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Posts Tagged ‘Alfred Curie’

Janvier : c’est l’époque des soldes et aussi celle, où tous ceux, mécontents de leurs cadeaux de Noël, tentent de les revendre sur Internet… Pour la plupart, dont je suis, cette pratique est carrément discutable, inélégante voire douteuse, car elle réduit l’échange de cadeaux à une transaction économique, fondée exclusivement sur la valeur vénale d’un objet, en ignorant le poids affectif de la relation entre les donneurs et les receveurs. Pour d’autres, la revente est un moyen astucieux de survivre à la crise. Autrefois, ça ne se faisait pas. A tout le moins, ça ne disait pas avec le cynisme décomplexé des revendeurs actuels…

La crise économique n’est en fait qu’un prétexte qui exprime maladroitement une autre crise, plus préoccupante, celle du savoir-vivre et de la civilité au sein de nos sociétés. Autant de préalables indispensables – de mon point de vue – à l’expression du civisme et de la citoyenneté. Lesquels sont devenus des concepts flous, dont on nous rebat les oreilles, et dont la signification d’ordre ontologique tend à s’estomper. C’est peut-être « la marque » de notre époque !

Cette revente des cadeaux, à peine offerts, n’entrait pas dans les mœurs des « années trente » du siècle dernier, qui correspondaient pourtant à une autre période « historique » de crise et de chômage de masse. Mais en ces temps anciens, la hotte du Père Noël n’était pas – objectivement – aussi remplie aujourd’hui. L’offre et la demande étaient également réduites. Et dans les familles les plus modestes, les présents se limitaient souvent à quelques sucreries ou à quelques oranges pour les enfants, complétées d’un jouet en bois bricolé par le grand-père à partir d’astuces dénichées dans l’almanach Hachette, « l’encyclopédie populaire de la vie pratique ».

Les messieurs se voyaient offrir un paquet de tabac brun à rouler, à priser ou à chiquer, tandis que les dames recevaient un savon parfumé emballé d’un beau papier cadeau. Parfois, il y avait, en plus, des produits de beauté pour adoucir et éclaircir le teint…

Seuls les réveillons ou les repas de Noël n’avaient rien à envier à nos actuelles agapes, avec toutefois quelques sensibles différences dues aux modes alimentaires qui ont varié et aux possibilités de distribution offertes par un marché qui n’était ni standardisé, ni évidemment mondialisé. Le chapon « traditionnel » est finalement assez récent dans nos assiettes décorées, de même que les dindes ou les autres volailles. Les fruits de mer le sont aussi par la force des choses, en dehors des provinces d’extrême ouest, proches de l’océan. Ainsi, au 19ième siècle, c’était plutôt le porc qui avait la préférence des français pour faire la fête, alors qu’il a maintenant tendance à être évité. Disons qu’il est passé de mode! Allez savoir pourquoi !  Alors que cette tradition « cochonne » remonterait – ainsi que chacun le sait – à Astérix, le gaulois, dont tous les albums se concluent par le sacrifice d’un marcassin dans une clairière sous la lune!

Bref, on ne revendait pas ses cadeaux de Noël dans les années trente, pour des raisons morales et parce qu’il s’agissait surtout de produits consommables… Et puis, il faut l’admettre: Internet et les sites de vente en ligne n’étaient pas tout-à-fait au point ! La tentative de « refourguer » la paire de bretelles offerte par la grand-mère au seul bazar-épicerie du village – précisément, là où elle l’avait achetée quelques semaines auparavant – pouvait constituer un motif de dispute avec l’aïeule et provoquer, sinon un trouble à l’ordre public, du moins à la paix au sein de la famille!

Dans un cas, néanmoins, il eût été de salubrité publique de se débarrasser « fissa » du présent : c’était lorsque le petit paquet enrubanné déposé au pied de la crèche ou de l’arbre de Noël à destination de la jeune épouse de la famille, contenait de la poudre, de la crème de beauté, un savon ou un rouge à lèvres, « à base de radium et de thorium », fabriqués « selon la formule du docteur Alfred Curie ».

poudre_Tho_Radia

Censés « embellir » et purifier l’épiderme des élégantes des années trente en application de la « fameuse » méthode Tho-radia, ils étaient tout simplement radioactifs. Les heureuses bénéficiaires de ces pommades, crèmes et potions diverses risquaient donc de subir les effets des irradiations ou des contaminations cutanées par des substances radioactives. Elles auraient été bien avisées de s’en défaire mais elles ne le faisaient généralement pas, car les risques courus étaient non pas sous-estimés, mais ignorés… Et heureusement, peu observables.

De fait, la publicité associée à ces produits dans les magazines d’époque en vantait surtout les propriétés bienfaisantes, en avançant de fausses preuves médicales d’innocuité et en décrivant au contraire dans le détail, leurs facultés protectrices de la beauté et même, pour faire bonne mesure, de la santé. Jamais elle ne mettait en garde les consommatrices sur les conséquences néfastes directes ou indirectes d’expositions aux rayonnements, pourtant connues depuis le début du siècle.

Par un curieux retournement dialectique, les caractéristiques biocides des rayonnements ionisants étaient mises en avant pour justifier « scientifiquement » leur utilisation comme épurateurs de la peau et destructeurs de la faune exotique des micro-organismes qui naturellement la colonisent. Mais la propagande omettait de signaler que ce caractère biocide n’était pas sélectif et qu’il pouvait aussi s’en prendre aux tissus ou organes sains de l’organisme…

Quoiqu’il en soit, le commerce des fards et autres préparations cosmétiques radioactives, appelées à gommer certains défauts et à rehausser l’éclat du teint, s’est déployé à grande échelle en France, en Europe et aux Etats Unis pendant plusieurs décennies, jusque dans les années cinquante et soixante, mu par l’appât du gain de ses promoteurs et facilité par la naïveté de consommatrices empressées et avides de séduire.

L’engouement pour tout ce qui était radioactif était tel dans les années trente que l’usage de produits dans lesquels des substances radioactives comme le radium ou le thorium  étaient délibérément introduites, apparaissait non seulement banal mais fortement recommandé. La radioactivité présentée comme bénéfique était assimilée à un « stimulant de la vitalité cellulaire, un raffermissant des tissus, un facteur d’élimination des graisses, un agent empêchant la déformation des pores, prévenant et guérissant dartres, boutons, rougeurs etc… ».

Ainsi, la liste était longue des bienfaits présumés de la crème Tho-radia, tous décrits dans le détail dans un petit « dictionnaire médical et pratique des soins de beauté » édité par un certain René Jacquet. Ce « dictionnaire » était totalement voué à la gloire des produits de l’entreprise Tho-radia, dont le siège, en 1935, se trouvait à Paris rue Victor Hugo. Jacquet en était probablement un des responsables.

tho_radiabis

L’opération de marketing était remarquable car ce petit fascicule de cent cinquante pages dont la teneur scientifique était garantie par le Docteur Alfred Curie et par quelques praticiens anonymes – mais fortement titrés –  était présenté comme un manuel pratique destiné aux mères de famille pour soigner les bobos du quotidien et lutter contre les petits désagréments qui enlaidissent la peau.

Et parmi de nombreux trucs inoffensifs de grand-mère sur les vertus antiseptiques ou astringentes du citron ou encore sur la nécessité d’observer des règles élémentaires d’hygiène, étaient glissées des pubs rédigées comme des prescriptions médicales pour les produits radioactifs Tho-radia, synthétisés sous l’autorité médicale d’Alfred… Un exemple parmi cent : « afin d’éliminer les bajoues, cet affaissement disgracieux de la peau par suite de l’affaissement des muscles », le manuel conseille de « lotionner les chairs flasques à l’eau de Cologne ; puis de les enduire d’une bonne couche de crème (radioactive) Tho-Radia et de masser doucement en remontant vers les oreilles » ! Fastoche! 

On ignore encore l’ampleur des dégâts sanitaires ainsi que les lésions sur la peau (dermatoses radio-induites) que ces pommades radioactives mal utilisées ont pu provoquer. Aucune recherche épidémiologique n’a été – semble-t-il – engagée pour évaluer les effets de ces produits sur les femmes ou sur les enfants, sur lesquels ils ont été appliqués. Les enfants aussi ! Car dans la gamme des produits commercialisés par Tho-Radia, il y avait des talcs radioactifs qui contenaient sans doute – en outre – des silicates fibreux de type « amiante » !

La littérature scientifique, aisément accessible par le commun des mortels, n’en fait pas état. Pour autant, on peut suggérer que dans certains cas d’utilisation régulière, a fortiori intensive, de ces pommades ou de ces poudres, les doses induites – sur le derme et/ou l’épiderme – auraient pu être significatives au regard des seuils considérés comme nocifs ou des normes préconisées par la communauté internationale. Le sujet demeure largement à explorer par les historiens des sciences ! En évitant si possible de procéder déraisonnablement à l’exhumation de nos grand-mères, pour évaluer leur éventuelle contamination rémanente … Au demeurant, le problème est en principe réglé, car la loi interdit depuis au moins une cinquantaine d’années l’addition de substances radioactives dans les produits de beauté !

En fait, revisiter sérieusement le dossier aujourd’hui n’aurait pas pour finalité – comme c’est malheureusement trop souvent le cas –  d’ouvrir un contentieux anachronique, délice de certains magistrats médiocres appréciés des médias  et de « condamner » sans appel, les agissements du docteur Alfred Curie sur le fondement des connaissances scientifiques actuelles. Mais seulement de vérifier les effets éventuels sur la santé d’une population ciblée, en l’occurrence les jeunes femmes branchées des années folles, d’une exposition répétée à « faible dose » à des rayonnements ionisants naturels.

N’oublions pas en effet que cette histoire se déroule, pour l’essentiel, antérieurement à la découverte de la radioactivité artificielle et bien avant les premières réactions nucléaires en chaîne. Et ce sont précisément ces avancées scientifiques, technologiques et malheureusement militaires, qui furent à l’origine des très nombreuses études de radiotoxicité, fondements historiques des normes de protection actuelles…

Sans ouvrir de ridicules intrigues judiciaires surannées à l’encontre de ce « bon docteur Alfred Curie », peut-on quand même lui reprocher quelque chose, ainsi qu’à ses confrères qui, en 1935, tressaient des couronnes de lauriers, sans doute déjà excessives,  à la cosmétologie radioactive ?

Jouant manifestement de son célèbre patronyme – homonymie – et d’une parenté suggérée mais apparemment inexistante avec Pierre et Marie Curie, les découvreurs du radium et de la radioactivité, le docteur Alfred Curie a certainement cherché à bénéficier de ce qu’on pourrait appeler un « effet d’aubaine ». Il imaginait sans doute – et non sans raison – que son nom, à lui seul, inspirait confiance et qu’il suffisait à lui conférer une certaine légitimité pour développer de manière convaincante et prétendument scientifique, des produits à base de radium et de thorium, deux des éléments radioactifs naturels mis évidence par ses illustres homonymes, prix Nobel de physique en 1903.

Outre ambiguïté patronymique qu’il entretenait sans doute savamment et qui ne reposait sur aucune parenté attestée, le médecin Alfred était sûrement aussi un commerçant chevronné. A noter que certains de ses détracteurs ont douté de son existence mettant l’homonymie sur le compte d’une manipulation commerciale fondée sur un pseudonyme astucieux, en un temps où la justice était rarement saisie à ce propos. Je ne suis en effet pas parvenu à retrouver une seule photographie de lui, alors que son nom est abondamment cité comme une référence incontournable dans les publicités des années trente sur les produits cosmétiques radioactifs !

En fait son existence est franchement mystérieuse : les quelques extraits qui suivent empruntés à un livre (Les métamorphoses de Tho Radia: Paris-Vichy, éditions Glyph, dont les auteurs sont Thierry Lefebvre, maître de conférence à l’Université Paris Diderot et Cécile Raynal docteur en pharmacie) sont à ma connaissance les seuls éléments « apparemment factuels » relatifs à la vie d’Alfred Curie.

« Les registres de dépôts de marque de l’Institut national de la propriété industrielle, le confirment : c’est bien un certain docteur Alfred Curie qui dépose, le 29 novembre 1932, au greffe du Tribunal de commerce de la Seine la marque Tho-Radia, désignant  » tous produits pharmaceutiques, produits de beauté et produits de parfumerie « . En remontant dans le temps, nous avons même retrouvé un précédent dépôt de marque, réalisé par ce même Alfred Curie ; daté du 28 mars 1930, qui évoque déjà une Crème Radio-Thorium »

Selon ces auteurs, Alfred Curie serait né le 11 avril 1873 à Senoncourt en Haute-Saône. Je n’ai pu le vérifier personnellement, car les archives numérisées de la Haute-Saône concernant le village de Senoncourt ne sont consultables en ligne sur les registres d’état-civil qu’antérieurement à 1872.  En revanche, plusieurs Curie sont mentionnés à Senoncourt au cours du 19ième siècle et le département de la Haute-Saône est un de deux départements avec son voisin le Doubs où de nombreuses familles Curie se sont implantées de longue date. D’ailleurs le propre grand-père de Pierre Curie, Paul Curie, (1799-1853) médecin et humaniste était originaire du Doubs. Ce rapprochement géographique permet donc d’envisager un très lointain cousinage entre l’illustre famille Curie et le docteur Alfred Curie.  Des coïncidences curieuses sur certains prénoms (Pierre, Eugène) pourraient à cet égard ouvrir un champ d’investigations originales à des généalogistes. Mais il n’y avait certainement pas de lien de parenté direct, connu et revendiqué !

On retrouve cependant la trace indubitable d’Alfred Curie dans la liste nominative des habitants de Senoncourt pour l’année 1886. Âgé de 13 ans, il est mentionné vivant avec ses parents Célestin Esther Curie, né en 1849 et Victoire Grebin. Des gens qualifiés de « propriétaires » et donc possiblement aisés. En revanche, Alfred ne semble  étrangement figurer sur aucun des registres alphabétiques des matricules militaires entre 1889 et 1900, alors que des « Curie » y sont inscrits presque chaque année. 

Alfred Curie n’est donc pas un pseudonyme de circonstance: l’homme a réellement existé, sans que l’on sache ce qu’il est devenu entre 1887 et 1910.

Mais qui était-il vraiment ?

Selon Thierry Lefebvre et Cécile Raynal, précédemment cités, il aurait suivi une formation de médecin mais tardivement, puisqu’il n’aurait soutenu sa thèse de docteur en médecine, qu’en 1911, à l’âge de trente-huit ans à la faculté de médecine de Paris sur le traitement du spina bifida, cette malformation congénitale liée à un défaut de fermeture du tube neural (système nerveux primitif) durant la vie embryonnaire…

Du sérieux donc ! Qui l’aurait conduit selon le guide de référence médicale Rosenwald de l’année 1912, à installer un cabinet de consultation de praticien libéral au 62 boulevard Magenta à Paris en tant qu’« ancien interne de l’hôpital de Clichy  et officier d’Académie ».

Thierry Lefebvre et Cécile Raynal observent alors qu’« au milieu des années 1920, le nom d’Alfred Curie disparaît mystérieusement des annuaires médicaux, pour réapparaître, de façon tout aussi énigmatique en 1927. Mais, il exerce désormais 29 rue Dareau (16ième arrondissement de Paris) (…) et il ne s’agit plus d’un cabinet, mais apparemment d’une clinique privée. (…) L’expérience semble éphémère. »

« Alfred Curie disparaît de nouveau des annuaires au seuil des années 1930. Cette période correspond aux préparatifs de lancement du Tho-Radia. À la fin de ces mêmes années 1930, nous le retrouvons – écrivent-ils- exerçant dorénavant au 8 villa Monceau dans le 17ième arrondissement. Il y exercera apparemment jusqu’à la fin des années 1940… ».

Les produits Tho-Radia qu’il patronne seront en vente dans des pharmacies peu ou prou labellisées jusqu’à la fin des années 1960.

A l’issue de cette petite enquête, une chose est certaine : Alfred ne fut jamais un usurpateur d’identité mais il est possible qu’il fut un prête-nom complaisant pour promouvoir des produits, qui rapportait énormément d’argent. Son statut de médecin fut peut-être mis à profit comme caution médicale pour garantir l’intérêt esthétique et thérapeutique de ces produits cosmétiques. Et ce, en l’absence de procédures contraignantes de mise sur le marché, fondées sur des études et essais préalables impartiaux.

Taisant de bonne foi ou non, leurs effets nocifs, Alfred Curie certifiait scientifiquement les productions Tho-Radia en s’appuyant sur les propriétés « curatrices » des éléments radioactifs, qui avaient été démontrées dès leur découverte dans le traitement de certaines affections dermatologiques comme le lupus de la peau. Un peu hâtivement, il leur attribuait par extrapolation des propriétés cosmétiques, qu’il pouvait en outre « sublimer » en utilisant l’action luminescente des rayons émis par le bromure de radium et de thorium, associé à certains sels minéraux. Ainsi les poudres ou les crèmes étalées sur le visage des « belles » pouvaient produire des phénomènes de beauté évanescente et éthérée, genre Mylène Farmer !  Idéal – ou si l’on préfère – du meilleur effet pour draguer à la lumière des lampes à incandescence ou des lampes Pigeon…Un peu comme les U.V. sur les cols blancs dans les discothèques ou night clubs modernes !

Sérieusement, Alfred a-t-il vraiment fait courir des risques indus à nos grands-mères ? En réalité, pas tellement aux miennes car le coût des crèmes était disproportionné par rapport aux moyens financiers de leurs maris… qui ne pouvaient se payer ni champagne, ni caviar, donc évidemment pas de frivolités cosmétiques de coût comparable.

Et les autres grands-mères !

Là, pour trancher, un calcul approché s’impose. Sachant qu’une boîte de 100 grammes de crème Tho-Radia contenait environ un quart de microgramme de substances radioactives, la dose générée sur le visage – à raison d’une application de la crème sur le visage d’un gramme par jour pendant une dizaine d’heures et 200 jours par an – pourrait être du même ordre de grandeur que le seuil maximal toléré pour le public par les réglementations actuelles, soit 1mSv/an, en sus de la radioactivité naturelle.

Dans ces conditions, le risque d’apparition de radiodermites était quasiment nul mais la probabilité d’effets retardés – à latence longue comme les cancers ou de potentielles mutations – augmentait un peu. A la  décharge d’Alfred Curie, ces effets étaient peu connus, voire insoupçonnés de son temps!

On ne peut donc reprocher à ce « bienfaiteur de la féminité triomphante » d’avoir omis de signaler des effets délétères ou nécrosants que ses produits ne pouvaient pas faire apparaître ? Effets qu’il ne pouvait pourtant pas méconnaître. Dès 1901 Pierre Curie les avait observés sur son avant-bras. Il en avait rendu compte à l’Académie de médecine avant de disparaître accidentellement en 1906. Les doses induites étaient cependant sans commune mesure avec celles engendrées par la crème Tho-Radia :

« La peau est devenue rouge: l’apparence est celle d’une brûlure, mais à peine douloureuse. Le 20ème jour, il se forme des croûtes, puis une plaie. Le 40ème jour, l’épiderme a commencé à se reformer sur les bords.  Après 52 jours, il reste une plaie d’une surface d’un cm² qui prend un aspect grisâtre indiquant une mortification plus profonde. »

Avec les crèmes d’Alfred, on n’a jamais observé ce phénomène !

Acquitté donc au bénéfice du doute… mais si d’aventure, au détour d’une pile de vieilleries dans un grenier, une boîte de ce « merveilleux produit » était découverte, il vaudrait mieux s’en séparer… Et là, vous maudiriez Alfred car la récupération par des « autorités patentées », de ces témoins de notre passé radioactif, n’est pas gratuite . Elle est même assez coûteuse pour leurs dépositaires involontaires…

Moi, qui possède le « dictionnaire des soins de beauté » de Tho-radia, ayant appartenu à ma mère, je le conserve précieusement mais il est exempt de toute radioactivité ! Bonne nouvelle.

Vous avez le bonjour d’Alfred !

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