protection et grâce à elle, qu’on apprend à distinguer les savoirs et les croyances, dans le respect réciproque mais sans ingérence des uns qui font appel au raisonnement sur les autres qui relèvent de convictions intimes. C’est dans l’école qu’il faut, à tout prix, opérer ce partage entre la sphère privée et publique, et dissocier la science de la théologie, axiomes évidemment aux antipodes des « ukases » de l’obscurantisme islamiste ! 

Les terroristes ont donc mille motifs d’exécrer l’école républicaine, en particulier le fait que c’est en son sein qu’on apprend la liberté, l’égalité, la fraternité et la démocratie. Or il s’agit là encore de principes qui font horreur aux fanatiques de l’islam politique, qui préfèrent miser sur le bourrage de crâne que sur la connaissance et la raison. Ils n’ont d’ailleurs pas tort car de tous temps, l’ignorance a servi de moyen idéal pour asservir les victimes des dictatures. Quand on estime détenir la vérité absolue par la révélation, il n’est nul besoin de s’interroger plus avant!     

Samuel Paty a été assassiné parce que, précisément, il accomplissait consciencieusement son métier de professeur et d’éducateur, soucieux d’enseigner aux enfants, le goût de la liberté de penser et celui de s’exprimer par eux-mêmes, sans se laisser intimider par les pressions menaçantes et le prêt à penser de charlatans sectaires déguisés en imams. 

 

Samuel Paty a été atrocement mutilé parce qu’il incarnait la République et parce qu’il s’était donné pour mission de former des citoyens responsables, dotés d’esprit critique et aptes à participer plus tard à l’exercice de la souveraineté populaire et à la gouvernance de la société dans un cadre démocratique.

La démocratie, un vilain mot pour les abrutis du terrorisme islamiste, souvent téléguidés et financés dans leurs intentions criminelles par des dictatures théocratiques et pétrolières du Moyen Orient ou des régimes despotiques et impérialistes. 

Cela étant, que peut-on faire concrètement, lorsqu’on ne détient aucun mandat, pour demeurer fidèle au message et à l’exemple que nous laisse ce courageux professeur, victime iconique du terrorisme islamiste?

Outre le fait de soutenir les autorités en place dans leur volonté affichée de prendre enfin à bras le corps le danger islamiste, il convient sans doute de répliquer aux discours des donneurs de leçon patentés, qui comme toujours avancent des excuses sociales au terrorisme islamiste ou, qui, redéfinissant à leur guise, la belle notion de laïcité, victimisent les assassins et prônent la « tolérance » à l’intolérable. 

Il faut ensuite ne pas se laisser enfermer dans des débats sémantiques stériles, consistant par exemple à disserter à plus soif sur les termes de laïcité ou d’athéisme, et par là, à déplacer le problème que pose l’islamisme en le réduisant à la question religieuse et au schisme qu’il introduit au sein d’une confession.  Il faut oser nommer clairement l’ennemi sans se réfugier dans d’insipides litotes comme celle, commode, pour tourner autour du pot de « fanatisme religieux ». Ces manœuvres sont trop habiles pour qu’on omette de les dénoncer, car elles offrent l’occasion en s’appuyant sur un antiracisme de façade ou sur la dénonciation d’une prétendue islamophobie, d’oublier et de relativiser les méfaits de l’islam radical. De déconsidérer également toute entreprise visant à le combattre effectivement.

On le sait mais il faut le répéter: de même qu’une grande majorité d’allemands n’était pas nazie entre 1933 et 1945, de même il est faux et injurieux de considérer les musulmans comme des compagnons de route des tueurs de l’islamisme. Ils en sont les premières victimes.

D’autres contradicteurs plus subtils encore prennent prétexte d’un antisionisme cache-sexe de leur antisémitisme, pour nous expliquer faussement contrits que les actes terroristes islamistes sont une des conséquences « regrettables » de l’occupation israélienne des territoires palestiniens.  

Face à ce déchainement de « consciences tourmentées d’elles-mêmes  » et aveuglées mais toutes d’accord pour ne rien faire afin d’éviter « l’amalgame », il ne reste guère comme solution pour marquer sa répulsion de l’islamisme – en attendant d’éventuelles mesures répressives ou préventives – que de se solidariser avec les victimes du terrorisme et de se déclarer comme eux « mécréants »

Mécréants et fiers de l’être.  

« Mécréants » c’est ainsi que ces fous de dieu désignent leurs ennemis, à savoir, tous ceux qui ne partagent pas strictement leurs croyances, leurs T.O.C. et leurs manies criminelles. A cette aune, nous sommes tous leurs ennemis car contrairement à eux, notre seule religion c’est la raison éclairée par la philosophie des Lumières, c’est aussi le doute métaphysique et même le respect de Dieu s’il existe… 

En effet, si Dieu existe, il a, par définition, imaginé le ciel et la terre, l’infiniment petit et l’infiniment grand, il a façonné la moindre particule des atomes, il a joué à la fois du hasard et de la nécessité! Alors dans ces conditions, ne serait-ce pas lui faire injure que de le considérer à ce point mesquin et « petit » pour exiger des femmes qu’elles se voilent et se transforment en spectres, qu’elles se dispensent en outre de croiser le regard d’hommes qui ne sont ni leurs pères, ni leurs frères, ou pour jeter l’anathème sur ces malheureux porcs qu’il aurait lui-même créés? 

Si Dieu existe, il mérite sûrement le respect et non d’être imaginé comme un idiot du village un peu ombrageux et buté, qui s’offusquerait de simples dessins! Et en plus, versatile!  

Pour l’heure, notre admiration est exclusivement vouée à ceux qui nous ont instruits, à nos professeurs plutôt qu’à des enturbannés hallucinés et barbus qui prêchent en babouches, la haine de tous ceux qui ne partagent pas leurs croyances. Croyances dont il est encore de notre droit de dire sans complexe qu’on ne les partage en rien! Barbus hallucinés qui ne méritent que notre mépris! 

Nos maitres – comme Samuel Paty – se sont contentés, eux, de nous ouvrir les portes de la connaissance et de nous inciter à nous en rassasier. On leur doit beaucoup plus qu’aux curés! 

Enfin, en sa mémoire, le moins que l’on puisse faire c’est de diffuser les caricatures de ce fameux prophète qui semble rendre fous les islamistes. Ces caricatures diffusées par Charlie Hebdo et qui ont valu à Samuel Paty la fatwa assassine!

Il reste à conclure en reprenant ce court extrait d’un discours de Jean Jaurès prononcé en janvier 1910 devant les députés:

« L’idée, le principe de vie, qui est dans les sociétés modernes, qui se manifeste dans toutes leurs institutions, c’est l’acte de foi dans l’efficacité morale et sociale de la Raison, dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable. C’est ce principe qui se confond avec la laïcité elle-même … » 

Cette phrase est plus longuement explicitée dans sa lettre aux instituteurs, qui sera lue prochainement dans toutes les écoles de France pour illustrer ce qu’il convient d’appeler la Laïcité.    

 

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Laïcité

Il y a cinquante ans, personne n’aurait imaginé que la question de la laïcité ferait encore débat quelques décennies plus tard, et qu’en outre elle diviserait à ce point la société française, jusqu’à lui faire douter d’elle-même. La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat semblait être un acquis indiscutable de civilisation à porter au crédit de la France, tel un précieux patrimoine national, marqueur identitaire de la République…

Désormais, ces temps paraissent malheureusement révolus, sous l’effet des coups de boutoir répétés et des provocations incessantes, émanant de dérives obscurantistes imputables à des doctrines religieuses sectaires, conquérantes et agressives, massivement implantées en France au cours de ces quarante dernières années.

Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur les détournements que l’on observe actuellement de la loi de 1905 et sur les interprétations tendancieuses qui en sont faites par des éléments extrémistes issus de populations qui se croient exclues du récit national. En tout cas, qui se refusent à le partager.

Alors que cette loi avait été conçue comme un acte de tolérance garantissant, à titre individuel, la liberté religieuse, et affirmant, à titre collectif, la primauté des valeurs et des principes de la République, certains hallucinés se réclamant de leur dieu ou d’écrits prétendument prophétiques, s’échinent malignement à en dévoyer le sens, pour en faire une arme politique destructrice au profit de leur folie cultuelle, et pour remettre en cause l’idée même de République. Laquelle, contrairement à leur prérequis idéologique pervers, accorde les mêmes droits et soumet aux mêmes devoirs, chaque citoyen ou citoyenne, sans interférer de quelque nature que ce soit, avec ses convictions philosophiques, métaphysiques ou sa perception de la transcendance, fût-elle naïve, pitoyable ou anachronique.

D’une certaine manière, la patrie – celle que nous chérissons – se retrouve ainsi en danger. En danger d’implosion, et avec elle, notre conception de la fraternité, de la liberté et de l’égalité citoyenne, notamment entre les sexes.

La controverse fait rage… Inutile par conséquent d’en rajouter… Par prudence, je m’abstiendrai même de le faire, car je sais que dans ce « nouveau monde » aux relents liberticides revendiqués, tout propos non conforme à la norme des « modernes » chasseurs de blasphèmes, peut valoir aux « profanateurs » livrés à la vindicte médiatique, une accusation infamante de xénophobie, de racisme et d’incitation à l’affrontement inter-communautaire.

Le soixante-huitard que sommeille toujours en moi et qui sommeillera jusqu’à mon terme, est évidemment effaré – effrayé même – par ces retournements spectaculaires et crépusculaires de l’histoire… Il comprend éberlué et nostalgique qu’il est désormais très loin le temps où il pouvait coller sur les murs de sa fac:  » Ne me libère pas , je m’en charge » ou encore:  » Je suis marxiste, tendance Groucho »…La causticité n’est plus dans l’air du temps! Ni même la lucidité…

Pourrait-il encore proclamer dans une assemblée générale, « Attention les cons nous cernent » sans encourir les foudres des modernes milices de la pensée, et sans être cloué au pilori pour délit de stigmatisation desdits cons?

Bref, je suis devenu précautionneux en matière de langage, surtout lorsqu’il s’agit de religion… ou de climatologie!

Dans ce contexte de peur où chacun, jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat pratique le déni de réalité et la complaisance mutique face aux menaces liberticides socialement mortifères de certaines pratiques confessionnelles délibérément séditieuses et attentatoires à la laïcité, il n’est pas inutile de rappeler – comme l’a fait récemment le Président du Sénat dans le journal du dimanche – cette belle formule d’Aristide Briand (1862-1932) ancien ministre et président du Conseil sous la troisième République, qui commentait en ces termes la loi de 1905:

 « La loi doit protéger la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dire la loi » 

Tout est dit… Il n’y a plus qu’à décliner…

Delacroix

Delacroix – La liberté guidant le peuple

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La réalité dépasse parfois les fictions les plus terrifiantes. Ainsi, comment ne pas être sidérés – littéralement choqués – lorsqu’on découvre que des jeunes gens – dont la télé nous passe en boucle les visages d’anges – se livrent, au nom du djihad, à des crimes abominables? Comment ne pas être abasourdi – que dis-je, « horrifiés » – lorsqu’on apprend que ces garçons à peine sortis de l’adolescence, sont français et que, de l’aveu même de leur entourage, rien ne laissait présager, encore récemment, qu’ils pourraient se laisser entraîner vers de telles monstruosités ? Comment enfin ne pas s’interroger lorsqu’on apprend que ces atrocités sont perpétrées, au nom de l’Islam, auquel ces jeunes assassins prétendent s’être convertis? Plus prudent que la plupart des commentateurs, qui, dans un souci d’apaisement se sont précipités pour affirmer doctement que ces exactions d’une cruauté sans pareille étaient sans rapport avec la pratique religieuse, je me garderai bien d’émettre le moindre avis à ce sujet. Disons que je m’interroge… Evidemment, il ne saurait être question de « stigmatiser » l’ensemble de la communauté musulmane pour les crimes commis par quelques-uns et d’imputer ces odieux assassinats à de paisibles croyants. Même indirectement. Pas plus que, dans les temps anciens, il n’aurait été juste d’attribuer les méfaits des croisades ou de l’Inquisition espagnole à l’ensemble des catholiques.

N’empêche que l’histoire nous enseigne que la plupart des guerres dans le monde depuis deux mille ans – et même probablement au-delà – ont été conduites au nom de Dieu, pour faire valoir, par la force, une vérité révélée. C’est d’ailleurs assez logique, car la révélation ne se discute pas. Elle n’a nul besoin de recourir à la raison pour s’imposer, mais elle la craint comme l’expression sacrilège d’une perversion déicide. Au cours des temps, cependant certaines religions, au risque de se dénaturer, se sont cependant laissé apprivoiser en développant des messages moins guerriers, empreints parfois de tolérance à l’égard de la « mécréance » ou de l’hérésie. L’expérience montre que cette sécularisation qui édulcore les dogmes, vide les sanctuaires et affaiblit la portée d’un discours religieux qui se transforme alors en simple morale. Je ne m’en plains pas. Je m’en réjouis même, mais je peux comprendre aussi que cet opportunisme œcuménique irrite les intégristes qui ne rêvent que de transcendance mortifère et rédemptrice. Rédemptrice parce que mortifère !

Pour tous ces motifs, je me garderai bien de m’inscrire dans le discours de circonstance aux accents théologiques politiquement corrects, qui exonère l’Islam de toute responsabilité dans les sinistres dérives sectaires que nous observons. Mais, je peux admettre et comprendre ceux qui le tiennent au nom de l’Ordre Public et de la paix sociale. Il est probable qu’en charge des affaires publiques, j’agirais de même. .

Ce qui frappe en revanche dans le parcours funeste de ces jeunes hommes ou jeunes femmes de nationalité française qui s’enrôlent aux côtés des troupes terroristes en Syrie et en Irak, c’est qu’ils semblent agir sans manifester la moindre retenue. Toute réticence à l’égard des actes de barbarie qu’ils font subir à leurs victimes semblent avoir disparu. Comme si toutes les barrières morales étaient tombées.

J’y vois là le signe d’une responsabilité collective, attestant que notre société a échoué et même gravement failli dans l’éducation délivrée à ces assassins nés de sa propre chair. Sinon, comment expliquer que ces jeunes n’aient pas trouvé d’autre réponse que la mort, aux questions existentielles classiques que tout être humain se pose. Leur soif d’idéal et d’absolu – propre à la jeunesse – ne trouvant à s’incarner que dans l’inhumanité.

Comme si le seul horizon enviable, c’était la mort, espérée pour eux-mêmes en récompense de l’abandon de soi,  et infligée à ceux qui ne partagent pas leur utopie destructrice, appliquée comme un châtiment divin.

A ce stade, ce ne sont pourtant ni la religion, ni les discours enflammés de fanatiques imans, ni même la consultation masturbatoire de sites Internet djihadistes, qui sont la cause de cette déroute de l’intelligence et de la civilisation, mais la société toute entière qui n’a pas su offrir à cette jeunesse de réelles perspectives d’avenir, propres à la projeter au-delà de la satisfaction de ses besoins matériels immédiats.

Cet échec découle de l’abandon, notamment au sein de l’école dite « républicaine », des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Par facilité ou complaisance, la notion de laïcité est devenue incompréhensible. Pire, elle est devenue l’otage de ses contempteurs et de tous les intégrismes religieux qui se servent de sa lettre pour en détruire l’esprit…Comment interpréter autrement que l’éducation nationale admette la présence de femmes voilées – pour des motifs religieux – comme accompagnatrices des sorties scolaires, ou, ailleurs, que certains parviennent à imposer leurs préceptes religieux à la cantine?

Nous sommes responsables de cette faillite de l’école laïque qui n’a pas su prendre la dimension des évolutions démographiques des dernières décennies et qui a trop souvent confondu « démocratisation et massification ». Nous avons même fini par oublier au passage la raison d’être de l’école républicaine, qui est avant tout de doter chaque jeune du bagage de connaissances nécessaires, lui permettant d’affronter la vie, en s’émancipant à la fois de sa famille, des religions et de toutes les formes de dogme ! Et ainsi d’en faire un citoyen responsable.

Attaquée aujourd’hui de toutes parts, « l’éducation nationale » n’apparaît survivre aujourd’hui qu’au prix de « petits » reniements – souvent politiciens – qui la transforme progressivement en salle d’attente pour une population sans repère, irrémédiablement appelée à gonfler les effectifs du chômage de masse. Ses revers actuels sont à la hauteur des espoirs qu’elle a suscités autrefois comme moyen privilégié d’ascension sociale. La désillusion est sans appel lorsqu’on observe la proportion croissante de jeunes quittant le système scolaire sans avoir acquis les savoirs fondamentaux.

Faute de maîtriser les outils de base de la pensée, comment imaginer que cette frange délaissée – mais de plus en plus importante et diversifiée – de la jeunesse puisse accéder valablement à la citoyenneté et adhérer à l’utopie et aux valeurs d’une République fraternelle et généreuse? Comment se solidariser d’une société dont on ignore l’histoire, les succès et les tragédies? Comment enfin exprimer la complexité du monde quand, tout simplement, on n’a pas les mots pour le dire?

Pour autant, cette jeunesse « perdue » aspire, comme toutes les autres, à se surpasser. Mais en l’état, le handicap semble insurmontable. Intellectuellement immature et culturellement déstructurée du fait d’éducateurs mal formés et de moins en moins motivés, elle est alors la proie facile et consentante de prédateurs et de charlatans qui opèrent en grand nombre sur Internet comme dans certains lieux cultuels, en offrant aux jeunes comme unique exutoire à leur soif d’absolu,  l’option de la mort ou de la haine.

Jean Jaurès

Face à cette catastrophe dont chacun peut d’ores et déjà constater les prémisses, les pouvoirs publics apparaissent tétanisés. Ils ne proposent que des dérivatifs ou des succédanés, qui n’abordent les problèmes qu’à la marge, en confondant allègrement les solutions quantitatives qui ont trait aux moyens de l’éducation nationale et la crise qualitative et morale,qui la déchire. Laquelle porte moins sur le nombre d’instituteurs – devenus « professeurs des écoles » – sur les rythmes scolaires ou encore les activités périscolaires que sur la compréhension intime des missions d’éducation du service public dans le cadre d’une laïcité bien comprise, à savoir républicaine, au sens – j’y viens enfin – de celle de Jean Jaurès (1859-1914).

Personne évidemment ne s’aviserait aujourd’hui de porter atteinte à la stature d’un Jean Jaurès devenu, avec le temps, l’icône incontournable de la République et l’ultime défenseur et martyr de la paix avant la première guerre mondiale. Mais sa vision du monde, sa conception de la politique, sa confiance dans le dessein de l’humanité et sa croyance dans le progrès, en un mot, sa pensée sont largement oubliés. D’aucuns qui se présentent comme ses héritiers – actuellement au pouvoir – l’ont généralement momifié, célébrant sa mémoire et ses qualités morales plus que son intelligence de la République, tandis que d’autres, successeurs de ceux qui l’ont vigoureusement combattu de son vivant, s’accaparent sa pensée en la détournant.

Et pourtant cette pensée dans sa limpidité originelle et dans sa profondeur, demeure plus que jamais d’actualité pour faire face au défis que doit surmonter la République pour être fidèle à ses principes fondateurs.

C’est probablement dans ce but que la Grande Loge de France a organisé le 24 novembre 2014 – dans le cadre de la commémoration de la mort de Jean Jaurès – une conférence publique animée par deux universitaires, deux intellectuels Jean-Paul Scot et Eric Vinson, autour des rapports que la République et la religion devraient nouer, selon le philosophe socialiste. J’y assistais en tant que « profane », invité par un ami très cher franc-maçon.

Pour Jean Jaurès, la laïcité dont il fut un des promoteurs avec son ami Francis de Pressencé, est à la fois indissociable de la démocratie et du progrès social. Elle suppose naturellement d’être tolérant à l’égard des croyances d’autrui, c’est-à-dire de respecter sa liberté de conscience, mais elle est aussi conditionnée par la garantie de l’égalité des droits assurée pour tous, ainsi que par leur respect… Mais ce respect, comme l’a souligné un des orateurs de la soirée, Jean-Paul Scot est « dû aux personnes, aux croyants, pas aux croyances qui peuvent être soumises à la critique ».

La conception de la laïcité, selon Jean Jaurès, n’est ni fermée, ni statique: dans son esprit, elle ouvre sur le progrès, et c’est en ce sens qu’elle excède très largement l’anticléricalisme qu’on lui prête parfois à tort. Idéalement, la laïcité scolaire est, pour lui, le ferment privilégié et le facteur d’émancipation de chaque individu, libéré de toutes contraintes dogmatiques…Dans ce contexte, l’école laïque de Jean Jaurès doit  » assurer l’entière et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les croyances, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle de fonctionnement de la vie sociale. »

La pensée philosophique jauressienne était non seulement originale dans son siècle, mais elle le demeure encore aujourd’hui car elle dépasse très largement le positivisme ou le scientisme de la fin du 19ième siècle. Elle ne fait pas du rationalisme l’horizon indépassable de la réflexion. Pas plus qu’elle n’exclut de sa problématique, la question de la transcendance… Certains y ont même vu une forme de spiritualité! Jaurès croit en effet que l’aventure humaine fait sens dans l’histoire, mais il postule aussi que cette dernière reste en permanence à écrire et que c’est à l’homme, es qualité d’être social de la construire… Penseur d’avant-garde sur les sciences de son époque, il estime que la Raison – au sens des Lumières – dépasse le rationalisme étroit, de même qu’il ne saurait se satisfaire d’un Dieu architecte de la Nature, qui « verrouillerait » définitivement l’indétermination féconde des spéculations humaines sur l’infini et l’absolu. Pour le docteur en philosophie – expert en métaphysique – la simple observation de la nature ne peut être l’unique moteur de la pensée. La force de Jaurès fut donc non seulement d’avoir contribué – parfois initié – la lutte pour l’égalité des droits des opprimés de la société, mais aussi d’avoir introduit en position centrale de son discours, un humanisme spécifique, une sorte de mystique internationaliste et même une morale républicaine, que d’autres comme Marx n’ont fait qu’effleurer. Ce fut peut-être aussi sa faiblesse.

Autant de considérations aujourd’hui oubliées, qui pourtant enracinèrent la République, et qui ouvrent l’avenir sur la vie – sur l’espoir d’une vie meilleure – et non sur la mort. Pour lutter contre les dérives sectaires et les non-sens pédagogiques, il n’y aurait que des avantages à les ressusciter d’urgence plutôt que d’embaumer pieusement la dépouille du tribun sous des tombereaux de fleurs fanées. Mais c’est peut-être trop exiger des comptables qui nous gouvernent …

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Ce slogan anticlérical attribué à Paul Bert (1833-1886) et repris en 1905 par les libres penseurs lors de l’adoption de la loi sur la laïcité dans la République, conserve  toute sa pertinence, un siècle plus tard, tant l’espace public est actuellement abusivement envahi, littéralement « thrombosé » par le prosélytisme religieux…Il suffit juste d’en généraliser la portée – limitée à l’époque à la calotte des tonsurés catho – en y adjoignant un ras-le-bol tonitruant à l’adresse de tous les porteurs de chachias, chéchias, bonnets de prière et autres kippas ainsi qu’à tous ces fiers mâles provocants à la pilosité hirsute et abondante, qui s’exhibent en babouches d’Ali Baba dans les banlieues!

Dans un ouvrage publié en 1900, « les crimes du cléricalisme », le romancier et essayiste libertaire Jules Lermina (1839-1915) concluait la première partie de son ouvrage, consacrée aux dérives sanglantes et séculaires de la religion catholique, de l’Inquisition aux dragonnades en passant par la croisade contre les albigeois, par cette phrase d’une lucidité confondante, à vocation universelle et presque prophétique (si j’ose dire), si l’on en juge par sa toujours douloureuse actualité : « l’Eglise est la voix du Dieu d’amour qui respire avec des lys le relent des charniers ».

Dans sa seconde partie, tout aussi intéressante, l’auteur montrait que l’Eglise catholique – la seule qu’il avait alors « sous la main » et qu’il brocardait allègrement – entretenait volontairement l’ignorance chez ses ouailles pour asseoir durablement son autorité…Parmi les « trucs » qu’il dénonçait, mis en œuvre depuis deux mille ans pour asservir la populace, il réservait un traitement spécifique à la question de la culpabilisation originelle des infortunés croyants et à celle de la résurrection d’entre les morts, pierre angulaire de la mystification, et authentique carotte paradisiaque. Mais un peu comme une promesse « hollandaise », la « résurrection, censée répondre à l’angoisse existentielle de chacun, reporte les jours meilleurs, à plus tard, bien plus tard, trop tard … De nos jours, les préventions de Lermina demeurent valides… Les charlatans persistent à tourmenter les naïfs, les angoissés de la vie et les inquiets de l’existence en leur faisant miroiter l’éternité et le paradis, que de vieux grimoires qualifiés de sacrés auraient effectivement prévus!

Ainsi, la culpabilisation est érigée en projet cardinal, pour les fautes originelles commises « à l’insu de son plein gré », mais qu’un Créateur contrarié serait prêt  à effacer sous certaines conditions. Ce faisant, l' »Infiniment bon » à l’origine du « Grand Tout » se comporte un peu comme un pompier-pyromane, particulièrement pervers qui allume l’incendie et en accuse les victimes !

L’espoir d’une résurrection dans une félicité éternelle est encore plus entravant, car subordonné à l’oubli de soi-même par une abnégation sans limite ici-bas! La perspective est très spéculative mais, en principe, alléchante, car on ne saurait douter que le Très-Haut généralement ombrageux et lointain fasse les choses « en grand » et mette les petits plats dans les grands, lorsqu’il admet quelqu’un à partager sa table ou sa couche. La récompense dans l’au-delà serait à la hauteur des sacrifices consentis… L’interminable partie de « jambes en l’air », à laquelle le croyant se prépare avec délectation, avec tous ceux qu’il a aimés puis perdus, ou ratés ainsi qu’avec tous ceux qu’il aurait pu aimer sans y consentir de son vivant et que la grâce divine a transfiguré en anges bienveillants, vaut bien quelques mortifications en ce bas monde! Une éternité jouissive en compensation d’un présent douloureux: tout un programme!

Mise en scène de la cène

Mise en scène de la cène

En complément de ce bréviaire un peu abstrait, la religion a développé une palanquée indigeste de dogmes et de rites liturgiques, dont certains, assez curieux, bien que n’étonnant plus personne depuis des lustres… Ainsi « manger » le corps du Christ rédempteur à chaque eucharistie et « boire » son sang, peut sembler, de prime abord, peu ragoutant et même discutable pour le premier impie venu. Ce n’était pas l’avis des bons pères qui, au catéchisme, s’évertuaient à nous montrer la grandeur et le privilège consenti à notre profit par cette forme d’anthropophagie mystique (deophagie) ou de cannibalisme religieux. Ils insistaient même lourdement pour nous dire qu’il ne s’agissait pas, là, d’une pratique symbolique, mais que le pinard avait bien été transformé en sang et que le pain – qui d’ailleurs n’en était pas – était vraiment devenu le corps ubiquitaire de Dieu fait homme !

CQFD, il n’y a plus rien à voir, vous pouvez circuler.

Le plus surprenant, c’est que tous ces tours de passe-passe, qui défient la logique et le bon sens continuent encore d’abuser le monde ! Ils ont même une fâcheuse tendance à nous « pomper l’air » … « Justement », nous rétorque-t-on, c’est parce qu’ils défient l’intelligence humaine, qu’ils portent la marque de Dieu ! La révélation ne se discute pas ! Elle colonise les « cœurs simples » prêts à l’accueillir ! Les autres sont voués à la géhenne…

A la fin de années soixante, tout ce fatras d’idées incongrues et baroques, venues du fond des âges, semblait progressivement s’enfoncer dans les oubliettes de l’histoire. Certains ont même cru trop vite à la mort de Dieu. En tout cas, pouvait-on espérer, un demi-siècle après l’institution de la laïcité comme principe constitutionnel, que la tolérance religieuse avait irrémédiablement gagné du terrain, et que les guerres de religion appartenaient définitivement au passé. On formait naïvement le vœu qu’elles ne seraient plus évoquées que comme des épisodes cruels de l’histoire de l’humanité et de ses errements mortifères… On « croyait »alors ingénument qu’on pouvait se déclarer athée ou agnostique sans être regardé avec méfiance par la collectivité et sans risquer sa peau. On n’imaginait pas un instant que la critique des religions serait un jour taxée de xénophobie dans une République laïque et que ceux qui s’y livreraient risqueraient des condamnations pénales…

C’était l’époque où l’on pouvait se revendiquer de la pensée de Voltaire sans subir de pression de la part de barbus incultes, d’enturbannés de tous poils ou de calottés de toutes obédiences. Ce n’est malheureusement plus le cas… La « vénération » publique – et presque obligatoire – des fêtes religieuses est devenue de mise. Elles sont d’ailleurs abondamment annoncées et relayées par les médias de service public d’un Etat qui continue, malgré tout, de se déclarer profane, mais qui assiste impuissant – ou complice par faiblesse – à la montée des intégrismes religieux, et qui, de ce fait, abandonne aux méfaits de l’obscurantisme, bon nombre de nos jeunes compatriotes tenus en sujétion idéologique et cultuelle liberticide et désormais mortifère. Les exodes massifs vers les lieux d’exaction terroriste en témoignent malheureusement de manière effroyable.

Rarissimes sont les radios, les télés ou les journaux, qui se dispenseraient, par respect pour tous ceux que le fait religieux omniprésent irrite, de rappeler, à grand renforts d’émissions ou d’interviews,  la date de la Pâque chrétienne ou juive, de  Yom Kippour ou de l’Aïd el-Kebir! Pourquoi sur-informer des pratiquants déjà embrigadés qui connaissent le moindre froncement de sourcils des grands prêtres du communautarisme? Pourquoi importuner les autres, les mécréants? Evidemment ce matraquage religieux est contestable, et la presse, volontairement ou non, fait ainsi le lit de tous les sectarismes confessionnels…

Encore plus rares sont ceux qui oseraient porter un regard critique sur ces fêtes, comme l’Aïd el-Kebir qui, selon la tradition, commémorerait  le sacrifice odieux que Dieu exigea d’Abraham : à savoir, d’égorger son fils comme preuve de sa soumission…Par peur d’être taxé de « racistes » et mis en accusation par les milices associatives de la police religieuse,  personne ne se permettrait, à l’instar de ce que faisait le regretté Jules Lermina en 1900, de porter un jugement critique sur cette accumulation de réminiscences archaïques que la simple morale devrait condamner sans appel. Pour les mêmes motifs, on n’ose plus s’indigner publiquement des prêches enflammés voire hallucinés, perpétrés, à cette occasion, par certains imans en France. Ces discours inculqués à des esprits fragiles peuvent parfois constituer des pousse-au-crime. Les commentateurs préfèrent frileusement mettre l’accent sur la bonté divine, qui mit fin à ce sinistre chantage divin, en substituant un mouton au pitoyable fils, et sur la fête familiale qui s’ensuit…Le « rite » de l’égorgement qui confine à l’horreur, marque pourtant l’empreinte de la barbarie… Le mythe catholique de la crucifixion rédemptrice n’est plus ragoutant.

Au nom d’une conception dévoyée de la citoyenneté, qui prospère habilement sur la misère banlieusarde, et d’un droit à la différence qui masque en réalité une certaine indifférence complaisante à l’égard d’un repli communautaire inquiétant, on préfère démissionner…Mais, ce faisant, on abandonne aux imposteurs faussement dévots, toute une frange de notre jeunesse qui ne demande qu’à jouir paisiblement de l’existence.

En réalité, s’il y a un combat à mener aujourd’hui, c’est bien celui de la conquête d’une pensée libérée, celui de la liberté de croire ou de ne pas croire… C’est celui aussi de la lutte contre l’ignorance et la bêtise. De la solidarité enfin avec les plus faibles socialement, notamment ceux issus de l’immigration, proies faciles et victimes désignées de tous ces escrocs des religions, qui leur proposent  l’exclusion identitaire comme palliatif à leurs difficultés ou comme réponse à la légitime question de la transcendance. Leur répliquer devient urgent.  Il n’est que temps de retrouver pacifiquement l’esprit des Lumières…

Retrouver l’esprit des Lumières ! C’est-à-dire le goût de la discussion, la religion du doute et l’amour de la tolérance…C’est urgent et non optionnel! Tout le contraire de l’adoration d’une révélation qui emprisonne les vies et les consciences dans un carcan d’inepties dangereuses… et qui dresse des barrières infranchissables entre ceux qui croient et ceux qui doutent, omettant d’observer qu’ils appartiennent à la même humanité!

Il n’y a pas d’autre voie pour s’éviter des lendemains barbares…

Peut-on se satisfaire que plusieurs centaines de nos compatriotes, qu’on a sûrement connus gamins délurés et rigolards, donnent un sens à leur existence en choisissant de donner la mort à leurs semblables étrangers à leurs croyances, et qui acceptent leur mort comme une libération au seuil de leur vie? Peut-on admettre que ces jeunes, soient parvenus à se convaincre de juguler leur mal être en terrorisant ceux qu’ils côtoyaient sans agressivité quelques mois auparavant? Qu’a-t ’il manqué à leur éducation pour arriver à concevoir de telles inepties et pour en faire les acteurs et les promoteurs de tels déchaînements de haine ?

Comment ne pas s’indigner lorsque grossissent sous nos yeux des cohortes toujours plus nombreuses de jeunes femmes, qui s’auto-mutilent de leur séduction en se voilant le visage au nom de Dieu ? A ces martyres prétendument consentantes, sous tutelle de leurs compagnons machistes et liberticides, qui osera dire que l’hypothétique « créateur du ciel et de la terre », omniscient et omnipotent a sûrement autrement chose à faire que de prescrire, avec sadisme, de telles mesquineries misogynes? Pourquoi, réserverait-il à la seule espèce humaine parmi les milliers d’autres sexuées, ces petitesses infamantes et ridicules? Combien fut salutaire à cet égard – et courageux – le coup de gueule de l’écrivaine et journaliste tunisienne Fawzia Zouari, publié dans la revue « Jeune Afrique » du 02 mai 2014…. Notre soutien sans réserve lui est acquis. Qu’est-elle devenue aujourd’hui?

Ce sont des personnes de sa trempe qui redonnent confiance dans l’avenir! Ce sont grâce à elles qu’on peut raisonnablement penser que l’obscurantisme religieux finira bien par reculer…

Mais il faudra aussi retrouver le chemin de l’école républicaine! Restaurer l’autorité des professeurs, rappeler qu’on appartient à la même Nation et privilégier l’apprentissage des savoirs fondamentaux, seuls en mesure de structurer la pensée et de la rendre libre… Tout un programme, qui suppose « d’exiger pour instruire, plutôt que de complaire par peur de déplaire » .  Et par là de se satisfaire des ghettos de l’ignorance et des faux savoirs qui enferment plutôt qu’ils ne libèrent et qui sont les marchepieds de la sauvagerie!

 

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Dans ce blog, je m’abstiens généralement de faire état de mes convictions républicaines et laïques: d’une part parce que ce n’est pas mon propos ici, d’autre part parce que, trop nombreux sont ceux qui actuellement se réclament de la République souvent en la malmenant ou en ignorant ses principes, et enfin parce que, parmi les internautes qui me font l’honneur de me lire, il y a peut-être des royalistes ou d’autres qui n’aiment pas les républiques laïques ! (Je ne veux mécontenter personne)

Parfois, j’ai l’impression que le webmaster du Portail du grand opérateur public Orange appartient à cette dernière catégorie ou qu’il ignore ce que signifient les mots « laïcité et liberté de pensée », car je suis régulièrement censuré dans mes commentaires à propos d’articles mis en ligne sur le Portail Orange…

Aussi, à chaque censure, je publie moi-même mon commentaire refusé dans une rubrique de ce blog, intitulée « angevinades ». Ainsi chacun peut juger que je ne contreviens jamais à la loi sur les publications, que je n’use jamais d’injures ou de grossièretés pour étayer une démonstration ou argumenter une position, et qu’enfin on ne trouvera jamais de connotation pornographique, xénophobe ou raciste dans mes écrits. Pas plus d’ailleurs que dans mes paroles ou dans mes comportements, car ces perversions et ces dérives me font, non seulement horreur, mais en outre, elles sont, selon moi, des insultes à l’intelligence humaine et à la rationalité. Rationalité cartésienne dont je n’ai pas honte de me réclamer…De même que j’assume sans complexe l’ironie et le persiflage voltairiens, que ne semble guère apprécier l’inculte censeur.

N’empêche que le webmaster d’Orange s’obstine à me censurer. En particulier aujourd’hui-même, où en réaction à un article intitulé « Hollande en visite éclair sur ses terres corréziennes en pleine affaire Cahuzac », je m’étais permis d’adresser le commentaire suivant après avoir lu que le président allait consacrer la fin de son weekend à la réflexion:

« Conseil et rappel …

En République laïque, c’est la loi qui incarne l’intérêt général. Rien qu’elle! Inutile donc et probablement dangereux d’invoquer la « moralisation » de la vie politique, alors que la seule chose qui compte, c’est d’appliquer la loi et de la faire appliquer avec rigueur.

L’invocation de la morale n’est pas du ressort de notre pacte républicain, mais de la pensée religieuse… Autrement dit, s’il faut sanctionner sans faille les contrevenants aux règles démocratiquement édictées, ce serait renier nos principes que de se mettre à légiférer sur le mensonge, le parjure, la charité, la gourmandise et d’inscrire les péchés capitaux dans notre Constitution … Attention: restons laïcs en matière d’affaires publiques! »

Ce « conseil et ce rappel » n’étaient évidemment pas adressés prioritairement au Président de la République dont je ne doute pas un instant qu’il partage ce point de vue, mais à tous ceux, commentateurs médiatiques ou politiques de tous poils, qui actuellement se dédouanent (si j’ose dire) de leurs propres turpitudes en invoquant à tout bout de champ la « morale » ! … Et en tapant à bras raccourcis, avec une touchante et suspecte unanimité, sur le mouton noir menteur. L’unique mouton noir, celui qui avait trompé tout son monde, y compris le naïf berger et son aide !

Si l’«ordre public » républicain doit effectivement rendre compte d’une conception collective de la morale ainsi que des us et coutumes, tels qu’ils sont admis à un instant donné, pour maintenir la cohésion de la société,  son incarnation ne se trouve que dans la loi et non dans des catéchismes qu’il faudrait rendre obligatoires. En outre,  cet « ordre » ne doit en aucun cas interférer avec la sphère privée, sauf lorsque sa transgression porte atteinte à toute la collectivité. Sinon remplaçons les policiers par des curés, des muftis ou des rabbins de toutes obédiences, et les commissariats par des lieux de prière ou de repentance !

Il faudra rappeler ces sages principes de laïcité au webmaster d’Orange, qui, en revanche, n’est pas très regardant sur l’orthographe et sur la syntaxe ! En cela, il témoigne de la panne de l’ascenseur social qu’était autrefois l’éducation nationale.

Je prie ceux de mes lecteurs qui préfèrent mes chroniques du passé à ce cri de colère « républicaine » de bien vouloir me pardonner : je fais d’ores et déjà acte de contrition et je reviendrai prochainement à mes éternelles amours…

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