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Posts Tagged ‘Journal du jour’

« Y-a des jours, Y-a des jours ! » Comme aimait le répéter feu l’Abbé Pierre, en laissant traîner sa voix et en rajustant son béret, les jours où précisément tout semblait aller à vau-l’eau! Et ces jours-là, accablé par une actualité qui lui froissait la soutane, le bon père à la cape d’hirondelle mitée s’autorisait sûrement le doute à propos de la bienveillance infinie de la Sainte Providence! En tout cas, je n’en serais pas étonné! D’autant qu’en ce qui me concerne, ça fait un bail que providentiellement je lui ai donné définitivement congé pour l’éternité…

Force, pourtant, est de reconnaître, à l’instar du vieux chiffonnier de la charité, « qu’y-a des jours » où on ne trouve pas de corde assez solide pour se pendre, et d’autres où cyniquement on se marre du matin au soir! D’autres enfin, où l’on peut choisir de rire ou de pleurer en dépit des malheurs ou des bonheurs du monde!

Aujourd’hui, dès potron-minet, après avoir entendu le rappel, toujours bienvenu, de la litanie des catastrophes et des tragédies du weekend dans la « Première Radio de France » – et ce pour la énième fois, au cas où par insouciance coupable j’aurais raté un épisode – après, en outre, avoir écouté la chronique « horoscopique » d’Alba qui nous dit toujours ce qu’il faut « bien » penser jusqu’à demain et, finalement, après avoir souri ou franchement rigolé, aux saillies oratoires et aux foucades rhétoriques des tribuns de la plèbe qui se sont époumonés sur les estrades, dimanche, je me suis préparé un premier café, en poudre encapsulée dans un percolateur de cuisine…

Puis un deuxième kawa en dégustant comme il sied les envolées lyriques d’un gars un peu bougon croisé jadis, et qui, hier sur les quais du Vieux Port à Marseille, se prit soudainement pour Jean Jaurès sur la butte du Chapeau Rouge au Prés-Saint-Gervais en 1913, à moins qu’à « l’insu de son plein gré », il n’ait adopté les allures et les postures d’un autre orateur de talent, socialiste italien d’avant 1914 au destin ultérieur peu recommandable!

J’ai savouré aussi le résumé d’une harangue un peu racoleuse d’un sarthois ci-devant Premier ministre, qui demandait qu’on le suive sans nécessairement l’aimer! Autrefois, ça s’appelait tapiner! Sauf que désormais, c’est après qu’on paiera.  J’ai même eu droit à une étrange et inattendue chronique sur les horreurs de la seconde guerre mondiale et la responsabilité présumée de la France…Une pitoyable et inutile controverse est née, où l’on apprenait tout de go que de Gaulle et Mitterrand étaient de dangereux « révisionnistes », que Chirac était un historien de la trempe de Michelet, et que la « vérité » historique procède de la révélation, donc du dogme.

Bref de quoi se tordre de rire pour les douze heures suivantes!

 

Et par hasard, je suis tombé sur le Petit Courrier de l’Anjou, daté du 10 avril 1934, en tapotant sur Internet…

Rien de nouveau sous le soleil à quatre-vingt-trois ans de distance.

Mais quand même, j’ai noté un éditorial d’un certain général René Fonville (1859-1934) qui ironisait sur la reprise d’une conférence à Genève sur le désarmement, à laquelle ne participaient que les démocraties tandis que dans son coin, un dénommé Hitler, chancelier d’Allemagne, faisant un bras d’honneur à l’Europe entière et, bafouant les clauses du Traité de Versailles de 1919, réarmait à tout crin, y compris dans les zones rhénanes démilitarisées.

Je crois légitime de rendre hommage à la clairvoyance du Général Fonville en citant quelques lignes de son billet prophétique sur la « Conférence de désarmement », dont lui-même d’ailleurs, n’a jamais pu vérifier le bien-fondé:

 » Tout le système échafaudé est, si l’on peut dire, en porte-à-faux. Ce sera l’étonnement, la stupéfaction des historiens à venir, que pendant des mois, des années, des personnages importants, des chefs de gouvernement, aient pu perdre leur temps à ce jeu hypocrite ».

La suite, on la connait…

En grignotant le pain dur de la veille, beurré aux oméga 3, je me suis dis que, face au fascisme islamiste comme hier face au nazisme hitlérien, l’angélisme d’un désarmement dissuasif ne suffira pas à annihiler la menace!

Le Petit Courrier a déjà assez à faire avec son époque, pour que je me dispense de l’embarrasser avec la notre. Et pourtant les ressemblances sont souvent troublantes en période de crise! Ainsi, le Président du Conseil Doumergue ne demandait-il pas « aux Anciens combattants et aux victimes de guerre de consentir sur l’ensemble du budget de leurs pensions à une réduction exceptionnelle de 3% »! Un précurseur.

J’imagine que cette mesure a dû plaire dans les rangs de ceux, qui, depuis 1918, vendaient des billets de tombola en cachant leur « gueule cassée » dans l’ombre de leur kiosque, ou chez ceux qui se baladaient en chaise roulante, en exhibant sur leur poitrine des batteries, en guise d’ultimes témoignages de leur jeunesse « bipédique » engloutie dans la boue des tranchées…

Après, il y eut 1936, puis 1940! Quelle date fera référence pour notre avenir?

Heureusement, il n’y avait pas que de la tristesse ou de sombres perspectives dans ce journal d’un autre temps . En Anjou, on venait de fêter le vainqueur du critérium cycliste du printemps!  Et puis, il y avait des « réclames » pour rappeler le  » siècle de succès » du café Gland Doux …

Dommage que ce café Gland Doux – le bien nommé – ait disparu des rayonnages, remplacé depuis lors et à leur désavantage par des foules d’authentiques « glandus » qui, chaque soir actuellement,  monopolisent nos fréquences radiophoniques pour imposer leur propre pub!

J’en étais là de mes réflexions désabusées, quand un de mes potes de facebook nous informa que  » selon la science, les hommes chauves semblent rencontrer plus de succès, être plus intelligents et plus virils »…

Il parait que c’est sur cette base que l’épiscopat français au plus haut niveau aurait décidé de prohiber la tonsure, et de suggérer aux jeunes impétrants de se déguiser en druides ou en Hubert Reeves… Vaut mieux avoir l’air con que d’être incité « scientifiquement » à développer des attitudes inappropriés » comme on dit désormais chez les castrais!

Pour ma part, je reprends courage! Content de vieillir comme une AOC en me bonifiant. De moins, c’est ce que promet la recherche scientifique, car pour l’heure ce n’est pas patent.

 

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