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Posts Tagged ‘Guerre de 14-18’

A ses quatre enfants

 

Grâce aux archives familiales qui m’ont été communiquées concernant Marcel Pasquier (1892-1956), notamment ses trois carnets de route entre 1910 et 1919, miraculeusement conservés et retrouvés récemment, grâce également aux registres de matricule militaires désormais disponibles en ligne sur Internet, ainsi qu’aux journaux des unités combattantes de la Première guerre mondiale, il est désormais possible de reconstituer une chronologie fiable des principaux épisodes de l’existence de cet homme que j’ai personnellement peu connu, mais que d’aucuns s’accordent à considérer qu’il fut, de son vivant, peu expansif sur sa personne et plutôt discret sur ses faits d’armes au Maroc au début du siècle dernier puis sur le front français durant la guerre de 14-18.

Heureusement, il écrivait.

En complément des articles qui lui furent d’ores et déjà consacrés ici au cours de ces dernières années, il m’a semblé nécessaire de transmettre, par le canal de ce blog, à ceux de sa nombreuse descendance, qui s’y intéresseraient, la chronologie des principaux faits marquants de sa vie, tels, en tout cas, qu’il m’a été possible de les identifier…

Je crois ce travail non dépourvu d’intérêt car j’appartiens à cette génération qui pense que l’histoire, en particulier celle des nôtres, ne peut se résumer aux seules « grandes » idées ou aux travers d’une époque, en négligeant délibérément les multiples petits événements, avatars ou contrariétés, qui ponctuent, bon gré mal gré, l’existence de chacun d’entre nous. Dans ces conditions, la chronologie des faits placés dans leur contexte est d’importance primordiale et précède même, dans la narration historique, toute tentative d’interprétation des comportements et des actes. La marche du temps est en effet le principal facteur auquel, quelles que soient les périodes historiques, toute personne est soumise, ne serait-ce qu’en constatant les implacables outrages qu’elle imprime subrepticement mais sûrement sur ses artères.

Dérouler le temps propre à chacun dans l’ordre naturel où les événements sont intervenus est donc un des moyens les plus rationnels de décrire un parcours de vie et de le situer dans son environnement… Telles sont les raisons, qui m’ont conduit à livrer à « l’état brut », le contenu des « fiches de travail » que j’ai élaborées sur les différentes étapes et les péripéties, plus ou moins connues, de l’existence de mon grand-père, Marcel Pasquier.

D’autant plus, si j’ose dire, que lui-même, par pudeur, par retenue ou simplement parce qu’il fut rattrapé par le temps, n’en avait fait que très partiellement étalage auprès de ses proches. Cependant, parce qu’il avait précieusement conservé les journaux de ses campagnes, il m’a semblé qu’il m’autorisait à les exhumer par procuration et à en faire une sorte d’exploitation posthume…

Si l’on possède évidemment quelques photographies « en noir et blanc » de Marcel Pasquier, suffisantes pour discerner des ressemblances avec l’un ou l’autre d’entre nous, aucun cliché « couleur » ne semble avoir été pris, qui nous fournirait des indications plus précises sur sa chevelure ou sur son regard.  Le livret militaire permet (heureusement) de surmonter en partie cet obstacle, car on prenait soin, alors, au moment du conseil de révision de fournir une description « colorée » du jeune conscrit ou engagé, dans le même temps où l’on indiquait ses principales caractéristiques physiques et ses mensurations.

Dans le cas de Marcel Pasquier, le signalement n’est pas le même, selon qu’on se réfère au livret militaire ou à sa fiche dans le registre des matricules militaires des archives de l’Aisne. A l’exception de la taille – 1,63 mètre –  identique dans les deux documents, les autres renseignements ne concordent pas parfaitement: le livret militaire indique que les cheveux et les sourcils de Marcel Pasquier étaient « bruns » et ses yeux « noirs », alors que le registre précise qu’ils étaient respectivement « châtains foncés » et « bleu verdâtres ». Dans un cas, le front est qualifié « d’ordinaire » et dans l’autre « de hauteur, d’inclinaison et de largeur moyenne » ! S’agissant du nez, il est d’un côté « aquilin » et de l’autre « rectiligne à base horizontale « tandis que le visage est ici « plein » et là « pâle » !

On comprendra mieux dans ces conditions, l’intérêt de la photographie pour objectiver l’apparence ! Pour ma part, l’infirmier militaire qui « fixa » la couleur de mes yeux au moment du conseil de révision, décida qu’ils étaient « verts ». J’adoptai sans mot dire et sans maudire, ce constat administratif éclairé, que contestèrent au moins une sur deux des quelques « passantes » qui, au cours de ma vie, eurent l’occasion de les voir de plus près !

Pour les repères chronologiques, la subjectivité est moins prépondérante ! Quoique…

Ainsi dans ce qui suit, n’ont été retenues que les dates, qui selon moi, sont les plus révélatrices de la vie de Marcel Pasquier…Le tri était nécessaire, notamment durant la grande Guerre et la campagne marocaine de Marcel, car tous les lieux de passage étaient presque systématiquement mentionnés et datés par l’intéressé… Leur mention exhaustive aurait probablement gêné la compréhension d’ensemble.

Il m’a fallu donc choisir, en m’efforçant de ne rien omettre d’essentiel. Mais, bien sûr, ça peut se discuter !

Petite enfance de Marcel Pasquier  

  • 29 novembre 1889 : Décès à Vervins à l’âge de neuf mois de son frère ainé Maurice Pasquier ;
  • 15 février 1890: Naissance de sa sœur Charlotte à Aubenton dans l’Aisne;
  • 6 octobre 1892 : Naissance de Marcel Pasquier à l’hospice de Vervins (02);
  • 9 juin 1897 : Naissance de Marguerite Cailletreau, sa future femme, au Lion d’Angers (49) ;
  • 1898: Les Curie découvrent le radium; 
  • 11 novembre 1900 : Naissance de Marthe (1900-1979), sœur de Marcel.
  • De 1898 à 1904 : Marcel est scolarisé au collège privé Saint-Joseph de Vervins ;
  • 1905: Loi de séparation des églises et de l’Etat;
  • 1906: Congrès de la CGT- Charte d’Amiens.

Apprenti pâtissier 

  • De septembre 1904 à décembre 1906 : Marcel est apprenti pâtissier à Givet dans les Ardennes. La boulangerie pâtisserie, place Carnot existe toujours.
  • 15 octobre 1905 : Décès de Charlotte, sa sœur aînée, ouvrière de filature à Vervins, âgée de 15 ans ;
  • De janvier 1907 à octobre 1909 : Apprenti pâtissier à Charleville-Mézières dans les Ardennes ;
  • De novembre 1909 à avril 1910 : Apprenti pâtissier à Sermaize-les-Bains dans la Marne ;
  • De mai à décembre 1910 : Ouvrier pâtissier à Metz en Lorraine alors annexée à l’Empire allemand.

Chasseur d’Afrique en Algérie et au Maroc

  • 28 décembre 1910 : Engagement de Marcel à Nancy dans le 1er régiment de chasseurs d’Afrique ;
  • 29 décembre 1910 : Marcel rejoint Marseille ;
  • 30 décembre 1910 : Départ pour l’Algérie, à bord du paquebot « Maréchal Bugeaud »;
  • 2 janvier 1911: Arrivée au port d’Alger ;
  • 3 janvier 1911 : Arrivée à Blida à la caserne Salignac-Fénelon;

  • 21 au 25 mars 1912 : L’escadron de Marcel part d’Algérie pour combattre la rébellion au Maroc. Le voyage d’Alger à Casablanca est effectué par bateau via le détroit de Gibraltar ;
  • 5 avril 1912 : Marcel est à Ber Réchid au Maroc ;
  • 1er juillet 1912: Ratification par le parlement français, du traité de protectorat du Maroc. Vive opposition des socialistes et indignation de Jean Jaurès qui redoute les risques de tension internationale et condamne la répression au Maroc.
  • 16 août 1912, Affaire de Souk el Arba des Mairt ;
  • 22 et 23 août 1912: Combat de Ouham;
  • 29 août 1912: Affaire » de Benguérir ;
  • Les 6 et 7 septembre 1912: Combat de Sidi-Bou-Othman contre la harka d’El Hiba;
  • 7 septembre 1912 : Marcel est présent à la prise de Marrakech par l’Armée d’Afrique du colonel Mangin ;
  • 15 octobre 1912: Marcel est en cantonnement à Mogador (Essaouira);

  • 27 novembre 1912 : Marcel est sévèrement blessé au combat au Maroc, au niveau de la cuisse gauche par une balle de gros calibre d’une arme de guerre  ;
  • 1er au 16 décembre 1912: Hospitalisation à Marrakech ;
  • 18 décembre 1912 au 13 février 1913 : Hospitalisation à Casablanca ;
  • 14 février 1913 : Marcel est évacué par la mer vers l’hôpital d’Oran ;
  • 17 et 18 février 1913 : Traversée de la Méditerranée d’Oran à Port-Vendres (Pyrénées orientales) ;
  • 20 février 1913: Convalescence-permission à Vervins. La dernière visite chez ses parents avant longtemps car l’année suivante, la guerre confinera ses parents en zone occupée par l’armée allemande ;
  • 29 et 30 avril 1913 : Retour en Algérie. Nouvelle traversée de la Méditerranée de Port-Vendres à Alger ;
  • 14 mai 1913 : Marcel est affecté au 5ème Régiment de Chasseurs d’Afrique;
  • 4 novembre 1913 : Marcel est réaffecté au 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique et refait le voyage d’Alger à Casablanca au Maroc par Gibraltar.
  • Le 11 mars 1914, le colonel commandant le 1er régiment de chasseurs d’Afrique informe Charles Pasquier, le père de Marcel, que son fils a été nommé cavalier de 1ère classe et qu’il va recevoir la Médaille Militaire en « raison de sa belle conduite et de sa blessure ».

La Première Guerre mondiale

  • 28 juin 1914 : Assassinat de l’archiduc d’Autriche, François Ferdinand, prince héritier de l’empire ;
  • 28 juillet 1914 : Le régiment de Marcel qui cantonne à Marrakech, rejoint le port de Casablanca.
  • 31 juillet 1914 : Assassinat de Jean Jaurès à Paris ;
  • 2 août 1914 : Mobilisation générale en France ;
  • 3 août 1914 : L’Allemagne déclare la guerre à la France ;
  • 13 août 1914 : L’escadron de Marcel embarque à Casablanca pour combattre sur le front français. Marcel qui boite encore des suites de sa blessure de novembre 1912, est affecté à un escadron de réserve à Casablanca ;
  • Il note qu’on leur fournit des « selles arabes » et que sa fonction consiste à réapprendre à des réservistes à monter à cheval.
  • Au cours de ce second semestre 1914, Marcel est affecté à Rabat au camp Garnier, qui servait aussi d’hôpital militaire. Il devient planton, à la disposition du colonel chef du camp, et semble désœuvré, mais finalement il se dit « heureux » d’autant qu’il peut se promener dans la ville de Rabat, car il est aussi chargé de porter les plis à la résidence du général, commandant de la place.

  • En avril 1915, il devient ordonnance du Médecin Inspecteur Lafille et « passe » au quartier général. Sa tâche consiste, entre autres, à soigner les deux chevaux du général, Ruban et Canevas. Lequel ne monte presque jamais, hormis les jours où sa fille vient lui rendre visite à Rabat. Marcel reconnait qu’il est plutôt content de son affectation qui l’épargne de la guerre en Europe.
  • 15 juillet 1916 : Marcel est nommé chevalier du Ouissam Alaouite

 Le Lion d’Angers et Marguerite

  • D’août à septembre 1916 : Marcel est en permission en France, au Lion d’Angers, chez un oncle qu’il n’a jamais vu, Baptiste Pasquier, le frère de son père, Charles injoignable car résidant toujours à Vervins en arrière du front du côté allemand. Le voyage, aller et retour, s’effectue par bateau de Casablanca à Bordeaux.
  • Au Lion, il fait la connaissance de Marguerite Cailletreau, nièce d’Angèle Houdin, l’épouse de Baptiste. Depuis ce séjour et jusqu’à leur mariage, ils entretiendront une correspondance hebdomadaire voire plus fréquente encore !
  • Au retour de permission à Rabat, on lui apprend qu’il doit repartir pour Casablanca le 3 octobre 1916, puis pour la France. Il prend le train avec son cheval Ruban.

La guerre de Marcel en Métropole

A partir d’octobre 1916 jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918, l’existence de Marcel est totalement suspendue à la guerre. Il parcourt avec son escadron presque toute la ligne de front de Saint-Quentin au nord jusqu’à la frontière suisse et le Territoire de Belfort, en passant par Verdun, au gré notamment des offensives allemandes de 1917 et du printemps 1918 jusqu’aux avancées alliées à Saint-Mihiel et dans les Ardennes de l’automne 1918. Il se trouve tantôt en première ligne dans les tranchées, tantôt en deuxième ou au repos à quelques kilomètres à l’arrière. Il assiste dans ces circonstances à l’horreur et aux massacres dus notamment aux bombardements et aux gaz asphyxiants. Heureusement,  cette période est ponctuée de quelques permissions au Lion d’Angers.

  • Du 11 au 15 octobre 1916 : Marcel rejoint le front français par mer depuis Casablanca;
  • 15 octobre 1916 : Il débarque à Bordeaux.
  • 24 octobre 1916 : Parti de Bordeaux-Bastide, il rejoint le front – avec son cheval – à Dormans en Champagne où se trouve le cantonnement du 4ième escadron de chasseurs et l’état-major du 4ième corps d’armée dont il dépend désormais;
  • 2 décembre 1916 : Départ de Dormans pour Branscourt dans la Marne, via Fère-en-Tardenois dans l’Aisne, Faverolles-et-Coëmy dans la Marne ;
  • Du 21 décembre au 28 décembre 1916, il est dans les tranchées où il participe à de très rudes combats.

Extrait d’un carnet de route – décembre 1916

  • Du 29 décembre 1916 au 4 février 1917 : permission au Lion d’Angers ;
  • 5 février 1917 : retour de permission à Branscourt dans la Marne ;
  • 10 février 1917 : Marcel est affecté au 6ème régiment de chasseurs d’Afrique ;
  • 12 février 1917 du 21 février 1917 : Départ de Branscourt (Marne) pour Liverdun (Meurthe-et-Moselle)
  • 5 mars 1917 : dans les tranchées du côté de Montauville(Meurthe-et-Moselle) à 50 Km au sud-est de Verdun
  • 31 mars 1917 : parti de Liverdun pour Ceintray (Meurthe-et-Moselle) via Nancy
  • 6 avril 1917 ; Béthoncourt dans le Doubs
  • 8 avril 1917 : Dans les tranchées du côté du Largin et Delle dans le territoire de Belfort à la frontière suisse ;
  • 31 mai 1917 : Nouveau séjour dans les tranchées dans les environs de Delle à Rechézy (Territoire-de-Belfort)
  • 19 avril 1917 : Puis à Florimont dans le territoire de Belfort
  • Du 13 décembre 1917 au 13 janvier 1918 : permission au Lion d’Angers ;
  • 31 mars 1918 : parti d’Orléans les Aubrais
  • 1er avril 1918 : arrivée à Sancerre dans le Cher ;
  • 3 et 4 avril à Rians (Cher)
  • 6 avril 1918 : départ de Rians pour Sancerre à 30 km ;
  • Départ pour Tours, le Mans, Evreux, Mantes : 30 heures de chemin de fer
  • 7 avril 1918 : Débarque à Vaux-sur-Somme (Somme) à vingt kilomètres à l’est d’Amiens ;
  • 8 avril 1918 : Parti de Becquincourt dans la Somme pour Saint-Omer-en-Chaussée;
  • 9 avril 1918: Offensive allemande dans les Flandres;
  • 16 avril 1918 Offoy dans l’Oise à 60 km de Vervins (massacre) pour Grandvilliers (Oise) pour Saint-Omer-en-Chaussée ;
  • 19 avril 1918 Crevecoeur-le-Grand (Oise)
  • 21 avril 1918 Rethel dans les Ardennes
  • 1er mai 1918: Soissons (Aisne)
  • Du 15 mai au 3 juin 1918 : permission au Lion d’Angers. C’est à cette occasion, que Marcel et Marguerite se feront photographier ensemble pour la première fois, probablement à l’issue de fiançailles.

  • 27 mai 1918: Désastre de l’armée française dans l’Aisne dont les positions sont submergées par l’offensive allemande. Soissons tombe le 29 mai 1918.  » Le 30 mai, les Allemands occupent les collines qui dominent la Marne à Château-Thierry et à Dormans »; 
  • 12 et 13 juin 1918: A son retour de permission, Marcel constate avec douleur que son escadron a été décimé lors d’une violente offensive allemande à Montgobert (Aisne) à quelques kilomètres de Soissons.  Entre le 29 mai et le 13 juin 1918, dix de ses camarades ont été tués, autant de disparus et une cinquantaine de blessés sur un effectif d’environ six cents trente chasseurs d’Afrique, équipages du génie et de la prévôté.   
  • 2 août 1918 : Marcel est nommé infirmier au 4ième escadron du 6ième régiment de chasseurs d’Afrique;
  • 2 août 1918: Marcel se retrouve à Génicourt-sur-Meuse (Meuse) à proximité du front à une quinzaine de kilomètres en amont et au sud-est de Verdun.
  • Dans la nuit du 6 au 7 septembre 1918; l’escadron de Marcel quitte son cantonnement de Génicourt « pour aller bivouaquer au camp de Gibraltar entre Courouvre (Meuse) et Thillombois (Meuse) sur la rive gauche de la Meuse;
  • Le 11 septembre 1918: Marcel participe à l’attaque victorieuse française sur Troyon au bord de la Meuse et à la reprise, les jours suivants, de Chaillon, un village occupé depuis quatre ans par l’armée allemande.
  • Du 12 au 15 septembre 1918, Marcel est mobilisé pour escorter les nombreux prisonniers allemands des jours précédents. Il demeurera à Chaillon et dans les villages environnant, désormais « pacifiés » jusqu’à sa permission d’octobre 1918.

Escorte des prisonniers -Marcel en haut à gauche

  • 15 octobre-9 novembre 1918 : permission de mariage au Lion d’Angers ;
  • 21 octobre 1918 : Mariage de Marcel Pasquier et de Marguerite Cailletreau au Lion d’Angers;
  • 3 novembre 1918: Retour sur le front à Saint-Mihiel au sud de Verdun.
  • 5 novembre 1918: Poursuite victorieuse au contact de l’armée allemande à Fontaine-en-Dormois dans la Marne
  • 7 novembre 1918: Hagnicourt dans les Ardennes.  Les soldats sont épuisés, car ils n’ont pas mangé depuis vingt-quatre heures, les « roulantes n’ayant pas pu suivre » la marche en avant désormais accélérée!
  • 8 novembre 1918: Contact avec l’ennemi à Poix-Terron dans les Ardennes, où, selon Marcel, les français sont accueillis par les civils sous les ovations.
  • 8 novembre 1918: combat à Boulzicourt (Ardennes) où les allemands avaient installé partout des nids de mitrailleuses: deux morts et cinq blessés dans l’escadron de Marcel;
  • 11 novembre 1918 : Marcel est sur la front à Saint-Pierre-sur-Vence dans les Ardennes;
  • 11 novembre 1918 à 11 heures: armistice et cessez le feu. 
  • 16 novembre 1918: Départ de Saint-Pierre-sur-Vence vers la Belgique, le Luxembourg, puis le Bade Wurtemberg et la Rhénanie en Allemagne en application  des accords d’armistice.
  • 17 novembre 1918 : Cantonnement à Vresse-sur-Semois près de Namur (Belgique)
  • 22 novembre 1918: Cantonnement à Vesqueville en Wallonie
  • 24 novembre 1918: Cantonnement à Houffalize en Wallonie -Belgique
  • du 26 novembre au 10 décembre 1918: Cantonnement à Weiswampach (Binsfeld-Holler) au Grand Duché de Luxembourg

Occupation française de la Rhénanie (1918-1919)

  • Le 10 décembre 1918: Marcel et son escadron franchissent la frontière allemande; cantonnement à Habscheid en Rhénanie Palatinat;
  • Du 11 décembre 1918 jusqu’au 27 décembre 1918, l’escadron de Marcel change de bivouac et de cantonnement chaque jour jusqu’à Mayence sur les bords du Rhin.
  • Du 28 décembre 1918 au 21 janvier 1919: Marcel est à Mayence, capitale de la Rhénanie-Palatinat.

  • du 22 janvier au 7 février 1919: Descente du Rhin jusqu’à Strasbourg
  • Du 8 février 1919 au 16 mai 1919 : cantonnement sur la rive droite du Rhin à Kehl dans le duché de Bade, puis six kilomètres plus au sud en limite de Forêt Noire, à Eckartsweier; 
  • 17 mai 1919: Cantonnement à Strasbourg à la caserne Saint-Nicolas;
  • 27 mai 1919 : Hospitalisation à Strasbourg : « bronchite » ou « état grippal », « induration du sommet pulmonaire ». Les patrouilles en Forêt Noire en hiver en sont certainement la cause.
  • 28 juin 1919: Traité de paix signé à Versailles entre l’Allemagne et les Alliés. Le triomphe de Georges Clemenceau. 
  • 19 juillet 1919 : Marcel est démobilisé à Angers au quartier d’Espagne du 7ième Régiment de hussards Retour à la vie civile.
  • Deuxième semestre 1919: la tradition orale filiale – non confirmée par des archives – voudrait que Marcel Pasquier ait subi une période d’hospitalisation à l’hôpital de Bligny à Briis-sous-Forges en région parisienne, en raison des affections pulmonaires contractées en Forêt Noire. C’est possible…

Retour à vie civile 

  • 8 novembre 1919: Marcel et Marguerite habitent Angers, 40 rue Plantagenet ;
  • 29 février 1920: Le couple habite rue des Deux-Haies à Angers ;
  • 26 mars 1920 : Marcel devient cheminot, affecté spécial de la Compagnie de Chemins de fer d’Orléans comme homme d’équipe ;
  • 6-7-8 avril 1920 : Il est affecté à la gare de Saint-Pierre-des-Corps près de Tours . C’est durant ces trois jours qu’il déménage avec son épouse de l’Anjou vers la Touraine.
  • 6 août 1920 : Naissance de Marcel Pasquier (1920-1999), premier fils de Marcel et Marguerite à Saint-Pierre-des-Corps ;
  • 1922 : Mutation à la gare d’Angers
  • 28 aout 1922 : Naissance de Renée épouse Pilet (1922- 2016), fille de Marcel et Marguerite à Angers ;
  • 1er juin 1926 : Naissance de Maurice Pasquier, fils de Marcel et Marguerite à Angers ;
  • 6 novembre 1930 : Naissance de Jean Pasquier, fils de Marcel et Marguerite à Angers ;
  • 24 juillet 1931 : Décès de Charles Pasquier, père de Marcel à Vervins dans l’Aisne (76 ans) ;
  • 14 novembre 1939 : Décès de Louise Desse, mère de Marcel, à Vervins (72 ans) ;

Au premier plan, assis, avec ses collègues gare Saint-Laud à Angers

  • Durant l’occupation allemande entre 1940 et 1944, il participe à sa mesure à la guerre du rail, en déroutant des trains de marchandise au triage de la gare Saint-Laud à Angers;
  • 1947 : Retraite de la SNCF ;
  • 1948 à 1956 : Employé chez Bessonneau dans chemins de fer intérieurs ;
  • 4 juin 1956 : décès de Marcel à Angers d’un cancer du pancréas ;
  • 12 décembre 1986 : Décès de Marguerite Cailletreau à Angers.

au mariage de sa fille Renée en 1943 – avec ses quatre enfants

Cette chronologie non exhaustive gagnerait bien sûr à être complétée par les réflexions de Marcel sur les événements qu’il a traversés ou auxquelles il a été associé … Sur ses motivations aussi. Certaines de ses notes laissent entrevoir des pistes. Nul doute qu’elles ouvrent cette porte, qu’il faudra franchir un jour!

Il ne s’agit donc là que d’une première approche sur la vie d’un personnage – mon grand-père- dont tous les mystères ou toutes les cachotteries sont loin d’être totalement élucidés…Un jour peut-être!

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