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Doit-on halluciner ou se soumettre ? Ou les deux ! …

Cette satanée pandémie rebat et redistribue manifestement les cartes. Toutes les cartes. Et pas seulement celles relatives à notre santé. Celles aussi de notre entendement!

Il faut dire que les Diafoirus qui se succèdent à un rythme soutenu sur les plateaux TV et que relaient avec gourmandise les réseaux sociaux y sont pour quelque chose. Ils y mettent du leur pour nous donner le tournis et nous casser le moral. 

On en sourirait volontiers si l’enjeu était de nous distraire et si les malades n’étaient qu’imaginaires. Malheureusement, ce n’est pas le cas, chacun commençant à voir apparaitre dans son entourage proche ou éloigné, des victimes de ce fléau collectif venu du bout du monde, dont on dit en outre qu’il prend un malin plaisir à tromper notre vigilance immunitaire en changeant en permanence de casaque… Disons que le virus malfaisant se comporte comme tous les prédateurs microscopiques de son espèce, avec lesquels nous cohabitons plus ou moins pacifiquement depuis la nuit des temps !

Face à cela, nos éminents experts en infectiologie, épidémiologie, virologie et autres spécialistes toujours plus nombreux en bavardage savant simulent de mieux en mieux – et avec un réel talent comique – les médecins de Molière, comme « de grand(s) benêt(s) nouvellement sorti(s) des écoles, qui font toutes choses de mauvaise grâce et à contretemps ».

Les Diafoirus (Wikipédia)

Leurs hésitations et leur ignorance présomptueuse, maquillées de leur fatuité, servent en fait les intérêts de ceux qui les cornaquent habilement dans les allées du pouvoir. Ces derniers peuvent ainsi agir à leur guise face aux contradictions des patriciens de la médecine, pour imposer une nouvelle vision de l’ordre public qui n’a plus que de lointains et formels rapports avec l’ordre républicain…

C’est ainsi que le citoyen devient le sujet d’une majesté présidentielle, balloté entre les appétits autoritaires des uns et l’arrogance d’une prétendue science des autres! Le tout, ficelé dans une avalanche de règles administratives. Mais ce n’est pas mon propos du jour…

S’agissant précisément de la vaccination qui est toujours en avance sur nos voisins européens, les jours de conférence de presse ministérielle et en retard les autres jours, l’apport informatif des chercheurs et des soignants surbookés, s’exprimant dans le hall de leurs hôpitaux « saturés », peut se résumer, grosso modo à un seul diagnostic sibyllin « ni pour, ni contre, bien au contraire » ! Ils ajoutent généralement avec la tranquille assurance du sachant « de première ligne » que c’est une raison de plus, pour maintenir voire renforcer les mesures restrictives de liberté » et les gestes qui font barrage à la convivialité virale! 

C’est ainsi également qu’on nous dira tantôt que les vaccins sont la principale porte de sortie de cette ornière infectieuse dans laquelle on est envasé depuis un an, mais que, le lendemain, les mêmes du haut de leur chaire académique affirmeront péremptoirement que ce ne sera pas suffisant pour retrouver une « vie normale ».

D’ailleurs, les professeurs argumenteront, pour faire bonne mesure, sur le fait que lesdits vaccins, quelles que soient les stratégies développées pour les concevoir, dont au passage le nombre explose comme s’il s’agissait de faire honneur à l’économie de marché, ne sont pas en fait de « vrais » vaccins au sens pasteurien du terme.

En effet, ils ne nous immuniseraient pas complètement et pas longtemps contre le virus et surtout seraient impuissants à contrer ses fantasques mutations. Enfin, ils ne nous permettraient pas, d’ici des années, de côtoyer de trop près nos semblables sans les contaminer…

Résultat de cette contre-propagande : alors que le bon sens voudrait que les personnels médicaux et paramédicaux de France se précipitent massivement pour se faire vacciner, on apprend incidemment que nombre de soignants le refusent et que dans le même temps, le coronavirus est en passe de devenir la principale affection nosocomiale. On hallucine! 

Mais le pompon de l’information fantaisiste, tronquée ou truquée (comme on veut), ce sont les effets secondaires imputés à certains vaccins, avec en point d’orgue pour l’un d’entre eux, le coup du risque de thrombose des grosses veines du cerveau et de la formation de caillots sanguins ! Diable! 

Evidemment, il est difficile de demeurer béatement serein quand on entend un mec ou une nana en blouse blanche avec caducée de l’assistance publique sur la poitrine et la mine harassée par des nuits de veille sur « le front de vague », relayer une telle menace sur un des vaccins commercialisés.

Le ou la spécialiste aura beau s’efforcer de corriger l’effet désastreux de son discours à cette heure de grande écoute, en précisant timidement que les autres vaccins aussi présentent des inconvénients, rien n’y fera pour rétablir la confiance populaire. 

Rien n’y fera même s’il ou elle complète son propos devant les caméras qui lui assurent une notoriété éphémère, qu’il ne faut tout de même pas trop s’affoler car le bénéfice l’emporte très largement sur le risque encouru, que les effets toxiques déplorés sont rarissimes et qu’ils n’affectent que les jeunes et plutôt des femmes ! Ouf les vieux mâles respirent!  Je le sais car j’en suis un. Pour une fois que la providence n’en fait pas des têtes de turc (si j’ose dire)! 

Mais comme malgré tout, comme l’avenir des jeunes c’est de devenir vieux, on se méfie. Et ce, en dépit des commentaires empathiques du reporter journaliste qui tempère en ajoutant que ces petites surprises désagréables sont, somme toute, classiques et que ce vaccin incriminé, d’ailleurs privilégié en Angleterre, a fait ses preuves, puisqu’il a permis outre-Manche, la réouverture des pubs, des terrasses et de certains lieux de culture!

Trop tard, les braves gens qui pourtant ne gagnent jamais la timbale au loto, frémissent à l’idée d’être des gros lots dans le malheur. Ils ne veulent surtout pas prendre le risque de se faire inoculer ce vaccin potentiellement mortifère, et exigent un autre vaccin. Même le président omniscient aurait, dit-on, manifesté une certaine crainte…

Voilà comment on fracasse – on flingue – une campagne de vaccination, en balançant des ferments de suspicion infondée, qui forcément prennent le dessus sur le raisonnement rationnel.

Le charlatanisme a toujours été plus efficace pour influer sur les comportements que les équations différentielles qui pourtant sont souvent plus représentatives de l’évolution d’un système physique qu’un rêve éveillé ou qu’une rumeur fondée sur d’improbables statistiques.

Sérieusement, tout de même, ces effets secondaires délétères existent! Mais ils existent comme pour tous les risques à caractère stochastique, liés à une activité humaine. Le simple fait de traverser une rue expose à un risque mortel dont on sait calculer la probabilité, et pourtant il nous arrive – moins fréquemment actuellement – de changer de trottoir !

Prendre une pilule contraceptive ou enfiler une capote anglaise peuvent également exposer à des effets délétères redoutables chez certaines personnes …  Idem donc pour toute forme de consommation, licite ou non, y compris celle de produits anodins et recommandés dans l’alimentation…

Sans parler des médocs et des vaccins qui nous ont épargnés depuis plus d’un siècle des méfaits de la plupart des maladies infectieuses qui décimaient auparavant les populations.

Bref, tout est dangereux, rien n’est dangereux. c’est une question de dose, de posologie, de protocoles appropriés et de bonnes pratiques. Cette dangerosité s’exprime aujourd’hui en termes de probabilité.

Dosa sola fecit venenum (Paracelse 1493-1541)

Œuvre de M-T. Taudin «  EPIDEMIE » (2020) Extrait du forum France-Patchwork

La question toutefois qui se pose, est celle de savoir si, au nom d’une transparence, vertu cardinale et imprudente des temps modernes, toute information brute doit être « balancée » dans le grand public si celui-ci n’est pas à même de la comprendre à sa juste mesure, de l’assimiler et de l’interpréter à son profit et à celui de la collectivité…

Il y a plus de dix ans, j’ai été victime d’un infarctus. D’authentiques toubibs pas nécessairement férus d’épidémiologie m’ont à peu près remis sur patte, avec néanmoins quelques contraintes, en particulier celle de prendre quotidiennement des médicaments…

En fait, je ne me suis jamais vraiment intéressé aux effets indésirables graves (rares) pouvant subvenir. Ce n’est que fort récemment, pressé par l’injonction sécuritaire qui contamine tout le monde, que j’ai enfin parcouru la rubrique des notices traitant des effets secondaires graves mais rares. Je ne regrette pas d’avoir retardé cette échéance, car l’aurais-je fait plus tôt que je ne serais probablement plus de ce monde pour en parler, emporté par la trouille ou par ma décision de m’abstenir de suivre des prescriptions médicales « suicidaires ». 

J’aurais snobé les médocs!

C’est en effet avec horreur que je découvre aujourd’hui ce à quoi j’avais échappé jusqu’à présent.

Des effet rares mais violents et parfois létaux, tels que des réactions allergiques brutales, des angio-oedèmes, des crises cardiaques soudaines et sans sommation, des gonflements du visage, des fractures de la hanche, des vomissements ou des nausées ininterrompues, des inflammations préoccupantes du foie etc…

J’y ai échappé mais, forcément je m’interroge. Car, depuis…

J’ai la rate qui s’dilate
J’ai le foie qu’est pas droit
J’ai le ventre qui se rentre
J’ai l’pylore qui s’colore
J’ai l’gosier anémié
L’estomac bien trop bas
Et les côtes bien trop hautes
J’ai les hanches qui s’démanchent
L’épigastre qui s’encastre
L’abdomen qui s’démène
J’ai l’thorax qui s’désaxe….
(Chanson 1934 de Gaston 0uvrard )

Internet – site FMF

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Si j’étais conseiller technique d’un ministre, issu de la haute administration et formé à l’Ecole Nationale d’Administration, autrement dit, si je m’estimais omnicompétent et si ma fonction consistait, non à résoudre des problèmes mais à les esquiver pour le compte des élites dirigeantes, il est certain que le titre qui me viendrait immédiatement à l’esprit pour introduire un rapport sur la période actuelle serait « une rentrée 2020 contrastée ».

Dans le contexte liberticide et intolérant que nous traversons, démoralisant en outre, le contraste – c’est le moins que l’on puisse écrire – est en effet saisissant par rapport aux années précédentes, où l’on pouvait sortir sans se masquer le visage, embrasser ceux qu’on aime sans être suspecté de leur transmettre la mort et sans culpabiliser. Heureux temps (passé inaperçu dans l’instant), où l’on pouvait s’enquérir du degré de maturité d’un melon sur l’étal d’un marché sans croiser le regard inquisiteur, subir des leçons de morale ou supporter des flots de remontrances de paranoïaques hypochondriaques ou d’emmitouflés compulsifs dopés aux statistiques de mortalité virale diffusées par les autorités sanitaires. 

Il y a peu, on pouvait encore envisager l’avenir avec une certaine sérénité. Ce n’est plus le cas. La pandémie mondiale qui nous afflige n’en est d’ailleurs pas l’unique cause. Elle n’est que le révélateur conjoncturel d’une tendance régressive antérieure.  Elle n’est en rien à l’origine des incivilités, des violences et de l’insécurité pas plus qu’elle n’est impliquée dans la montée en puissance des perversions sociétales mortifères comme le « racialisme » ou la résurgence nauséabonde de l’antisémitisme sous ses différentes formes dans certains quartiers de banlieue.

La pandémie n’est pour rien non plus dans l’autocensure, cette mutilation volontaire de l’intelligence que nous nous infligeons pour passer au travers des mailles du filet des milices de la pensée « convenue » qui pourchassent tous ceux qui y dérogent, ou pour échapper aux obsessions assassines des abrutis de dieu qui traquent les blasphémateurs.  

Coluche, Reiser et Desproges sont bien morts! Pierre Dac aussi.

Le « contraste » est une notion commode pour évoquer une ambiance générale plutôt délicate voire délétère, car il ne préjuge ni ne fait cas de la réalité « vraie ». Porte-voix muet des dénis en tous genres, il  s’accommode sans complexe des semi-vérités et contrevérités qu’il « blanchit » par omission, complaisance ou clientélisme. 

Il y a quelques années, son usage était très prisé dans la littérature administrative car il permettait, tout en faisant sérieux et raisonnable, de relativiser, voire de camoufler des situations gênantes ou des circonstances carrément anormales ou répréhensibles, qui annoncées crûment, auraient pu générer des désordres mettant en cause ceux qui gouvernent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle tout rapport destiné aux ministres devait être assorti de conclusions offrant des portes de sortie honorables, de préférence imprécises, annonçant l’issue prochaine d’une crise, et soulignant avec un optimisme mesuré que, des « marges de progrès » ayant été identifiées dans la gouvernance des affaires publiques, des pistes d’amélioration étaient d’ores et déjà mises en œuvre, charge aux responsables publics investis par le suffrage universel d’en accentuer la portée bénéfique, s’ils l’estimaient nécessaire.

Ainsi tout le monde était en principe satisfait: tout d’abord les auteurs du rapport qui attestaient, sinon de leur audace, du moins de la pertinence de leurs analyses, de leur indépendance de jugement et de leur souci de transparence, et ensuite, ceux auxquels s’adressaient ces recommandations, qui y trouvaient matière à s’autosatisfaire de leur lucidité, et pouvaient s’approprier des éléments de langage pas trop engageants pour répondre, par médias interposés, à l’impatience d’un peuple théorisé et fondamentalement méprisé.  

Cette pratique de l’euphémisme « qui ne mange pas de pain » vaut (valait) généralement une rosette aux valeureux écrivaillons quelques décennies plus tard en raison des éminents services rendus à l’Etat, au cours d’une carrière exemplaire de domestiques institutionnels. 

Cet art consommé de la litote que maitrisaient à merveille nos technocrates d’avant, présentait néanmoins le risque, qu’une fois sorti de l’anonymat du fait des honneurs « justement mérités », les hauts fonctionnaires rédacteurs de ces morceaux d’anthologie administrative soient tenus pour responsables de l’inertie étatique et « mis en examen » par un(e) juge militant(e) agissant sur plainte associative ou d’un collectif de « victimes ». 

Comme tout le monde, mieux peut-être que tout le monde, les magistrats savent en effet, opportunément, prendre les vents ascendants de l’Histoire et finissent par comprendre, non par vertu mais par intérêt, que le temps des potions édulcorantes aux propriétés dormitives est révolu. La mode n’est plus en effet à élaborer des formules creuses de rassurance pour gogos, mais au contraire d’en prendre le contrepied. Il ne se s’agit plus d’apaiser mais d’inquiéter. Entre temps le principe de précaution constitutionnalisé est passé par là, embarquant dans ses basques, la mythologie stérilisante du « risque zéro » qui devient le bréviaire officiel. Aujourd’hui, le mot d’ordre universel est de « nous foutre la trouille » dans les différents volets de notre vie! 

 

Tenture de l’Apocalypse -photo Château d’Angers Internet – Ruais

Quoiqu’on pense des données météorologiques et du mouvement des masses d’air en mai 1986 lors de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, on ne dirait plus aujourd’hui que le nuage de rejets radioactifs n’a pas franchi les frontières de notre pays, mais au contraire qu’il tourne en rond à l’intérieur de celles-ci, déversant sans relâche et jusqu’à épuisement sa nauséeuse cargaison d’éléments de fission et d’activation, provenant du cœur du réacteur sinistré! Et on ajouterait, « qu’en responsabilité » les pouvoirs publics demandent aux populations de se calfeutrer dans leurs caves sous peine d’être mis à l’amende en cas d’infraction constatée par les milices « citoyennes » nouvellement créées, seules habilitées à se balader dans les rues durant cette période de couvre-feu permanent (annoncée pour forme comme « transitoire »)! 

Il faut s’y faire : la communication officielle de jadis est frappée d’obsolescence, sans doute jugée inappropriée pour servir le projet politique ou pour masquer l’absence de projet, de ceux qui sont aux commandes.

Le discours « politiquement correct » s’appuie désormais sur d’autres mots, d’autres syntaxes, d’autres images, d’autres mythes, tout aussi insipides et trompeurs que les précédents remisés aux oubliettes, mais plus conformes aux instincts totalitaires d’une classe politique émergeante prisonnière de ses fantasmes et de ses utopies rousseauistes dégriffées. Une classe de nouveaux aristos sans cravates et en sandales, qui ne rêvent que d’interdictions. La mode est à l’apocalypse annoncée dont sont étrangement déclarés coupables ceux qui en sont désignés comme les futures victimes, à savoir les humains insouciants, jouisseurs impénitents des richesses d’une nature idéalisée…

D’où, ce thème de plus en plus ressassé de rééducation forcée des masses, dont les plus radicaux des prophètes de malheur se font les chantres au travers de leur critique acerbe et pitoyable de nos comportements, de nos us et coutumes, de nos fêtes même et de tout ce qui contribue à notre plaisir et à notre art de vivre. Et dont on aurait abusé!

A bien des égards, c’est notre culture populaire qui est caricaturée et mise en accusation comme en témoigne le procès affligeant fait récemment aux sapins qui décorent nos villes à Noël, ou au Tour de France, par des élus de grandes agglomérations.   

Tout se passe comme si ces réincarnations inquiétantes de Savonarole cherchaient à s’assurer la sujétion et la docilité des peuples en recourant à la peur et au catastrophisme, ainsi qu’au refus presque systématique de toute rationalité, notamment de celle héritée du siècle des Lumières. Mais pas seulement! Même les plus extrémistes des agitateurs du passé n’auraient pas osé franchir à ce point les frontières de la déraison et ce, qu’on adhère ou non à leur conception déterministe et parfois sanglante de l’histoire. 

Ces dérives pernicieuses aux origines idéologiques ou religieuses diverses visent non seulement à asseoir de nouvelles formes de despotisme infantilisant et à abolir toute réflexion critique sur des « vérités » assénées, mais également à remettre en cause les bases mêmes d’une civilisation « occidentale », issue de la tradition gréco-latine, dont il est dorénavant malséant de penser et surtout de dire que, pour son propre compte, on la préfère à d’autres.

En attestent la virulence des propos et les palinodies pernicieuses dont usent les détracteurs de la laïcité, pour en contester la légitimité comme élément essentiel et comme principe fondateur du pacte républicain. En atteste également la passivité de ceux qui sont chargés par nos institutions de défendre la République et ses valeurs, mais qui préfèrent éluder la réalité en usant de termes ambiguës comme « le séparatisme » pour qualifier un islamisme assassin qui prospère au sein de la société française et qui n’a d’autre objectif que d’abolir ladite République pour mettre en place un ordre public théocratique calé sur la charia. Ne pas identifier clairement l’ennemi et s’abstenir de dénoncer les catéchismes intolérants et les pratiques importées qui provoquent d’inadmissibles troubles à l’ordre public, c’est s’assurer de perdre le combat que nous livrent les extrémismes de toutes observances et obédiences, dont les clergés nous saturent de leurs imprécations sur l’imminence des chaos climatiques, divins , épidémiques et même de la énième extinction des espèces vivantes…

On croit rêver! Vivons-nous un nouvel épisode de la revanche de Jérôme Savonarole (1452-1498), ce moine halluciné qui fit trembler les florentins et vaciller les Médicis ?  

D’aucuns en tous cas s’en inspirent qui ne prêchent plus guère que la repentance de nos fautes ainsi que celles de nos aïeux, et ne savent plus trousser une allocution sans se référer au changement climatique catastrophique prévu par les algorithmes, à la sauvegarde de la planète et à sa biodiversité, quel que soit le sujet abordé. 

Pour être pris écouté et repris par les réseaux dits sociaux, tout discours politique doit en outre comporter parmi d’autres rituels incontournables, une mention explicite au fait « d’agir en responsabilité ». De même, il est désormais de bonne politique, d’éviter toute phrase qui pourrait être interprétée comme une insulte à la France girondine et de préférer à toute autre indication géographique, celle de « territoire » qui rime avec terroir… Le faux semblant s’est substitué à l’euphémisme. 

La science est désormais présentée, non comme un cadre de recherche rationnelle et persévérante de théories permettant une meilleure compréhension du monde mais comme le lieu de la révélation de la vérité.

Dans ces conditions, on est en droit de s’interroger. S’agit-il alors d’une science dès lors qu’on l’instrumentalise à des fins politiques et qu’elle s’affranchit presque totalement du principe de réfutabilité énoncé au siècle dernier par l’épistémologue Karl Popper? En quoi, alors, la science se distingue-t-elle ontologiquement de la théologie? 

Que peut-on dire en outre de cette vérité qui s’affiche scientifique lorsqu’elle est arrangée en fonction des convenances, qu’elle est poreuse aux pressions de toutes sortes, qu’elle se contredit au gré des changements de paradigmes et qu’enfin elle procède autant de l’intime conviction de ceux qui cherchent à la médiatiser, que de la démonstration? 

Récemment, le philosophe des sciences et physicien Etienne Klein illustrait malicieusement ces questionnements un peu iconoclastes en observant à propos de l’épidémie virale imputable à la Covid 19 que certains personnages politiques de haut rang, après avoir précisé qu’ils n’étaient ni médecins, ni biologistes, ni scientifiques – bref qu’ils ne revendiquaient aucune compétence scientifique – affirmaient avec autorité que tel médicament était plus efficace qu’un autre pour combattre le fléau! Rien d’étonnant puisque dans le même temps, les instituts de sondage posaient une question de même nature à des quidams d’un panel représentatif!

A partir de là, il faut tirer l’échelle! 

Mais alors, qu’elle est la vérité en cette rentrée 2020? Où est-elle? Qui la dispense?

Le maire de la petite ville où je réside écrit avec justesse dans sa lettre municipale mensuelle, que cette rentrée est « étrange »! 

Il n’a pas tort. Authentique républicain qui ne se laisse pas abuser par les mots, son constat est frappé du bon sens, d’autant qu’en ce qui le concerne, il est indiscutable qu’il n’a pas présidé, à l’échelle de sa commune, à une rentrée ordinaire, la crainte de la contagion virale imposant des procédures spécifiques, dont -soit-dit en passant – la logique est souvent énigmatique !

En soi, il a donc raison de noter que c’est effectivement étrange. Mais, il ajoute que la catastrophe redoutée ne s’est pas produite. Autre étrangeté si l’on se fie aux oracles télévisuels qui pronostiquaient le pire avec une certaine gourmandise!

L’homme est volontariste. Bien que l’étrangeté du moment n’échappe évidemment à personne, on peut penser aussi qu’une partie du malheur annoncé (espéré?) n’est qu’une construction de l’esprit ou plutôt d’esprits craintifs ou malveillants s’efforçant de nous sidérer!

Alors, pourquoi s’interdire de prévoir que cette excentricité angoissante du présent – certes perturbante – accouchera peut-être de lendemains qui chantent! 

Pour ma part, cependant, au vu du désarroi ressenti par la plupart des citoyens du monde et de mes concitoyens, au vu de la pauvreté qui gagne du terrain, accompagnée de son funeste cortège de malheurs et d’inégalités croissantes et criantes, au vu enfin de la manière dont cette épidémie sert de prétexte pour restreindre nos libertés fondamentales et pour influer défavorablement sur nos destins et sur notre quotidien,  je prétends très prosaïquement que cette rentrée 2020 est objectivement une rentrée de merde…

Mais ce n’est pas une raison pour décourager Billancourt!  

 

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Dans la République française, y compris dans la cinquième, celle du « coup d’Etat permanent », tous les citoyens et citoyennes sont en principe égaux, mais comme l’aurait sûrement observé le défunt et regretté Coluche avec son humour corrosif, il y en a qui sont plus égaux que d’autres.

Et en période de crise, notamment sanitaire, ce soupçon de différence statutaire entre les personnes, ce presque rien, fondé notamment sur l’âge et sur l’handicap, dont les bonnes consciences s’accommodent sans même y penser, fabrique de l’exclusion du monde des vivants et de la détresse à la pelle. Et ce, avec une constance anxiogène et une redoutable efficacité, en tous points comparable à celle du virus potentiellement létal que l’on prétend combattre! On meurt sans doute autant de ces discriminations que des agents biologiques pathogènes!

Aussi étonnant qu’il y paraisse dans un pays qui se targue de liberté, d’égalité et de fraternité, les exemples et les témoignages abondent en ce moment de ces établissements accueillant nos aînés, où, sous prétexte de lutte contre l’épidémie mortifère qui nous agresse tous, on semble oublier que les pensionnaires de grands âges, qui ne prétendent d’ailleurs pas à l’immortalité, ne sont pas des irresponsables à surveiller comme le lait sur le feu, ou des prisonniers de droit commun.

On oublie qu’ils n’ont pas vocation à être enfermés comme des animaux en cage, au motif surprenant qu’il faudrait les protéger de la mort en les excluant d’emblée du monde des vivants! Paradoxalement, les mesures qu’on leur impose de « distanciations sociales » inhumaines creusent leurs tombes avec une régularité que même le virus ne saurait leur garantir. Seule la fatalité d’une mort solitaire finit par les affranchir de cet isolement contre-nature loin des leurs! 

Ainsi, accablés par l’ingratitude de la société et le désintérêt qu’ils suscitent en dépit des poncifs officiels de compassion simulée, nombre de résidents de ces établissements finissent par abdiquer et par appeler la grande faucheuse de leurs vœux… Insensiblement, ces établissements de retraite n’apparaissent plus comme des lieux de possible convivialité pour des personnes objectivement en fin de vie, mais comme les antichambres obscures de la Camarde, au sein desquelles les résidents affaiblis par l’âge n’ont d’autre issue que d’appeler la mort par dégoût ou simplement par lassitude de vivre … 

Qu’imaginer d’autre en effet, quand, des mois durant sans perspective datée de sortie du tunnel, on ne dispose plus d’autre droit au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité nationale que d’apercevoir ceux qu’on aime au travers d’écrans télévisuels ou de vitres plastifiées, sans pouvoir, ni effleurer, ni toucher leurs mains, encore moins caresser leurs visages, perçus comme des sources inquiétantes de circulation potentielle d’un virus qui probablement tuera moins que le chagrin d’une existence sans but et sans joie? Une vie sans sel est-elle toujours une vie?   

Dessin d’une petite-fille de résidente d’EHPAD

La fin annoncée de l’épidémie de coronavirus et dans la foulée, celle du « confinement hyper-strict  » imposé à tous ceux et celles dont la principale pathologie n’était initialement que la date de naissance – généralement avant la seconde guerre mondiale – firent un temps espérer aux résidents de maisons de retraite que l’étau se dé-serrerait au même rythme que pour tous les autres français.

Ceux qui avaient moralement résisté – survécu – pendant de nombreuses semaines à ce régime inhumain de privation quasi-totale de relations sociales hors du milieu clos de leur chambre, nourrissaient l’espoir légitime que ce régime de prisonnier, décrété hors de tout véritable contrôle, hors de toute discussion, par des autorités indépendantes, allait graduellement prendre fin et que le déconfinement national ouvrirait – à tout le moins – entrouvrirait les portes de leurs geôles… 

Le Premier ministre dans son intervention du 28 mai 2020 n’avait-il pas annoncé, au cours d’une de ses rares envolées lyriques, que désormais la liberté serait la normalité! 

Las ! Pour beaucoup de résidents d’Ehpad, ce dé-confinement tant attendu n’est pour l’heure qu’une virtualité. Et la déception est à la mesure des attentes!  Certains se résignent à subir. D’autres manifestent leur indignation et le font savoir!

Leur voix ne doit pas s’éteindre. C’est le cas de Rose l’Angevine – Marie Thérèse Taudin-Gallard- qui vit dans un Ehpad de la région nantaise et que les lecteurs de ce blog connaissent bien comme une commentatrice fidèle et toujours pertinente des billets historiques… Elle a souhaité que sa protestation adressée respectivement à la député de sa circonscription, aux responsable de l’Agence Régionale de Santé et, par leur biais, au ministre de la santé, devienne une lettre ouverte. Les principaux passages en sont publiés ci-dessous:

« Madame la députée,

Hier j’étais très en colère et je vous envoie, en tant que notre représentante, en espérant que vous ferez écho de mon mécontentement auprès du ministre de la Santé et des Solidarités, Monsieur Olivier Véran, plutôt apprécié car médecin… Mon courriel a également été adressé à RMC, à l’ARS…

Ayant suivi, l’intégralité des communiqués de presse du Premier ministre et de ses ministres dont Monsieur Olivier Véran, j’avais cru comprendre que « la liberté » était la normalité, ce qui ne l’était pas était l’exception.

Pendant cette conférence de presse, il a juste été dit que les gens fragiles devaient être protégés.

Hier matin, sur la radio RMC, au cours de l’entretien entre le journaliste Jean-Jacques Bourdin et la porte-parole du gouvernement, j’ai entendu que la question des Ehpad et des autres organismes sociaux n’avait pas été explicitement évoquée lors de la conférence presse du Premier ministre et que par conséquent rien n’était changé pour eux dans cette phase 2 du déconfinement. Autrement dit, les visiteurs doivent rester derrière une vitre, le temps est compté, les rendez-vous etc…

La porte-parole a d’ailleurs éludé très vite la question en parlant d’un changement « relatif » à ces organismes.

Nous sommes pourtant un certain nombre à avoir toute notre tête. Présentement, les dispositions prises ou plus exactement inchangées par le Ministère de la Santé relèvent plutôt de la maltraitance Institutionnelle.

Si certains Ehpads ont été impactés par le virus, de nombreux autres, dont le nôtre n’en font pas partie. En ce qui me concerne, j’ai « confiné » 55 jours dans mes 23 mètre-carré  refusant même de descendre à la salle à manger en raison d’un trop grand risque de non-distanciation, entre autres à ma table habituelle! J’ai respecté cette règle jusqu’à ce jour.

Je suis, par ailleurs, élue au Comité de Vie Sociale et je n’hésite pas à défendre mes collègues résidents, voire les aides-soignants. J’ajoute que mes deux fils sont médecins dont l’un est médecin-coordonnateur dans deux Ehpads en Loire-Atlantique, l’autre généraliste aussi et responsable d’un service hospitalier en Corrèze.

Faudra-t’il une révolte des familles des résidents pour que nous soyons entendus ? Pour finir sur une plaisanterie « à la Bedos », peut-être que toutes ces personnes résidentes devront, pour se faire entendre, finir par descendre dans la rue avec leurs déambulateurs et leurs fauteuils ?

Merci de bien vouloir tenir compte de mon courriel en espérant que le Ministère s’en inspire rapidement.. »

Marie-Thérèse Taudin-Gallard alias Rose L’Angevine, signataire de ce texte, ajoute à son courageux message – billet d’humeur justifié – un post-criptum, plus intimiste et pourtant militant, celui d’une mère privée de ses enfants et de ses petits-enfants

« J’ajoute que la fête des mères se profile dans les jours à venir et les résidentes devraient en être privées… Ce serait un scandale de plus et une fois de plus de la maltraitance institutionnelle. « 

Merci Rose pour cet écrit qui confère au delà des chiffres et des statistiques, une dimension humaine et pudiquement tragique à cet épisode pandémique inédit, subi à l’échelle mondiale. Il montre que son impact pathologique prend différents visages selon les classes d’âge, et que le pire finalement n’est pas tant la mort inéluctable accélérée par la maladie, aboutissement qu’on y consente ou non de toute existence, que la solitude, d’injustice et le sentiment d’abandon que l’épidémie exacerbe avec la complicité postulée des autorités …

Comment faire prospérer l’ensemble de nos valeurs morales et sociales dans un tel contexte, sans que certains soient plus pénalisés que d’autres?  

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Je comprends qu’on puisse se moquer gentiment de notre nostalgie revendiquée pour une époque désormais très lointaine, celle de notre jeunesse. Mai 1968…

N’empêche que cette mélancolie qui parfois nous submerge, a des raisons d’être. Non parce qu’on a pris de l’âge ou qu’il faille désormais accepter la finitude de notre existence et, en outre, s’accommoder avec fatalisme, de l’idée selon laquelle nous devrons, un jour ou l’autre, laisser la place. Ce qui nous irrite, ce n’est pas, non plus, de renoncer à être le centre du monde ou d’être poussé, hors de scène, conformément aux cycles immuables des espèces vivantes!

Non! Ce qui nous attriste, ce n’est même pas enfin une incompréhensible modernité qui nous accablerait et dont nous ne serions que les victimes sans en être partie prenante et encore moins bénéficiaire. Ce qui nous chagrine en réalité, c’est presque le contraire: c’est le sentiment d’avoir conservé l’enthousiasme de notre jeunesse et d’observer le vieillissement accéléré d’un environnement social, politique et moral, incapable d’imaginer une vision collective de l’avenir sans se référer aux archaïsmes les plus éculés.

Un avenir qui ne semble plus être conçu qu’étriqué et sécuritaire, et qui privilégie le retour en arrière sur le risque d’avancer!  Du moins si l’on se projette dans les schémas que développent ceux qui prétendent nous gouverner.

Entravés par des certitudes d’un autre âge, ils n’attestent par leurs propos, que de leur aboulie moralisante. Et tout se passe comme si leur impuissance ne recelait qu’une seule « vertu », celle d’inverser la marche du temps, leur action effective consistant juste à recycler de vieilles sornettes, rafistolées à coups de révolution numérique…

La France est en marche, certes, mais trop fréquemment en marche arrière! Tout se passe comme si ce bric-à-brac de bavardages stériles et idéologiquement réactionnaires prenait le pas sur l’idée de progrès, moteur de toutes nos utopies libératrices depuis deux siècles… Finis les idéaux qui nous animaient ainsi que le volontarisme et l’esprit de révolte de ceux qui nous ont précédés et qui ne se contentaient pas de courber l’échine face à la fatalité ou de se plier à un ordre établi profondément injuste!  

La génération actuellement au pouvoir – pourtant jeune d’apparence et qui l’est réellement si l’on considère sa date de naissance et celle de sa sortie de l’ENA – parait en effet, si vieille et surannée, à l’aune de ce qui nous faisait vibrer jadis! Que propose t’elle en dehors des antiennes dévaluées et inégalitaires du 19ième siècle, dans le genre « Enrichissez-vous », bréviaire du très monarchique et ultra-libéral François Guizot (1787-1874)?

Voilà une des raisons qui font que ce premier mai 2020 nous rend un peu tristes.  

En 2020 Muguet de Maurice et Adrienne

L’épidémie virale qui nous accable n’est qu’un des révélateurs récents, et sûrement le plus tragique, de cette crise de confiance d’une société qui s’aperçoit qu’elle régresse dans presque tous les domaines, depuis trois ou quatre décennies.  Une société gangrenée par le pessimisme, qui, ayant progressivement abandonné l’esprit des Lumières et ne croyant plus à son destin ni même à son identité, ne trouve plus guère d’autre échappatoire que de s’en remettre au monde merveilleux et à la philosophie de la comtesse de Ségur! Et à la pensée magique pour surmonter ses malheurs, réduire les inégalités et même éduquer ses enfants. 

Il y a belle lurette en revanche que l’insolence n’est plus tolérée. Plus personne n’oserait taguer – comme en mai 1968 – sur les murs de la Sorbonne une formule du type, « la liberté c’est la conscience de la nécessité ». On pouvait à l’époque griffonner de tels aphorismes un peu abscons dans un temple du savoir sans exiger de leurs auteurs qu’ils s’en expliquent, autrement que par leur rage d’exister et de s’approprier leur destin! 

Il y a longtemps en outre, que plus personne n’écrirait sur un amphi de Nanterre que « Manquer d’imagination, c’est ne pas imaginer le manque »… Même un slogan fédérateur comme  » En mai, fais ce qu’il te plait », clamé à l’encan, passerait actuellement pour une insupportable subversion. 

Ne parlons pas du  » il est interdire d’interdire » de mai 1968 qui, bientôt, relèvera, sans nul doute, du corpus d’injures à l’ordre public, pénalement sanctionnables…  

Dans ce contexte, la fête du travail n’est plus vraiment celle des travailleurs au sens de la lutte des classes et de l’Internationale Socialiste, mais plutôt celle du corporatisme et de la concorde pétainistes. Quant au muguet, il n’entretient plus aucune filiation romantique avec l’églantine rouge portée jadis à la boutonnière le jour du 1er mai!  

Cette grisaille idéologique nourrie aux peurs légitimes que suscite l’épidémie mortifère au coronavirus, révèle heureusement d’amusants paradoxes comme l’opération « mains propres » ressassée sans relâche par les responsables politiques – qui nous contraint forcément à sourire, savon de Marseille en main – ou encore la désignation d’une sous-ministre, ci-devant inspecteure des finances, désormais chargée de l’approvisionnement toujours improbable en masques de papier importés de Chine… comme d’ailleurs l’implacable virus…

Y aura-t’il prochainement une sous-ministre dédiée au gel hydroalcoolique, puis une autre à la distanciation sociale et enfin une, qu’on appelle avec impatience de nos vœux, missionnée par le Président pour trouver une thérapie efficace contre cette engeance mortifère? 

Dans l’attente, faisant fi cette année de l’absence sur les marchés de nos villes et villages, de vendeurs de l’Huma reconvertis rituellement en vendeurs de muguet, la magie du numérique permet malgré tout – en dépit des menaces qu’il fait peser sur nos libertés – d’offrir à tout un chacun, un brin virtuel de bonheur… En gageant qu’il se réalise au plus vite!

Vœu plutôt bienvenu et toujours apprécié en ces temps maussades!

Merci à tous les égarés du Net qui parfois lisent mes divagations oniriques témoignant à ma mesure d’époques désormais révolues! 

Mai 1968 – grève à Thomson Angers

Protégez-vous de tout et de tout le monde! 

 

 

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Le roi Lion s’est exprimé hier soir dans la lucarne magique sur l’évolution de la maladie.

Auparavant, il avait réuni tous ses conseils, écouté les plus grands oracles.

Conseillers du Roi, sauf l’âne absent du tableau!

Avec humilité, contrairement à ses habitudes et à ses penchants naturels un tantinet narcissiques, il s’est repenti – sans toutefois prendre le cilice – de ses erreurs et surtout de celles de son entourage. Il a, avec franchise et compassion, regretté les lacunes de ses sujets, et les retards déplorés dans le traitement de la maladie à l’échelle du royaume… Il a aussi chaudement remercié les médecins, les apothicaires et les herboristes, les chirurgiens et autres barbiers, ainsi que les rebouteux, les sorciers labellisés par l’Université, les nonnes aussi, qui en grand nombre, se dévouaient au service des pestiférés. Et ce, au péril de leur vie. Il a même reconnu que lui aussi, bien que choisi par Dieu pour son talent à défaut d’être un vrai élu du peuple, il pouvait être angoissé comme le commun des mortels! Il sait même désormais qu’il peut commettre – lui aussi – des erreurs vénielles d’appréciation, car il a appris de cette douloureuse histoire, qu’il ne sait pas tout. 

Personne n’a été omis de cette longue litanie de gratitudes. Tous les hommes et les femmes, infirmiers, infirmières, dont les actes de courage lui ont été signalés par ses conseils ont été cités! Tous ceux qu’il a classés en première ligne, puis en seconde ligne et enfin en troisième ligne « du front » ont été cités sous le drapeau de leur corporation. Personne n’a été oublié: il y a veillé! Même pas les corbeaux ou les curés, qui, sur son initiative inspirée, portaient secours aux pauvres malades, ramassaient les dépouilles des malheureux disparus ou les enterraient dans la chaux vive…

Le roi Lion n’a pas manqué de répéter qu’il mesurait la grandeur du don que ces hommes et ces femmes de bonne foi consentaient, en son nom, pour assurer la survie terrestre ou, en cas d’échec, céleste, des manants de son royaume.

Il a dit qu’il déplorait que leur sacrifice ne soit pas justement rémunéré à la hauteur de leurs mérites, en monnaies sonnantes et trébuchantes. Et il a assuré, faisant au passage une allusion furtive et implicite à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qu’il veillerait personnellement à ce que cette injustice soit réparée, lorsque la paix bacillaire ( versus virale en 2020) sera rétablie!

Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.

Ce fut vraiment un beau discours que celui du roi Lion en son palais. Un beau prêche que tous les chantres de sa majesté et tous ses thuriféraires ont repris et entonné immédiatement en cœur à travers le pays, de telle sorte que cette parole réconfortante de lucidité modeste et d’espoir soit entendue et respectée jusque dans la plus humble chaumière! 

Le tragique de la situation du royaume agressé par un mal invisible justifiait pleinement que le roi s’exprimât ainsi. Il fallait qu’après un surprenant acte de repentance royale, à la limite de la contrition publique, et de reconnaissance apitoyée adressée à ses sujets, le souverain émît quelques notes d’espérance conditionnelle, une quinzaine de jours avant que l’Esprit Saint ne revienne à la Pentecôte, réveiller le monde et le laver de ses abjections ainsi que de ses miasmes! Des semaines de suspens, qui permettront aux artisans fabricants d’hosties d’approvisionner toutes les paroisses du royaume. La promesse est royale comme sa générosité avec l’argent du peuple ! 

La situation exigeait cette théâtrale dramatisation  

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.

A peine le discours du roi Lion achevé, tous les courtisans mais également tous les porte-voix et échotiers s’empressèrent de faire le siège des gazettes pour les gratifier de leurs commentaires, généralement très élogieux, à l’exception notable et regrettable des pamphlets provocateurs émis par des aigris ou des esprits chagrins de toutes observances qui ne se complaisent que dans la critique stérile.

Quand le royaume vacille sous les coups de boutoir d’un mal inconnu et mortifère, le moment n’est guère opportun pour pinailler sur les propos de sa majesté et a fortiori pour déblatérer afin de discréditer ses édits destinés à éviter le naufrage à l’ensemble du royaume.

Le Roi a reconnu lui-même qu’il procéderait le moment venu à un aggiornamento de sa gouvernance, car ce fléau qui affecte la santé de ses sujets, est certainement en grande partie imputable à des fautes dont le souverain admet avoir une (très) petite part. Mais peut-on lui reprocher de ne pas renier sa nature et donc de dévorer des moutons pour vivre, et, parfois, de manger le berger imprudent pour faire bonne mesure? 

Il en est de même pour la plupart des élites le secondant dans la difficile direction du royaume. Chacun doit raisonnablement reconnaître que la prédation des élites aux dépens du plus grand nombre ne résulte pas d’un choix dicté par quelque turpitude, mais d’une nécessité vitale qui, au bout du compte, est profitable à l’équilibre de toute la société, donc à chacun de ses membres. Y compris aux proies abusivement qualifiées d’innocentes, qui doivent, en dépit de l’apparente brutalité carnassière de leur trépas, trouver une justification à leur existence, dans leur fonction essentielle de garde-manger des premiers de cordée! Les écolos des temps modernes appellent cette solidarité des estomacs gigogne, une chaîne écologique dont il faut préserver l’intégrité! 

D’où la réplique et l’argumentaire du futé Renard qui, avant de rejoindre la cour ad vitam aeternam aurait -dit-on –  bénéficié des enseignements machiavéliques de l’école nationale d’administration! 

Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

Seul le pauvre Âne ouvrit vraiment et honnêtement son cœur, en confessant qu’il lui arrivait de brouter de l’herbe qui ne lui appartenait pas. Mal lui en prit car, selon l’auteur de cette fable animalière, cette faute parut gravissime aux autres participants plus habiles dans la dialectique, plus rompus aux arcanes de la rouerie et mieux titrés dans la hiérarchie nobiliaire et monarchique des espèces animales. 

C’est donc l’Âne, le « moins que rien »  parmi les courtisans et parmi les lèche-bottes, qu’on sacrifia pour faire reculer l’épidémie de peste. C’est lui qui endossa symboliquement toutes les erreurs de tous. Et les réformes promises par le roi dans l’urgence de la crise furent reportées sine die… Au moins, selon les historiens patentés, jusqu’à la fin du siècle suivant!  

L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

En 1678 au moment où Jean de La Fontaine (1621-1695) publia cette fable – Les animaux malades de la peste – il avait sûrement à l’esprit l’épidémie qui avait sévi dix ans auparavant à Reims, à moins de soixante kilomètres de chez lui, à Château-Thierry. Une épidémie redoutable qui avait décimé la population.

Ce drame marqua si fortement et durablement la région que, jusqu’à aujourd’hui, la ville de Reims en a gardé le souvenir, en particulier celui du courage des religieuses de l’Hôtel-Dieu et de Nicolas Colin, chirurgien-major des armées royales, qui s’enfermèrent avec leurs malades dans la buanderie de l’hospice pour les accompagner dans leurs souffrances, leur prodiguer des soins et pour finalement périr avec eux en 1668. 

Endémique dans presque tout le royaume de France pendant le siècle du Roi-Soleil, la peste sous ses différentes formes, bubonique pulmonaire ou septicémique, provoquait l’effroi, la sidération et la désolation partout où elle apparaissait et ré-apparaissait de façon récurrente, favorisée par le manque d’hygiène et transmise par certains animaux comme les rats. Ma bonne province d’Anjou n’a pas échappé à cette tragédie, 

La peste de la fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) et les pathologies associées à l’actuel coronavirus ne jouent évidemment pas dans la même cour, même si toutes tuent mais dans des proportions très différentes. Leur point commun est d’avoir l’outrecuidance de nous considérer comme des proies et de nous détruire à leur convenance. Leur autre parenté est d’ordre sociologique; elles provoquent la peur, suscitent l’angoisse et désorganisent nos institutions.

Mais les mécanismes biologiques d’action des agents en cause sont sans rapport: la peste résulte de l’action d’un bacille, c’est-à-dire d’une espèce particulière de bactérie généralement unicellulaire, les maladies associées au CoVid19 sont imputables à un coronavirus, c’est-à-dire à une variété de virus, une particule parasitaire s’installant dans nos cellules pour s’y multiplier… Ces différences expliquent que les thérapies envisagées sont sensiblement différentes. Les antibiotiques par exemple, laissent indifférents les virus, même si parfois on les administre en complément de stratégies antivirales pour lutter contre une surinfection bactérienne sur un terrain déjà largement sinistré par le passage des virus! 

Mais, n’étant ni biologiste, ni médecin, je n’en dirai pas plus sur les virus et les bactéries, même si l’air malsain du temps veut que tout un chacun jouisse du même crédit pour s’exprimer sur les maladies, quel que soit son degré d’illégitimité pour le faire. 

Je « m’écrase » donc car je serais malvenu de paraître expert dans des domaines de la science, voire de l’art, où mon ignorance est à la hauteur des craintes que m’inspirent ces ennemis invisibles venus en fait d’on ne sait où, pour perpétrer leurs méfaits au sein même de nos pauvres carcasses…

Aussi, si d’aucuns voyaient dans le conte animal qui précède, une quelconque analogie – voire explication – compatible avec des événements récents ou en cours, ils n’auraient d’autre possibilité que de l’interpréter comme une assimilation excessive de mon fait, du passé au présent! Il n’auraient peut-être pas tort … et moi non plus d’ailleurs! 

En fait, il ne s’agit que d’un essai sans grande ambition, destiné uniquement à alimenter ma propre réflexion dans l’attente de la date magique du 11 mai 2020, à partir de laquelle on nous a dit que notre petit monde hexagonal commencerait à renaître, si on est bien sages! Notre godelureau national ne plaisante pas. 

Du coup, un peu déconfit à l’annonce de ce jalon encore trop éloigné (à mon goût), je me suis néanmoins immédiatement reconfiné, d’une part par discipline « citoyenne »…

et d’autre part, par peur des gendarmes que nos chefs ont désormais tendance à considérer comme des agents supplétifs de l’administration fiscale! 

GrandVille Photo Internet – Cette fois l’Âne est présent avant d’être sacrifié 

 

PS : J’espère que là où il est, ou où il n’est pas; Jean de la Fontaine ne m’en voudra pas trop d’avoir inversé deux de ses paragraphes.. 

 

 

 

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Vue l’ampleur des dégâts humains occasionnés par le virus CoVid 19, ceux d’ores et déjà observés mais surtout ceux annoncés et redoutés du fait de la redoutable contagiosité de ce prédateur invisible et de sa virulence pathogène, personne de sensé – ou presque – ne conteste le bien-fondé du confinement, c’est-à-dire de l’assignation à résidence, qui nous a été imposée à compter du à douze heures.

La menace semble telle que pas un quidam – ou presque – n’oserait émettre la moindre réserve sur cette privation de liberté de mouvement sans jugement préalable… En d’autres circonstances, on défilerait pourtant par millions sur les boulevards pour dénoncer cette mesure d’enfermement de toute une population, qu’on qualifierait de fasciste sur nos calicots et dans nos slogans!

De même, personne – ou presque – ne prendrait le risque de s’affranchir délibérément de ces « gestes-barrières » qui protègent!

Notons au passage que ces comportements de bon sens (distance, écran ou masques, limitation des temps de promiscuité), affublés du néologisme un peu techno de « geste-barrière » dans le but d’impressionner le chaland comme jadis la ligne Maginot, rappellent les principes appliqués en d’autres domaines pour éviter, par exemple, la contamination radioactive ou les irradiations.   

Dans mon jardin, confiné … Acceptable!

En résumé, les seuls mots d’ordre qui trouvent grâce aujourd’hui dans les discours officiels, abondamment relayés par les médias, c’est l’exigence non optionnelle de discipline et le sens du devoir, qui sont, par principe et par obligation, attendus de tous… 

Les esprits frondeurs – et moi le premier – sont priés de taire leurs critiques et tout le monde – ou presque – doit admettre – et moi le premier – que c’est bien ainsi, au nom précisément de cette « discipline collective  » et du « sens du devoir citoyen », indispensables pour vaincre le mal! Pour gagner cette « guerre »  comme l’appelle à bon droit et comme nous y enjoint notre martial président derrière son masque FFP2 de combat, dont il a serré la jugulaire! 

Parfois, le soir, il nous arrive bien calé dans nos oreillers, de nourrir quelque état d’âme, de nous étonner de nous-mêmes et même de sourire un peu à l’idée qu’un virus malveillant est finalement capable, parce qu’il le faut de nous faire marcher au pas cadencé…

Mais rapidement, on écarte cette mauvaise pensée, préférant nous ranger sans barguigner parmi les combattants du bien et de la vérité! 

Il sera toujours temps après la fin de cette pandémie virale inédite – ou presque – à l’échelle mondiale de dire où le bât a effectivement blessé, d’identifier les éventuels manquements, erreurs ou failles de vigilance… Il sera toujours temps de mesurer, si elle a d’ailleurs lieu, les effets d’une hypothétique et future »tiare byzantine » démographique. 

Pour l’heure, on se contente tous – ou presque – de répéter que rien ne sera plus comme avant, que ce maudit virus qui exacerbe les inégalités, aura au moins un avantage, celui de nous inciter à réviser nos priorités stratégiques et à donner sens, en l’incarnant politiquement d’une autre manière qu’auparavant, à ce vœu de « bonne santé surtout » qu’on se souhaite tous mutuellement en début d’année! 

En matière de jardin, je fais un peu « curé »

Mais en attendant quelle barbe! Quelle barbe d’être contraint de rester chez soi contre son gré! Quelle barbe de ne plus rencontrer sa famille ou ses amis qu’au travers d’écrans! Quelle barbe de téléphoner à son voisin plutôt que de sonner à sa porte pour s’enquérir de sa santé! Quelle barbe de voir le printemps se pointer à l’heure prévue et de n’en pas profiter « à bicyclette » sans justification autre que le plaisir de la balade! 

Quelle barbe, et pourtant j’appartiens à la catégorie privilégiée – bien qu’à risque – de ceux qui peuvent rompre l’errance lancinante de journées trop longues, du lit au salon, du salon à la cuisine et de la télé au fauteuil. Je suis en effet de ceux qui peuvent casser cet enchaînement infernal par un détour par un jardinet où la végétation indifférente à l’activité prédatrice de nos virus explose, luxuriante dès avril! 

Si seulement l’achat de semences était encore possible! 

Alors, pour ressentir un sentiment d’exister qui commence à s’émousser, je m’autorise, un seul acte « innocent » de rébellion, à contrecœur d’ailleurs car je n’aime guère être assimilé aux archaïques barbus: j’ai décidé de ne plus me raser et de laisser pousser ma barbe et les cheveux jusqu’à ma libération, tel un Robinson dans son pavillon de banlieue ou un professeur Raoult à la Timone…

Et dans la mesure du possible, sans passer par la case des urgences respiratoires!

Aussi, aux deux ou trois lecteurs (que j’espère plus spontanément dociles que moi vis-à-vis des règlements vitaux) qui me feront l’honneur de lire ces lignes, je conseille de prendre soin d’eux!  C’est la seule urgence aujourd’hui! 

A l’ouest (du jardin), il y a du nouveau : un forsythia en fleurs

 

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Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Fleurs de cerisier dans mon jardin – 27 mars 2020

Les fleurs sont bien présentes au rendez-vous en cette fin morose de mars 2020, mais qu’en sera-t’il en mai du « temps des cerises »?

Qu’en sera-t’il en juin de cette chanson qui, durant plus d’un siècle, porta les espoirs de nos pères et de nos mères et qui incarna leurs utopies? Que deviendra cette ritournelle, qui accoucha de la République telle qu’on la chérit, tolérante, folle et ludique, généreuse et mutine? Celle des gamins des villes et des villages, qui venaient chaparder dans les jardins à la sortie de l’école, ces cerises convoitées, érubescentes, carmin, grenat ou vermillon, sur lesquelles veillaient comme le lait sur le feu, des propriétaires plus ronchons que méchants, et finalement indulgents? 

Qu’en sera-t’il demain de cette République si on n’a plus le cœur pour fredonner cette bergerette disruptive, dépouillée de son contexte révolutionnaire? Cette innocente comptine ou autre pépiement anodin n’est rien, si on oublie que ce fut l’hymne de ralliement, espiègle et radieux, de tous ceux qui, dans notre histoire récente, se réclamèrent du progrès social dans la liberté et la fraternité?

Qu’en sera-t’il de nous-mêmes si, ayant survécu à ce virus tueur et ravageur, grâce au courage et au dévouement de ceux qui nous soignent et nous assistent dans cette épreuve, nous avons perdu la bataille de l’esprit critique et de la plaisanterie frondeuse, si nous avons laissé nos cerveaux en jachère en confinant nos corps, mis nos drapeaux en berne et perdu, concurremment avec les repères d’un art de vivre séculaire, notre goût vital de la transgression? 

Ne serait-ce pas nous renier, et surtout trahir le sacrifice de ceux qui nous permettront demain de revivre, que d’abandonner en rase campagne au nom d’une prétendue défaillance morale et de celui d’une discipline devenue vertu civique cardinale, ce goût de la désobéissance qui rend la vie supportable? C’est pourtant cette appétence à l’insurrection douce et salutaire, dorénavant délinquante qui réveille la nature au printemps et libère nos imaginations. C’est elle, ferment essentiel de nos créations qui garantit notre vivre ensemble, notre pacte social et surtout notre bonheur d’exister ainsi que notre confiance dans l’avenir. 

Et, par un étrange et néanmoins logique paradoxe, c’est précisément cette indocilité qu’il nous faut temporairement mettre sous le boisseau pour éviter l’extension trop rapide de la contagion par ce satané virus. Dont acte! On a compris, bon gré, mal gré que pour s’en sortir, nous devions nous enfermer! Il nous faut, l’instant de cette bataille, oublier notre humaine condition d’êtres essentiellement profilés pour échanger et communiquer charnellement avec nos semblables!   

Aussi, si cette amnésie identitaire consentie au nom d’une guerre qui nous a été déclarée et imposée par un ennemi invisible, était appelée à durer au-delà du nécessaire, et si elle persistait à nous affliger dans quelques mois, alors que les traces de la tragédie n’encombreraient plus que nos souvenirs, comment pourrions-nous entonner ingénument demain un chant de liberté, appris de nos parents dès l’enfance? Pourquoi continuerions-nous à célébrer un « temps des cerises » vidé de sens et orphelin de son potentiel de révolte?  

A quoi bon alors, faudrait-il s’échiner à ressusciter artificiellement un « peuple de gauche » oublieux de ses origines  – les nôtres en l’occurrence – résigné et converti à l’idéologie sécuritaire à mille lieux de l’épopée communarde de 1871 à laquelle ce chant est associé. A des années-lumière aussi des militants ouvriers qui occupaient leurs usines en 1936, des réformateurs de la Libération, des résistants gaullistes et communistes à l’oppression nazie, ou des grévistes et étudiants de mai 1968! A perte de vue enfin, de nos propres convictions!  

« Militairement » vaincu, ce virus aurait, malgré tout, gagné la guerre de la régression sociale, si de son passage, nous ne retenions que l’aspect sécuritaire absolu et liberticide qu’il nous a contraint à institutionnaliser pour simplement survivre…et non pas pour vivre! Si la cause de notre réclusion était initialement juste, elle deviendrait un combat douteux si elle devenait le creuset de nos futures chaines et inaugurait de fâcheuses et inutiles habitudes ! Le virus « mort » deviendrait alors un prétexte pour amplifier et consolider une tendance « moderne » à la multiplication des règlements et des interdits déjà en germe dans notre société plus « accro » à la sécurité bureaucratique tous azimuts que d’égalité et de fraternité… Point n’était besoin d’un virus maudit et mortifère pour théoriser cette perversion mais force est de constater qu’il en apporte une justification éclatante! Espérons-la, éphémère…

En effet, ce qui est, en ce moment critique, nécessaire et tolérable eu égard à l’enjeu vital que nous oppose cette agression virale, devrait en principe demeurer exceptionnel et recevable uniquement dans le périmètre juridique d’une lutte sans merci que chacun, passif ou actif, doit mener sans faillir contre un ennemi commun.

Ultérieurement, il nous faudra évidemment et d’urgence réviser totalement ce point de vue. Il conviendra de veiller à ce que, sans délai après la fin du drame, toutes les sujétions imposées aux citoyens et toutes les mesures prises dont certaines franchement attentatoires aux libertés fondamentales comme par exemple l’interdiction de circuler librement sans en rendre compte aux autorités, soient abolies. De même pour toutes les dispositions dérogatoires instaurant un droit d’exception justifié par l’urgence du péril. C’est le cas par exemple de celles prises pour faciliter la logistique et l’intendance de cette guerre antivirale mondialisée, dont certaines comme la durée du travail – mais pas seulement – sont « outrageusement » hors des clous du droit commun du travail. 

Au-delà, il faudra s’assurer que les forces obscures, parfois ouvertement nostalgiques du pétainisme, qui sournoisement profitent de la situation pour gloser sur la faiblesse des démocraties dans les situations de crise et qui n’hésitent pas sur les réseaux sociaux à vanter ouvertement les mérites sélectifs des régimes autoritaires ou dictatoriaux, soient systématiquement dénoncées et que les républicains sincères considèrent de leur devoir de contrer leurs arguments. 

Faute de quoi, nous courrons le risque de subir la double peine, celle de la tragédie sanitaire et des plaies qu’il faudra panser, des deuils qu’il faudra accomplir, et celle d’une société cloisonnée, totalitaire, barricadée dans des certitudes et des pratiques révolues, remises au goût du jour et optimisées en vue d’un flicage généralisé par les technologies modernes de l’information…

D’aucuns en rêvent ouvertement, il convient de se méfier! 

« Le temps des cerises » ne serait plus alors qu’une légende gentillette pour enfants de chœur d’un désuet patronage laïc! 

Au nom du devoir de mémoire et du respect d’un avenir non hypothéqué par les démons du passé, faisons en sorte que le « temps des cerises » revienne…

Qu’il revienne vraiment, sans faux semblant, après l’éradication sans condition de cette affreuse épidémie.

Et alors le merle continuera de se moquer! 

Tombe de J. Baptiste Clément – Cim. du Père Lachaise, face au mur des Fédérés

 

PS: « Le temps des cerises ». Paroles écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément, musique composée en 1868 par Antoine Renard. 

 

 

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Une fois n’est pas coutume. Il n’est pas dans mes habitudes de diffuser des messages ciblés, rédigés par d’autres… Mais les circonstances épidémiques actuelles souffrent toutes les exceptions, dès lors qu’il s’agit de renforcer la prévention et notre cohésion, de rendre hommage à ceux qui, parfois au détriment de leur propre santé, combattent, nuit et jour, une maladie qui sera probablement active pendant plusieurs semaines encore, et de donner à cette occasion, des exemples d’initiatives heureuses, de dévouement et d’humanité ! 

Ainsi, ce message adressé à tous les personnels placés sous sa responsabilité, par le Docteur Jean-Michel Vianney Taudin, médecin libéral et hospitalier à Bort-les-Orgues en Corrèze, et médecin des pompiers aussi: 

 » Bort, le 14 mars 2020

À Tous et toutes, 

Je connais votre foi en l’être humain.
Je connais la passion de soigner qui vous anime.

Nous sommes en guerre contre le Coronavirus et je sais que vous serez présents pour continuer à vous occuper de nos résidents et patients malgré les difficultés du moment.
Je voulais vous remercier par avance de cette implication et je resterai (ainsi que les autres médecins et l’encadrement) à vos côtés et à votre écoute pour que ce combat soit le nôtre.

Toutes vos idées seront prises en compte et adaptées en cas de nécessité.

Nous ne savons pas combien de temps durera la bataille mais pour que vous puissiez y participer dans les meilleures conditions, j’ai demandé et obtenu de Madame la maire que -pendant vos heures de travail- tous les enfants de dix ans ou moins, résidents ou non sur la commune de Bort, bénéficient d’un système de garde adapté. En cas de besoin contactez A. B ou les relations humaines.

Par ailleurs, il n’est pas question de mettre votre vie en danger.

Si malgré votre bonne volonté, vous présentez une pathologie infectieuse importante, ou une autre pathologie invalidante, votre médecin pourra (devra) vous arrêter.

D’autre part, il n’est pas question de vous réunir en nombre pour vous faire part des évolutions. Une voie d’affichage sera privilégiée. Consultez régulièrement l’Intranet.

Bon courage à toutes et tous, et faisons de ces instants difficiles des lendemains solidaires et engagés vers l’hôpital du futur.

Jean-Michel Vianney Taudin

Président de la Commission médicale d’établissement à Bort-les-Orgues. »

Jean-Michel Vianney est médecin en Nouvelle Aquitaine, son frangin est également toubib et exerce en région nantaise. Leur mère, connue ici sous le pseudo de Rose l’Angevine, occupe ses temps longs de confinement dans la maison de retraite où elle réside, en confectionnant des masques de protection en tissu… 

Une famille mobilisée contre le coronavirus! Accessoirement, je suis fier d’être leur cousin! 

A travers eux que l’on connaît car ce sont nos proches, c’est l’ensemble de toutes les personnes qui sont aujourd’hui en première ligne face à l’épidémie qu’il faut soutenir, quel que soit leur domaine d’intervention, médical, infirmier, paramédical, policier, pompier, et auxquelles par notre discipline consentie du confinement, on prête concrètement main-forte! 

Sans oublier les chercheurs dépositaires de la clé qui nous ouvrira bientôt les portes d’une liberté retrouvée…

 

 

 

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La première, sinon la principale difficulté à laquelle on est confronté, lorsqu’on aborde un sujet grave – et la pandémie virale qui nous afflige en est un – n’est pas tant de faire état, sciences à l’appui, de notre ignorance ou de notre niveau de compréhension du phénomène ou de l’état d’avancement des recherches en cours pour neutraliser les effets délétères de cette engeance mortifère, que de se doter d’un titre adéquat. Ce dernier, à lui seul,doit en effet résumer d’emblée l’ampleur des bouleversements et des désordres de toutes natures, qui nous accablent. Aussi bien ceux qui sont déjà manifestes à l’instant où l’on prend la plume, que ceux post-traumatiques auxquels il faut s’attendre et que légitimement on appréhende.

En ces temps propices au mysticisme, j’aurais ainsi pu intituler ce billet circonstanciel, de « chemin de Damas présidentiel «  ou encore de  » conversion d’Emmanuel », tant la dramatique apparition du coronavirus dans l’hexagone, a non seulement bousculé notre vie quotidienne par sa prégnance et sa létalité supposée (et constatée), mais surtout parce qu’elle contraint ceux qui nous gouvernent – et en particulier le premier d’entre eux, désormais revêtu des frusques d’un chef de guerre – à adopter des positionnements stratégiques aux antipodes de leurs engagements électoraux et même – dans ce cas de figure – à renoncer presque explicitement à des pans entiers de leurs corps de doctrine mondialiste et ultra-libérale…

Le salopard – Coranovirus Covid 19 (photo Internet) 

La loi darwinienne, loi d’airain souvent oubliée, qui régule la survie du vivant, de l’infiniment petit à l’immensément grand, s’impose à nos chefs comme à nous tous. Mais l’aggiornamento de leur gouvernance, dicté par les événements est d’autant plus remarqué qu’hier, ils ne savaient esquisser l’avenir et entrevoir le monde qu’au travers d’une grille de lecture revisitée à leur convenance de la théorie de l’évolution.

Seule ne semblait trouver grâce à leurs yeux que la loi de la jungle circonscrite à la concurrence des grandes places financières et des marchés. C’est tout juste si dans ce concert de marchands d’illusions et de progrès prétendument croissants, les plus idéalistes rappelaient timidement les principes universels de l’humanisme. Pour mémoire, on aimait aussi se souvenir – ne serait-ce que pour la galerie ou apaiser nos consciences – que la finalité des droits de l’homme, préoccupation récente de notre histoire, était précisément d’introduire une morale collective pour atténuer – sans la remettre en cause – les conséquences cruelles sur les catégories sacrifiées, de l’évolution naturelle des espèces.

En effet, la Nature, livrée à elle même, n’est pas nécessairement « bonne ». N’en déplaise aux ingénus en sandalettes, adeptes des toilettes sèches et des trottinettes électriques, elle avantage sélectivement, et ce, depuis la nuit de temps – l’imperium des organismes les plus performants – souvent les plus frustes et microscopiques. En d’autres termes, s’impose systématiquement au hasard des mutations, la dictature de ceux dont la faculté d’adaptation à s’acclimater aux variations capricieuses et intempestives des écosystèmes, est plus performante que celle de leurs concurrents au sein de la même chaîne écologique.  

En général, cet imperium macabre des privilégiés du hasard prend le dessus au détriment des organisations biologiques complexes et interdépendantes qui sont justement le lot de notre espèce. L’agression virale actuelle n’est qu’un épisode tragique de ce combat titanesque, que les générations qui nous ont précédés, ont dû également surmonter, et parfois, au dépens du plus grand nombre! Ne dit-on pas que la grippe dite espagnole de 1918-1919 a tué plus de monde que la première guerre mondiale. 

Ainsi, tel Paul de Tarse sidéré et terrassé par la révélation divine sur la route de Damas, qui abandonne son projet d’éradication des chrétiens et se convertit au dieu de ceux qu’il s’apprêtait à combattre, le président de la République française, malmené – sinon déstabilisé – par l’intrusion impérialiste du « nouveau » virus, semble désormais prêt à réviser ses convictions les plus intimes, ou, si l’on préfère, à réécrire son « logiciel » d’interprétation du monde, en se faisant désormais le chantre surprenant d’un Etat Providence dont il dénonçait, il y a peu, les lourdeurs dispendieuses. 

Le voilà, par exemple, qui se met à évoquer la nécessaire relocalisation, intra muros, de secteurs d’activité essentiels (vitaux) pour la sécurité nationale, autrefois abandonnés hors les murs à des intérêts étrangers. Désormais, on regrette publiquement en haut lieu, les démantèlements industriels opérés au cours des dernières décennies au profit de régions du monde peu regardantes en matière de droits humains. On déplore les carences criantes ainsi révélées par la crise ainsi que les renoncements d’indépendance dont nos plus hauts responsables approuvaient auparavant le principe, au nom d’une « croissance » bienvenue des échanges internationaux et de la rentabilité des capitaux.

Le président de la République lui-même a probablement contribué, dans sa vie antérieure, à amplifier ses déménagements de secteurs d’activité désormais requalifiés de stratégiques. 

Telles sont les raisons pour lesquelles j’aurais pu titrer ce billet en me référant à la soudaine conversion de Saint Paul. Mais, j’y ai renoncé car l’heure n’est plus à la polémique. 

J’aurais pu aussi inaugurer mon propos en comparant la période actuelle à une  « drôle de guerre » contre un ennemi invisible au pouvoir de nuisances initialement sous évalué. Un ennemi, qui s’est déjoué sans complexe de toutes nos « redoutes » défensives, qui a probablement surfé sur nos hésitations et qui contourne allègrement nos lignes Maginot, qu’on appelle désormais des « gestes- barrières » ou de la « distanciation sociale »

Enfin, j’aurais pu expliquer et justifier notre actuelle vie de reclus ou de prisonnier à domicile, principale parade de bon sens contre cette invasion virale, en observant avec fatalisme et un certain désabusement que « nécessité fait force de loi ».

Face au péril épidémique, analogue à un tsunami qui emporte tout sur son passage, force, en tout cas, est d’admettre de gré ou de force, qu’aucune promesse d’estrade formulée il y a deux ans, et ressassée jusqu’au mois dernier comme un sésame réformateur, ne semble aujourd’hui constituer une digue infranchissable pour juguler le mal, ni même incarner un motif crédible d’espérance.

Faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, on doit concéder que ce « monde nouveau » que certains appelaient de leurs vœux, pour asseoir « durablement » leur conception de la modernité, s’efface piteusement devant les « archaïsmes guerriers  » d’une Nature qui, depuis près de trois milliards d’années, a peaufiné la survie du vivant en promouvant sans état d’âme, une guerre sans merci entre des proies et des prédateurs. Et ce combat multiséculaire sans hiérarchie décrétée des espèces n’a rien à faire de nos chimères moralisantes ou de nos fantasmes anthropocentriques.  

Dans cette guerre intestine, dont nous sommes partie prenante et très souvent les victimes, les coquetteries idéologiques, objet de nos habituelles chamailleries, ne sont plus guère de mise, hormis le principe de solidarité et d’entraide entre humains devant l’adversité. Nos querelles d’antan, devenues subitement picrocholines, apparaissent dérisoires et sont, de fait, mises en sourdine.  A telle enseigne qu’à l’exception de quelques entêtés narcissiques ou rhéteurs anachroniques et ombrageux, toute la classe politique se découvre soudainement modeste et révérencieuse à l’égard d’une science salvatrice transformée pour la circonstance en radeau de la Méduse de tous nos espoirs.

Bref, tout le monde s’accorde sur l’idée que le drame exige une mobilisation générale et une Union nationale! Comme en 14-18!

Tout le monde semble même s’accommoder des restrictions de libertés collectives et individuelles que cette situation implique pour déjouer les méfaits tragiques de cette mystérieuse et malfaisante cinquième colonne. Cette armée de l’ombre qui avance masquée en se lovant dans la poignée de main d’un ami ou dans les baisers échangés entre des amoureux..!  Mais qui colonise aussi les manettes de nos caddies et les crémones de nos fenêtres! 

Quoiqu’il en coûte, il faut combattre et vaincre ce mal qui, d’ores et déjà, aligne les cercueils, nous faisant revivre, chaque soir au journal télévisé, au travers de sinistres statistiques de décès quotidiens, les affres et les angoisses des grandes épidémies moyenâgeuses.

« Se mobiliser sans relâche, demeurer vigilant, adopter les comportements adaptés », tels sont désormais les mots d’ordre, qui se résument en fait à une seule recommandation devenue l’injonction primordiale, le confinement des populations, que reprennent en cœur le Président de la République et l’ensemble des autorités administratives et sanitaires… On retrouve dans leurs discours, les accents patriotiques de Georges Clemenceau devant la Chambre de députés, le 8 mars 1918: 

Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c’est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre ; politique extérieure, je fais toujours la guerre. Je fais toujours la guerre.

Du coup, le silence s’installe dans les artères et les boulevards de nos villes et de nos campagnes. Le ciel nocturne retrouve sa transparence de jadis, et celui, diurne n’est plus maculé des zébrures imprimées par les sillages des avions long-courrier.. La pollution atmosphérique décroît au fur et à mesure que les usines ferment. Les cours d’école ne résonnent plus des cris d’enfants en récréation…Et chacun se calfeutre chez lui, se méfiant même, à la clôture de son jardin, des miasmes et des postillons d’un voisin enrhumé qui tousse et tue le temps en élaguant leur haie mitoyenne. 

Du coup, la peur s’installe, et on n’ose plus se rendre chez le boulanger ou l’épicier, si celui chez lequel on s’approvisionne d’ordinaire en toute insouciance, risque d’être considéré comme trop éloigné de son domicile par les préposés du ministre de l’intérieur, qui contrôlent les allées et venues de tous les quidams maintenus en résidence surveillée. Et qui battent la coulpe inconsciente de leurs concitoyens à coups de carnets à souche.

Du coup, on s’adapte, car ce combat est rude, qui consiste pratiquement à contredire tout ce qui faisait auparavant le sel de la vie: la convivialité et l’apéro en compagnie de nos semblables. Il conduit à nous cloisonner, à éviter nos frères et sœurs en humanité. Cette privation, qui va de pair avec celle de notre liberté d’aller et venir, est présentée comme nécessaire par tous les savant(e)s/soignant(e)s en blouse blanche qui se succèdent sur les écrans à longueur de journée…Elle est évidemment nécessaire car indispensable pour ce débarrasser du fléau, mais n’en demeure pas moins insupportable. Et, c’est avec cette contradiction  qu’il nous faut vivre!  

Chaque soir, désormais, on écoute religieusement les paroles du directeur général de la santé, malheureusement contraint de radoter: « La situation de l’épidémie en France est très inquiétante, elle se détériore très vite. »

Du coup, on se réfugie sur les réseaux sociaux, on refait pour la énième fois l’inventaire de ses réserves de nourriture et d’imagination, on téléphone aux amis, ainsi qu’aux enfants, à la famille et on se préoccupe de leur santé. De leur côté, ils s’inquiètent de la nôtre: c’est le protocole de civilités auquel il faut procéder pour se rassurer mutuellement et pour attester que l’on s’aime malgré l’éloignement et en dépit de la nature de cette pandémie qui nous sépare.

« Bien sûr se répète-t’on – pour se convaincre, à force de sacrifices, les effets morbides de cette merde finiront forcément par s’estomper »…

Le temps passe! Et chemin faisant, un monde nouveau, totalement inattendu, se profile, sur les ruines de nos illusions perdues. Mine de rien, il remet en cause nos comportements les plus élémentaires, notre organisation du temps, notre façon de vivre et il discrédite nos paradigmes d’avant…

Tout se passe comme si la Nature, facétieuse et cruelle, avait appuyé sur la touche « Reset «  de nos propres existences ! Comme si nos standards de civilisation devaient impérativement être nettoyés, accusés d’archaïsmes et d’encombrements provoqués par des siècles d’accumulations inutiles… 

Et depuis, progressivement, on s’enfonce dans l’horizon de ce petit « trou noir » de nos androïdes intimes.

On plonge sans retour vers nos caractéristiques initiales « constructeur ». Et, ce, dans la perspective de renaître en se réinitialisant dans un autre univers dont on peut espérer qu’il demeurera compatible avec celui dans lequel on a vu le jour!

Du point de vue de la science, l’époque troublante de grande incertitude pour la biologie, la médecine et l’infectiologie semble, à bien des égards comparable à celle de la physique classique à la fin du 19ième siècle.

A quelques petits détails près qui ne collaient pas parfaitement pour accéder à une compréhension complète du monde  (expérience de Michelson et Morley, rayonnement du corps noir) la science physique paraissait alors aboutie (finie). Et pourtant, quelques années plus tard, son paysage conceptuel et théorique était entièrement bouleversé par la relativité restreinte puis générale, et enfin par la mécanique quantique…

De même, on peut penser qu’une nouvelle heure est venue pour la biologie, celle d’une ère aussi déterminante pour la connaissance du vivant que ne le fut la physique du début du siècle dernier pour la matière, l’espace et le temps!

Cette crise sanitaire annonce peut-être les prémisses de cette refondation. Si tel est le cas, ce mal préfigurerait un bien. Mais à quel prix?

En attendant, il n’y a pas d’autre choix que de se confiner chez soi … strictement! 

Putain de virus!

Est-ce un hasard s’il est affecté d’un nom étrange qu’on aurait pu tout aussi bien attribuer à une exoplanète (SARS-CoV-2 alias CoviD-19).

 

Fautes de masques et de sur-blouses: de bonnes grolles (Drôle de Guerre)

 

PS : Succincte traduction du nom de ce coronavirus qui nous « veut » tant de mal :

SARS-CoV-2 (Syndrome Aigu Respiratoire Sévère –COronaVirus »), responsable de la maladie CoviD 19 (Co comme corona, vi pour « virus » et D pour  » disease », 19 année d’apparition) 

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Il semblerait, selon nos bienveillants thuriféraires, qu’étant devenus septuagénaires, nous demeurons, malgré tout, encore jeunes ! Peut-être ! Surtout si l’on fait abstraction de l’âge de nos artères, et qu’on oublie au passage que « coupables » d’insuffisance cardiaque, nous devons nous résoudre à subir, en guise d’inconvénient corollaire, un essoufflement « au premier cent mètres » équivalent à celui d’un marathonien mal entraîné crachant ses poumons à l’arrivée de l’épreuve.

Ainsi, sans crier gare, les périodes épidémiques, comme l’actuelle venue d’Asie, nous rappellent que l’on appartient désormais à cette catégorie de population que notre clairvoyant et « touche-à-tout » chef de l’Etat, guérisseur d’écrouelles, appelle « pudiquement « nos aînés » avec une prévenance toute monarchique et une empathie à peine simulée.

Typologie sociologique globalisante en forme d’euphémisme que répètent en écho ses courtisans empressés, à égalité avec l’adjectif « inexorable », maintes fois ressassé, car censé qualifier la pandémie et attester à la fois de la lucidité tranquille du jeune père de la Nation et de son impuissance face au fléau. 

Ce satané virus chinois aux réflexes darwiniens n’attaquerait que les vieux et les fragiles ! Du coup, si l’on coche bêtement les deux cases, on se retrouve propulsé dans le cœur de cible de ce micro-organisme malfaisant désormais omniprésent et inodore.

Les dégâts deviennent alors plausibles, et même presque logiques sinon attendus dans les rangs de ceux que le mauvais sort ou le hasard de la naissance à la mi-temps du dernier siècle, a désignés comme les sentinelles sacrificielles de la population. Les dégâts létaux sont annoncés quotidiennement par les « autorités » sans gourmandise excessive, mais avec, tout de même, la secrète satisfaction qu’il y a une justice immanente au sein de notre espèce. Ce sont surtout les vieux qui trinquent !

Et « dans le même temps » le guide suprême du pays et l’ensemble de ses affidés se répandent un peu partout pour « rassurer », « protéger » et vanter les mérites de leur stratégie politique « quantique » à probabilité orientée !

« Dieu merci » comme aurait dit, en son temps, le prélat démissionnaire des Gaules, je ne suis pas résident d’un Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et, pour l’heure (en première approximation) personne ne succombera à la tentation bien compréhensible de profiter de cette crise sanitaire pour m’assimiler à une variable d’ajustement des effectifs de pensionnaires trop pensionnés !

Cette hypothèse pourrait faire sourire, mais j’ai pu constater sa réalité lors du décès de ma propre mère nonagénaire, il y a deux ans, dans un Ehpad de Massy, victime d’une absence délibérée de soins pour contrer une affection pulmonaire initialement bénigne. Absence décidée doctement par un médecin coordonnateur probablement plus soucieux des équilibres financiers de son établissement et d’être bien vu de sa direction que du serment d’Hippocrate.

« Dieu merci » je ne suis pas résident de ce type de mouroir. Sinon, à l’exemple de celle qui m’a donné la vie, je n’aurais guère d’autre option que d’adopter, contraint et forcé, une sorte de résignation fataliste, face à un bourreau en blouse blanche, prenant prétexte de cette pandémie mondiale pour se débarrasser des encombrants et soulager la trésorerie de son business, du coût médical, à ses yeux, dispendieux, lié à la survie de ses trop vieux clients !

Cela ne l’empêcherait pas d’ailleurs, si l’occasion se présentait, de faire des grâces au chef de l’Etat en visite dans les tranchées de première ligne, et de protester de sa détermination sans faille au nom d’un curieux principe néologique « d’humanitude » pour veiller à la bonne santé – ou à la bonne mort – de ses grands vieillards devenus pour la circonstance des amis qu’il prendrait plaisir à choyer !

M’efforçant de me convaincre du caractère abusivement pessimiste de ce scénario « limite diffamant », je persiste cependant à penser que cette pandémie virale – coronavirus – importée d’Extrême Orient avec la même efficacité que le marché mondialisé des tournevis, des tire-bouchons et des guirlandes de Noël, pourrait être cyniquement perçue comme une bénédiction sociétale par certains opportunistes monstrueux de notre espèce. Nos frères en humanité!

Surtout, au moment où l’on se chamaille sur l’âge pivot de la retraite !

J’imagine même le jour espéré et prochain où l’épidémie sera éradiquée et où l’on se pressera pour orner de prestigieux rubans rouges, le revers des blouses « blanc immaculé » des médecins de « l’euthanasie de la honte » !

Si j’étais actuellement résident d’un Ehpad, je me préparerais donc, non pas à résister car c’est impossible, mais à tirer docilement mon ultime révérence, comme tous mes compagnons de misère, avec le même sentiment de soumission à la fatalité ou le même stoïcisme que le poilu de 1918-1919, qui après avoir été épargné par les obus, succombait bêtement de la grippe espagnole. Il mourait, pauvre diable et éphémère vainqueur d’une guerre sans merci dans un hôpital auxiliaire en arrière d’un front devenu désormais fictif depuis l’armistice. Il rendait l’âme sans reconnaissance de la Nation et oublié de tous, sauf de la belle infirmière à laquelle il n’aura finalement transmis sans contrepartie du moindre plaisir que cette putain de maladie !

Elle en réchappera heureusement comme ma grand-tante Juliette Turbelier (1894-1966) aide-soignante volontaire auprès des blessés de l’hôpital militaire 102 de la rue de la Juiverie à Angers, qui survécut presque un demi-siècle à la mal-nommée mais redoutable « grippe espagnole »!

Pas de bol pour le poilu épuisé par quatre années de boues, de massacres et d’horreurs.

Pour l’heure, sauvé provisoirement des appétits mortifères d’institutions qui n’attendent que ma disparition sur l’autel du patriotisme statistique, j’ai compris qu’il me faudrait lutter seul avec les moyens du bord, contre l’agresseur invisible, et adapter mon hygiène de vie aux tentatives désespérées du virus à survivre coûte que coûte ! Coûte qu’il m’en coûte de renoncements !

Plus d’embrassades, plus de serrages de paluches! Juste des clins d’œil exempts de toute ambiguïté à caractère sexuel… Les civilités de jadis ne sont plus de mise, ni recyclables. 

Dès lors également, je m’apprête à multiplier les hygiaphones dans ma maison et à exiger de tous mes visiteurs, heureusement devenus rares, de ne m’adresser la parole qu’à travers leurs vitres biseautées.

Dès lors, je nettoie régulièrement et frénétiquement mon combiné téléphonique fixe, au cas où l’on me cacherait la contamination électromagnétique des ondes. Evidemment le smartphone mobile n’échappe pas à une procédure de précaution renforcée, ainsi que toutes mes poignées de porte avant et après les avoir manipulées.

Je me méfie même de ma main gauche quand elle effleure ma main droite  – ou l’inverse – sans avoir été désinfectée auparavant !

Je récure mes toilettes avant de les utiliser. Et après aussi ! 

Je dors avec un masque… 

Le matin, je vérifie scrupuleusement à la lunette méridienne, l’absence de badauds sur le trottoir lorsque je relève mon courrier. Je m’astreins systématiquement à le vaporiser d’une solution oxygénée avant ouverture.

J’achète mon pain dès l’aube pour éviter de rencontrer un passant et aseptise mon achat avant consommation en le calcinant à la température maximale dans un grille-pain lui même abondamment nettoyé avec une solution hydroalcoolique.

Je ne consomme mes conserves alimentaires, seuls aliments que je m’autorise à déguster, qu’après les avoir fait séjourner plusieurs jours dans un endroit clos vaporisé d’insecticides désormais interdits ! Je chasse sans relâche les insectes, porteurs putatifs de l’infection mortelle et combats, comme je peux, toute expression de la biodiversité barbare, dès lors qu’elle est inférieure au millimètre…

Bref, je fais de mon mieux pour appliquer les consignes et les recommandations et pour lutter efficacement contre la pandémie. Je le fais avec mesure mais sans faillir à la tâche comme tout citoyen devrait s’y contraindre par civisme !

Moyennant quoi, la vie est belle, d’autant que le whisky, antiviral congénital est mon principal allié !

J’oubliais… Je m’éloigne le plus possible des écrans pour me soustraire aux postillons photoniques potentiellement infectés des bavards qui les colonisent !

Je serais presque déçu si demain les experts nous disaient qu’il ne s’agissait que d’une simple grippe saisonnière! 

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