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Posts Tagged ‘EHPAD’

Dans la République française, y compris dans la cinquième, celle du « coup d’Etat permanent », tous les citoyens et citoyennes sont en principe égaux, mais comme l’aurait sûrement observé le défunt et regretté Coluche avec son humour corrosif, il y en a qui sont plus égaux que d’autres.

Et en période de crise, notamment sanitaire, ce soupçon de différence statutaire entre les personnes, ce presque rien, fondé notamment sur l’âge et sur l’handicap, dont les bonnes consciences s’accommodent sans même y penser, fabrique de l’exclusion du monde des vivants et de la détresse à la pelle. Et ce, avec une constance anxiogène et une redoutable efficacité, en tous points comparable à celle du virus potentiellement létal que l’on prétend combattre! On meurt sans doute autant de ces discriminations que des agents biologiques pathogènes!

Aussi étonnant qu’il y paraisse dans un pays qui se targue de liberté, d’égalité et de fraternité, les exemples et les témoignages abondent en ce moment de ces établissements accueillant nos aînés, où, sous prétexte de lutte contre l’épidémie mortifère qui nous agresse tous, on semble oublier que les pensionnaires de grands âges, qui ne prétendent d’ailleurs pas à l’immortalité, ne sont pas des irresponsables à surveiller comme le lait sur le feu, ou des prisonniers de droit commun.

On oublie qu’ils n’ont pas vocation à être enfermés comme des animaux en cage, au motif surprenant qu’il faudrait les protéger de la mort en les excluant d’emblée du monde des vivants! Paradoxalement, les mesures qu’on leur impose de « distanciations sociales » inhumaines creusent leurs tombes avec une régularité que même le virus ne saurait leur garantir. Seule la fatalité d’une mort solitaire finit par les affranchir de cet isolement contre-nature loin des leurs! 

Ainsi, accablés par l’ingratitude de la société et le désintérêt qu’ils suscitent en dépit des poncifs officiels de compassion simulée, nombre de résidents de ces établissements finissent par abdiquer et par appeler la grande faucheuse de leurs vœux… Insensiblement, ces établissements de retraite n’apparaissent plus comme des lieux de possible convivialité pour des personnes objectivement en fin de vie, mais comme les antichambres obscures de la Camarde, au sein desquelles les résidents affaiblis par l’âge n’ont d’autre issue que d’appeler la mort par dégoût ou simplement par lassitude de vivre … 

Qu’imaginer d’autre en effet, quand, des mois durant sans perspective datée de sortie du tunnel, on ne dispose plus d’autre droit au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité nationale que d’apercevoir ceux qu’on aime au travers d’écrans télévisuels ou de vitres plastifiées, sans pouvoir, ni effleurer, ni toucher leurs mains, encore moins caresser leurs visages, perçus comme des sources inquiétantes de circulation potentielle d’un virus qui probablement tuera moins que le chagrin d’une existence sans but et sans joie? Une vie sans sel est-elle toujours une vie?   

Dessin d’une petite-fille de résidente d’EHPAD

La fin annoncée de l’épidémie de coronavirus et dans la foulée, celle du « confinement hyper-strict  » imposé à tous ceux et celles dont la principale pathologie n’était initialement que la date de naissance – généralement avant la seconde guerre mondiale – firent un temps espérer aux résidents de maisons de retraite que l’étau se dé-serrerait au même rythme que pour tous les autres français.

Ceux qui avaient moralement résisté – survécu – pendant de nombreuses semaines à ce régime inhumain de privation quasi-totale de relations sociales hors du milieu clos de leur chambre, nourrissaient l’espoir légitime que ce régime de prisonnier, décrété hors de tout véritable contrôle, hors de toute discussion, par des autorités indépendantes, allait graduellement prendre fin et que le déconfinement national ouvrirait – à tout le moins – entrouvrirait les portes de leurs geôles… 

Le Premier ministre dans son intervention du 28 mai 2020 n’avait-il pas annoncé, au cours d’une de ses rares envolées lyriques, que désormais la liberté serait la normalité! 

Las ! Pour beaucoup de résidents d’Ehpad, ce dé-confinement tant attendu n’est pour l’heure qu’une virtualité. Et la déception est à la mesure des attentes!  Certains se résignent à subir. D’autres manifestent leur indignation et le font savoir!

Leur voix ne doit pas s’éteindre. C’est le cas de Rose l’Angevine – Marie Thérèse Taudin-Gallard- qui vit dans un Ehpad de la région nantaise et que les lecteurs de ce blog connaissent bien comme une commentatrice fidèle et toujours pertinente des billets historiques… Elle a souhaité que sa protestation adressée respectivement à la député de sa circonscription, aux responsable de l’Agence Régionale de Santé et, par leur biais, au ministre de la santé, devienne une lettre ouverte. Les principaux passages en sont publiés ci-dessous:

« Madame la députée,

Hier j’étais très en colère et je vous envoie, en tant que notre représentante, en espérant que vous ferez écho de mon mécontentement auprès du ministre de la Santé et des Solidarités, Monsieur Olivier Véran, plutôt apprécié car médecin… Mon courriel a également été adressé à RMC, à l’ARS…

Ayant suivi, l’intégralité des communiqués de presse du Premier ministre et de ses ministres dont Monsieur Olivier Véran, j’avais cru comprendre que « la liberté » était la normalité, ce qui ne l’était pas était l’exception.

Pendant cette conférence de presse, il a juste été dit que les gens fragiles devaient être protégés.

Hier matin, sur la radio RMC, au cours de l’entretien entre le journaliste Jean-Jacques Bourdin et la porte-parole du gouvernement, j’ai entendu que la question des Ehpad et des autres organismes sociaux n’avait pas été explicitement évoquée lors de la conférence presse du Premier ministre et que par conséquent rien n’était changé pour eux dans cette phase 2 du déconfinement. Autrement dit, les visiteurs doivent rester derrière une vitre, le temps est compté, les rendez-vous etc…

La porte-parole a d’ailleurs éludé très vite la question en parlant d’un changement « relatif » à ces organismes.

Nous sommes pourtant un certain nombre à avoir toute notre tête. Présentement, les dispositions prises ou plus exactement inchangées par le Ministère de la Santé relèvent plutôt de la maltraitance Institutionnelle.

Si certains Ehpads ont été impactés par le virus, de nombreux autres, dont le nôtre n’en font pas partie. En ce qui me concerne, j’ai « confiné » 55 jours dans mes 23 mètre-carré  refusant même de descendre à la salle à manger en raison d’un trop grand risque de non-distanciation, entre autres à ma table habituelle! J’ai respecté cette règle jusqu’à ce jour.

Je suis, par ailleurs, élue au Comité de Vie Sociale et je n’hésite pas à défendre mes collègues résidents, voire les aides-soignants. J’ajoute que mes deux fils sont médecins dont l’un est médecin-coordonnateur dans deux Ehpads en Loire-Atlantique, l’autre généraliste aussi et responsable d’un service hospitalier en Corrèze.

Faudra-t’il une révolte des familles des résidents pour que nous soyons entendus ? Pour finir sur une plaisanterie « à la Bedos », peut-être que toutes ces personnes résidentes devront, pour se faire entendre, finir par descendre dans la rue avec leurs déambulateurs et leurs fauteuils ?

Merci de bien vouloir tenir compte de mon courriel en espérant que le Ministère s’en inspire rapidement.. »

Marie-Thérèse Taudin-Gallard alias Rose L’Angevine, signataire de ce texte, ajoute à son courageux message – billet d’humeur justifié – un post-criptum, plus intimiste et pourtant militant, celui d’une mère privée de ses enfants et de ses petits-enfants

« J’ajoute que la fête des mères se profile dans les jours à venir et les résidentes devraient en être privées… Ce serait un scandale de plus et une fois de plus de la maltraitance institutionnelle. « 

Merci Rose pour cet écrit qui confère au delà des chiffres et des statistiques, une dimension humaine et pudiquement tragique à cet épisode pandémique inédit, subi à l’échelle mondiale. Il montre que son impact pathologique prend différents visages selon les classes d’âge, et que le pire finalement n’est pas tant la mort inéluctable accélérée par la maladie, aboutissement qu’on y consente ou non de toute existence, que la solitude, d’injustice et le sentiment d’abandon que l’épidémie exacerbe avec la complicité postulée des autorités …

Comment faire prospérer l’ensemble de nos valeurs morales et sociales dans un tel contexte, sans que certains soient plus pénalisés que d’autres?  

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Deux photographies…

L’une est datée du 19 décembre 2017: on y voit une vieille femme assise dans un fauteuil roulant qui sourit à l’objectif. Sans doute un peu émue, elle vient d’intégrer, de son propre chef, un  » établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes » (EHPAD) à Massy… En fait, sa dépendance n’est liée qu’à son état physique qui ne lui permet plus, depuis son récent veuvage, de faire face en toute autonomie à l’ensemble des taches domestiques.

Mais son dossier médical, préalable à son admission, renseigné par son médecin traitant et entériné, après examen, par le médecin coordonnateur de la « maison de retraite », indique qu’elle jouit d’un « bon état cognitif », qu’elle n’est en rien désorientée et qu’en outre elle ne souffre d’aucune pathologie dégénérative, chronique ou infectieuse, susceptible de mettre en cause son diagnostic vital ou de porter atteinte à la sécurité sanitaire de l’établissement!

Autrement dit, cette personne, en l’occurrence, ma mère Adrienne Turbelier épouse Pasquier, n’est pas une « résidente à risque » pour l’établissement. Les seuls soins spécifiques qui doivent lui être prodigués sont en lien avec sa mobilité réduite, conséquence d’une ostéoporose ancienne, combinée à son grand âge! La facture de l’établissement en contrepartie de son « hébergement » tient d’ailleurs très largement compte de ce handicap…

A noter au passage qu’eu égard au prix de journée, pratiqué, ce type d’établissement est – de facto – interdit aux gens de condition modeste, qui n’auraient pour tout revenu, que la pension de retraite servie par la Sécurité Sociale! Ce coût le rend également inaccessible aux retraités de classe moyenne, qui ne disposeraient pas d’un patrimoine pour faire l’appoint au-delà de leurs pensions! Et pourtant, les services rendus – notamment médicaux – sont assez loin d’égaler l’excellence de résidences à quatre étoiles! 

L’autre cliché a été pris moins de deux mois plus tard, le 13 février 2018 dans le cimetière sud de Massy: il s’agit de la tombe tout juste refermée de la même personne, Adrienne Pasquier (1923-2018)…

Entre temps, elle est décédée le 6 février 2018 dans un hôpital d’Athis Mons, des suites d’une affection pulmonaire initialement « mal soignée ». Elle y avait été admise le 1er février 2018 en provenance du service des urgences de l’hôpital de Massy où, à la demande expresse de la famille, elle avait été hospitalisée, la veille, en dépit des réticences exprimées par le médecin coordonnateur de l’EHPAD.

Que s’est-il donc passé? Comment en est-on arrivé là?

Tous ceux qui ont connu Adrienne savaient qu’elle n’était pas en proie à la neurasthénie. Qu’elle n’avait nullement le goût du suicide! Tous vantaient sa force vitale exceptionnelle et sa confiance presque ingénue dans l’avenir ainsi que sa farouche volonté de vivre malgré les épreuves de l’existence… Comme tout le monde, elle avait connu la souffrance et parfois le malheur comme la mort de Maurice son époux le 7 novembre 2017 à l’issue d’un cancer incurable et après soixante dix ans d’union fusionnelle. Ou la disparition, il y a sept ans et demi, d’une de ses filles…

Mais jamais elle n’avait songé à renoncer à se battre contre la fatalité et à se laisser mourir, comme l’a suggéré de manière péremptoire et inconvenante, le médecin coordonnateur de l’EHPAD.

Son dossier médical d’admission précisait d’ailleurs qu’elle n’était nullement dépressive, qu’elle ne souffrait pas de crise d’angoisse, ni d’hallucinations, qu’elle n’était pas apathique et que ses « comportements moteurs » n’étaient pas aberrants.

Au contraire même! Ainsi, quelques jours avant l’explosion de sa maladie, elle s’était inscrite à toutes les animations et ateliers ludiques ou éducatifs de la maison de retraite. Quelques heures avant sa mort, alors qu’elle était encore pleinement consciente, elle espérait toujours guérir avec une soif de vivre hors du commun. Malheureusement, compte tenu de son état devenu critique, cette perspective apparaissait illusoire à tous ceux qui l’assistaient, y compris au personnel médical de l’hôpital qui avait néanmoins lutté pied à pied contre un mal envahissant irrémédiablement pour tenter de la tirer d’affaire! De l’avis de tous, cette guerre sans merci contre l’infection bronchique était intervenue trop tard!

Personne, hormis le médecin coordonnateur de la maison de retraite, ne s’était donc cru autoriser à affirmer qu’elle « voulait peut-être partir ». Il est vrai que cette scandaleuse posture faussement compassionnelle de l’impudent thérapeute lui permettait de justifier son inertie et sa démission face à la maladie. Sa passivité à soigner n’avait en effet échappé à personne – même pas à ses confrères et consœurs d’ordinaire indulgents.

Cette indolence coupable de la part d’un praticien pourrait même fonder, selon certains de nos conseils, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour présomption d’homicide par imprudence ou négligence ou pour non-assistance à personne en danger … Sans compter une autre, parallèle, diligentée par le conseil de l’Ordre des médecins, pour manquement aux principes de la déontologie médicale et pour reniement du serment d’Hippocrate, et éventuellement un signalement auprès de l’Agence Régionale de Santé !

Même si les reproches semblent patents, il faut néanmoins présumer que l’homme malgré sa désinvolture, fut de « bonne foi »!  C’est l’honneur de notre état de droit et de notre civilisation que de ne pas condamner sans procès équitable …

Pour autant, les différentes étapes de l’agonie de ma mère, dont nous avons maintenant reconstitué avec précision  la chronologie sont indiscutables. Les faits et les propos, dont pour l’essentiel nous fûmes nombreux à être témoins, sont têtus.

Notre mère a présenté les premiers symptômes de sa bronchite le samedi 20 janvier 2018, au travers d’un léger toussotement. Dès le lendemain, deux de ses petites filles qui lui rendaient visite, constatèrent une évolution significative de sa maladie, qui nous a conduit à demander l’intervention, dès que possible, de son médecin traitant. Les relevés téléphoniques attestent que cette requête n’a pas été suivie d’effet. Il a fallu qu’une des filles d’Adrienne, se substituant au service médical défaillant de l’EHPAD, en fasse elle-même la demande…

Toujours est-il que le mardi 23 janvier 2018, ma mère n’avait toujours pas vu de médecin, alors que sa toux était de plus en plus grasse, qu’elle peinait à dégager ses bronches et qu’en outre elle disait souffrir de son dos ! Face à mon insistance, le médecin coordonnateur accepta néanmoins de « l’ausculter ».  pour la première fois.  De mauvaise grâce d’ailleurs car il me fit sentir que c’était un privilège qu’il m’accordait, eu égard à sa charge de travail et au fait qu’il n’était pas censé intervenir !

S’agissant des douleurs lombaires, il dit en s’adressant à ma mère avant même de procéder au moindre examen médical: « C’est la vieillesse, et la vieillesse n’est pas une maladie » !

Ensuite, la faisant asseoir au bord du lit, il s’installa auprès d’elle tandis qu’en toute hâte, il l’examinait avec son stéthoscope porté en bandoulière ! Pour finalement conclure au bout de deux minutes d’investigation : « Tout va bien, il s’agit d’un encombrement mineur des voies aériennes supérieures qui disparaîtra de lui-même, si elle crache » !

Il ne prescrivit rien, en rappelant que ça ne relevait pas de ses compétences et s’en alla… Parvenant à le rattraper dans le couloir, je lui fis admettre du bout de lèvres qu’elle pouvait soulager ses douleurs par l’administration d’un antalgique classique dont il se garda bien de préciser la posologie.

Dans la soirée, ceux qui lui rendirent visite, apprirent qu’elle serait tombée de son lit. Ce que les infirmières contestèrent! Ce qui est sûr en revanche, c’est que c’est la famille qui dut l’aider, ce soir-là, à se nourrir!

Le lendemain  24 janvier 2018, la situation de notre mère ne s’améliorait pas mais, pour les infirmières agissant sous l’autorité du médecin coordonnateur, il n’y avait toujours pas lieu de s’inquiéter… Sa respiration devenait de plus en plus malaisée.

Au total, jusqu’au mardi 30 janvier 2018 – soit dix jours après les premiers symptômes de l’infection – ma mère ne bénéficia d’aucun traitement digne de ce nom, propre à combattre cette inflammation infectieuse des poumons. Inflammation pernicieuse, que n’importe qui aurait pu diagnostiquer… N’importe qui, sauf le médecin coordonnateur de la maison de retraite, qui persistait à se désintéresser de la maladie de ma mère, alors que tous les signaux étaient au rouge… A moins qu’il s’agisse d’incompétence…Ou pire encore!

Le mardi 30 janvier 2018, le médecin traitant put enfin intervenir. « Elle » prit immédiatement la mesure de la gravité de l’infection, confirmant qu’il s’agissait d’une bronchite infectieuse grave, qui, pour des sujets très âgés – comme pour des nourrissons – pouvait se révéler impardonnable! La situation lui apparaissait d’autant plus critique que, dans les dix jours précédents, rien n’avait été entrepris pour la combattre. Même un adulte dans la force de l’âge aurait probablement eu des difficultés à s’en sortir dans de telles conditions.

Elle ordonna immédiatement des antibiotiques et des séances de kinésithérapie respiratoire, ainsi que les examens biologiques qui s’imposaient en fait dès le début !

Cette prescription dictée par l’urgence ne plut guère au médecin coordonnateur de la maison de retraite, qui se considérait, à juste titre, comme désavoué par sa jeune consœur. En présence de la famille, il s’évertua même de la déconsidérer et de lui faire – sans succès – une leçon assez malvenue…

Clairement, s’affrontaient deux conceptions antagonistes de la médecine: d’une part celle incarnée par le médecin traitant qui pensait que son métier consistait à soigner sa patiente, indépendamment de son âge, et d’autre part celle du médecin coordonnateur de la maison de retraite, qui, à l’inverse semblait considérer qu’à partir d’un certain âge, la nature doit faire son œuvre! Cette pétition de principe s’appuie sur une certain nombre de règles prétendument éthiques, rassemblées sous le néologisme « d’humanitude », en vogue actuellement dans nombre d’EHPAD.

Sous couvert du respect absolu de la dignité de chacun des pensionnaires, en particulier de ceux dont on peut penser qu’ils abordent la fin de leur vie, « l’humanitude » qui joue de sa similitude sémantique avec « le devoir d’humanité » revient à confier cyniquement aux médecins coordonnateurs des maisons de retraite, le sort ultime des vieillards! Une sorte d’euthanasie passive sans le consentement des intéressés!

Le mercredi 31 janvier 2018,  l’état de notre mère continuait de se dégrader, sans que l’on puisse apprécier si le traitement préconisé par le médecin traitant avait effectivement été respecté… Elle fut placée sous assistance respiratoire et ne voulut plus ni se lever, ni s’habiller, ni s’alimenter!

En fin d’après midi, à la demande insistante de la famille, elle fut transférée aux urgences de l’hôpital de Massy… On connait la suite!

Il est déjà sans doute trop tard pour espérer éradiquer l’infection! Mais, ce sera tout de même tenté par les médecins hospitaliers, dans la continuité des recommandations du médecin traitant deux jours auparavant!

Faute de soins en temps opportun, elle est finalement morte victime de l’entêtement d’un médecin d’une maison de retraite, qui privilégiait ses folles utopies « régulatrices » et sectaires, à la volonté de ses patients dont , quoiqu’il en dise, il avait la charge sur le plan médical…

En effet, l’article D312-158 du Code de l’action sociale et des familles, qui définit les missions médicales et administratives du médecin coordonnateur, stipule notamment « qu’il élabore le projet de soins de l’établissement, qu’il coordonne le travail de l’équipe soignante et des intervenants libéraux, qu’il veille à l’application des bonnes pratiques gériatriques et participe à l’évaluation de la qualité des soins dans l’institution. »

« En cas d’urgence, il peut s’occuper des prescriptions médicales et octroyer des médicaments aux résidents et il élabore le projet de soins individualisé du résident.  »

Nulle part, il n’est précisé qu’il doit en outre, être l’assistant zélé de la Camarde! Ou la voiture-balai des Enfers…

Le moins qu’on puisse espérer désormais, c’est qu’un inventaire sans complaisance soit effectué des pratiques médicales de celui dans les griffes duquel ma mère a eut la malchance de tomber!

Et que toutes les mesures soient prises à l’issue de ce bilan, pour que ce médecin coordonnateur – ainsi que ses confrères qui seraient tentés de l’imiter – ne puisse poursuivre son action mortifère auprès d’autres résidents sans défense… Pour ma mère, c’est évidemment trop tard, mais si son sacrifice pouvait ouvrir les yeux des responsables, elle ne serait pas morte pour rien…

Militante jusqu’au bout, mais cette fois, malgré elle! Pour l’honneur de notre mère, il était de notre devoir de rappeler le martyr qu’elle dut subir du fait de l’inconséquence meurtrière de certains et de principes pseudo-philosophiques s’apparentant à des tartuferies destinées à donner le change!

Mais au-delà de cette écœurante façade, il y a un vrai débat national à conduire d’urgence, compte tenu de la démographie croissante des grands vieillards! Faute de quoi, la barbarie prendra le dessus car elle est déjà à nos portes…

              Vue de la chambre d’hôpital de ma mère, le 6 février 2018

 

PS: J’ai déjà eu l’occasion de formuler sur ce blog – dans un article du 27 juin 2012 intitulé « Sur les hauteurs d’Arromanches » – tout le mal que je pensais de l’action mortifère de ce pitoyable diafoirus de banlieue, que je tenais déjà à l’époque, pour le principal responsable de la mort d’une autre de mes proches…

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