Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Durau’

Il y a, tout juste, 323 ans, le jour du solstice d’hiver, ce vendredi 21 de l’an de grâce 1691, naissait à Châtellerault, un certain Pierre Durau, fils de Jacques, marchand filassier (de chanvre ou de lin) et de Françoise Requiem.  Lui-même deviendra ultérieurement boisselier mais, surtout, il sera à l’origine d’une lignée d’au moins trois générations de maîtres couteliers châtelleraudais.

P1010108

C’est par chez moi en 2012

Jusqu’alors je ne m’étais guère intéressé à lui qu’au travers du « tranchant » de sa descendance (voir mon billet du 30 octobre 2012, « la Rouanne couronnée de François Huau, maître coutelier à Châtellerault ».

Deux circonstances – peut-être trois – m’incitent désormais à le considérer avec plus d’attention, alors que jusqu’à présent, je l’avais laissé vaquer pour l’éternité à la fabrication de ses boisseaux.  Un vrai casse-tête au demeurant, car avant que nos fiers révolutionnaires ne définissent un siècle plus tard des unités normalisées de capacité ou de volume, fondées sur le système décimal et métrique, le boisseau généralement de grains, qui correspondait à des sous-multiples du setier, variait d’une région à une autre, parfois même d’une commune à une autre, voire même d’un marché à un autre ! Les boisseliers faisaient donc un peu office de juges de paix en matière de négoce de céréales. Et, c’était souvent un peu risqué, car les contentieux commerciaux pouvaient être sévères, entre des gens qui n’étaient pas toujours des plus policés ! D’où, (peut-être) la sagesse des descendants de Pierre, de se prémunir de tout ennui en choisissant d’usiner des couteaux !

La première raison qui m’a incité à lui consacrer cette petite note, c’est que c’est son anniversaire et que je suis certainement le premier depuis plusieurs siècles à y penser. La seconde, c’est que le siècle de Louis XIV en dépit de sa brutalité à l’encontre des pauvres gens, est finalement une valeur refuge pour quelqu’un qui vit au 21ième siècle et qui peine à envisager un avenir radieux dans un contexte de barbarie et de sauvagerie, croissantes et mondialisées.

Enfin, mon intérêt soudain est du à une erreur : j’ai cru, un instant, que « 323 », le nombre d’années qui nous séparent de sa naissance était un « nombre premier » et j’aime le mystère de ces nombres à la genèse toujours incomprise : en fait, je me suis trompé car ce chiffre est divisible par 17 et 19, qui, eux, sont effectivement « premiers » ! Mais même ce constat était une mauvaise raison, car, comme le rappelait justement le journaliste Philippe Pajot dans un excellent article de La Recherche de janvier 2014, « tous les entiers peuvent se décomposer de manière unique en un produit de nombres premiers ». Exit donc l’argument du 323, nombre magique, mais pas l’argument du solstice d’hiver, car autrefois comme aujourd’hui, la date était la même.

Que se passait-il donc en France en 1691 pour que soudainement j’éprouve le besoin de m’y arrêter ? En réalité, pas grand-chose qui puisse perturber le nouveau-né, Pierre Durau, hormis peut-être le fait que le Roi Soleil était au faîte de sa puissance absolue et qu’il passait son temps à guerroyer. Assez loin de Châtellerault toutefois : depuis 1688 il menait la guerre de la Ligue d’Augsbourg, autrement dit, la guerre de Neuf Ans ou guerre de la succession Palatine, qui l’opposa à une grande partie de l’Europe, en particulier à  l’empereur du Saint-Empire romain germanique. Une guerre inutile et coûteuse pour le peuple silencieux, qui en  ce début d’hiver rigoureux n’avait d’autre préoccupation que de survivre au froid et aux agents du fisc royal, toujours plus inquisiteurs!

Même l’incorrigible et talentueux échotier qu’est le duc de Saint-Simon n’évoque pas cette date de 1691 dans ces Mémoires, qui d’ailleurs ne débutent formellement que trois ans plus tard ! A Châtellerault même, il ne semble pas que ce jour de décembre 1691, fût un événement marquant. En tout cas qu’il ait suffisamment défrayé la chronique pour parvenir jusqu’à nous.

Il faut donc considérer que le seul fait notable fut la naissance de Pierre Durau. Et à y regarder de plus près, il faut dire qu’il est effectivement très singulier de sortir bien vivant de ventre d’une maman qui s’appelle « Requiem » ! Je suis, parmi beaucoup d’autres, le descendant au huitième ou neuvième degré,de ce clin d’œil de l’histoire…

Faut-il y rechercher là, une trace atavique de mon goût prononcé pour les « Requiem ». En particulier, au premier chef, celui inachevé de Mozart…Un réflexe  intergénérationnel de petit canard

Joyeux Noël à tous. Au son, pour les plus « branchés tradition » ou les plus nostalgiques, des flutiaux des « Naulets d’Anjou » ou en déclamant les rimiaux du « gâs Mile, ses « raconteries » au coin du feu, ou ses folkloriques rigourdaines de terroir. Avec un petit blanc des coteaux du Layon … Ou même « un grand » dans le genre « Coulée de Serrant » ou château d’Epiré!

Read Full Post »